La police administrative à El-Jadida : un gadget coûteux… pour quel résultat ?

Sur le papier, la police administrative communale devait incarner une avancée majeure pour El-Jadida. Sa mission affichée ? Améliorer la qualité de vie des habitants, faire respecter la loi, garantir l’hygiène, la propreté et l’ordre urbain. En somme, veiller à ce que la ville respire mieux. Mais dans les faits, le tableau est tout autre.
Ces agents communaux, censés être les garants du respect des règlements dans des domaines aussi variés que la salubrité publique, l’urbanisme, l’occupation du domaine public ou encore la sécurité sanitaire, semblent bien discrets. Certes, leurs prérogatives sont vastes : contrôler les établissements ouverts au public, vérifier la conformité des commerces, traiter les plaintes, sensibiliser, verbaliser… Autant de tâches nobles, mais dont l’impact reste, disons-le, à peine perceptible.
Chaque jour, ces unités sont censées inspecter les commerces alimentaires, dresser des procès-verbaux, sanctionner les contrevenants, ou encore recenser les véhicules abandonnés pour les envoyer à la fourrière. En théorie, tout est bien organisé : un dispositif de contrôle, des correspondances officielles, un suivi administratif. Mais à y regarder de plus près, la ville d’El-Jadida continue d’étouffer sous les mêmes désordres : les trottoirs squattés, les points noirs d’ordures, les cafés qui s’étalent jusqu’à la chaussée, les ferrachas qui prolifèrent sans la moindre gêne…
Et que dire de la lutte contre l’abattage clandestin ? Les contrôles annoncés semblent bien timides face à la multiplication de boucheries et de grillades improvisées, souvent insalubres, où règne une impunité déconcertante. Quant à l’exploitation du domaine public, elle est devenue un sport local : chaque commerçant s’approprie son morceau de trottoir comme bon lui semble, sous le regard impassible de cette même police administrative.
Les élus communaux, eux, se félicitent de la mise en place de ce dispositif, qu’ils présentent comme un outil moderne et structurant. Sauf qu’entre les intentions et les résultats, le fossé se creuse. Véhicules flambant neufs, uniformes impeccables, administration bien équipée… L’investissement a été colossal. Mais sur le terrain, la réalité parle d’elle-même : rien ou presque n’a changé. Les habitants, eux, ne perçoivent aucun progrès tangible dans leur quotidien.
El-Jadida continue de souffrir des mêmes maux : insalubrité, anarchie urbaine, occupation illégale de l’espace public et laisser-aller généralisé.
Dès lors, une question s’impose, cruelle mais légitime : à quoi sert cette police administrative ?
Et surtout, à quoi a servi l’argent du contribuable, dépensé en salaires, véhicules, uniformes et matériel, pour un résultat aussi insignifiant ?

À force de multiplier les structures sans en mesurer l’efficacité, nos élus ne font qu’alourdir l’ardoise publique. Pendant ce temps, El-Jadida, elle, continue d’attendre cette police qui veille vraiment sur sa propreté, sa sécurité et sa dignité.

Abdellah Hanbali

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