Violence aux Marges : une nuit de justice sévère contre les drames d’un peuple oublié

Dans une nuit judiciaire particulièrement lourde à El Jadida, la Chambre criminelle a rendu des verdicts totalisant 214 ans de prison et une perpétuité, révélant une fois encore les dérives tragiques d’un univers social relégué aux marges : pauvreté chronique, analphabétisme, conflits familiaux explosifs et violence presque gratuite.
Le dossier le plus marquant concerne le meurtre atroce d’une jeune femme au douar Zbirate Cherqiyine, où un frère, emporté par de la suspicion et un tempérament nourri par un quotidien rude et sans repères, a écrasé sa sœur sous les coups d’une hachette improvisée. Une querelle banale, née d’un retour tardif, s’est muée en drame irréversible. Le tribunal l’a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, validant les réquisitions fermes du parquet.

La cour a également tranché dans un second dossier, celui d’un enfant victime d’agression sexuelle durant le Moussem de Moulay Abdallah, un événement populaire où se mêlent traditions, précarités sociales et foules difficiles à contrôler. Six hommes, issus d’un milieu souvent marqué par l’errance et l’absence d’encadrement, ont été condamnés à 15 ans de prison chacun, après une enquête rigoureuse.

Ces lourds verdicts rappellent la fragilité d’un tissu social fissuré, où la misère, l’ignorance et l’absence d’éducation transforment de simples tensions en tragédies. La justice, elle, semble résolue à imposer la fermeté pour contenir ces violences évitables qui menacent, chaque jour, familles et société.

Abdellah Hanbali

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