L’Association des Amis d’Ibn Zaidoun, et le Laboratoire Traductologie, Communication et Littérature (TCL) de l’Université Chouaïb Doukkali, ont organisé, du 16 au 18 octobre 2025, avec le plus grand succès, au siège de l’Association des œuvres sociales de l’ORMVAD d’El Jadida, des Rencontres littéraires et artistiques internationales.
Ce Koutoub 2025 si bien nommé (Les Livres) a réuni plus de 50 participants, devant le plus large public (y compris des animations ludiques pour les enfants). Des conférenciers du Maroc et d’ailleurs se sont rencontrés pour des débats riches et variés, autour de la littérature, de la culture et de l’écriture, tandis que des mélodies inspirées et des expositions de tableaux ont créé une symphonie artistique, où chaque discipline a nourri l’autre.
Les communicants, s’étant engagés à assister aux rencontres des confrères, sont venus d’horizons divers, comme : des romanciers, poètes et penseurs francophones et arabophones ; des éditeurs engagés favorisant des rencontres et des débats avec ceux qui façonnent le paysage littéraire contemporain ; des artistes-peintres avec leurs expositions permanentes ; des musiciens… Des conférenciers marocains et internationaux ont débattu de sujets variés. Dans une exposition-vente, où chaque achat est devenu acte militant dans la chaîne du livre, les ouvrages ont dialogué avec les peintures et les mélodies. Il n’est pas de notre propos de détailler le très riche programme offert, mais nous en donnerons ici un aperçu thématique.
Ainsi de brillants modérateurs et modératrices, telle Annie Devergnas pour les auteurs francophones, ont permis par exemple aux romanciers Abderrahim Kamal et Fouad Souiba de commenter leurs ouvrages, Tkoulia l’attente et Naufrages dans le désert, pour le premier, et Le roi des robots pour le second, qui a d’ailleurs nourri un vif débat autour des dangers de l’Intelligence Artificielle. Cécile Laroche-Coignet a présenté son original recueil collectif Qui toque à la porte, illustré de belles photos de heurtoirs, constituant autant d’œuvres artistiques. Hafsa Bekri-Lamrani, à l’occasion de son œuvre Et pourtant elle rêve, a pu évoquer son émouvante et riche autobiographie. Tandis que c’est son enfance dans le Rif qui a constitué le sujet fondateur de L’eau trouble de Touria Uakkas
Dans le domaine historico-artistique, Mohammed El Bouazzaoui a poursuivi ses réflexions sur l’évolution de la littérature marocaine francophone. Concernant l’histoire des arts plastiques, Jean-François Clément a réécrit les canons dans une conférence militante sur leur déconstruction occidentale, et la mise en lumière d’auteurs marginalisés. Et Gérard Chalaye, remontant à la charnière des productions coloniales et postcoloniales, a centré ses développements sur la figure trop oubliée du romancier François Bonjean en dialogue avec Ahmed Sefrioui, aux sources de la littérature marocaine d’expression française.
Toutes les interventions ont été ponctuées des beaux intermèdes musicaux d’Azzedine Lahsini ou Ilyass Jaber, à commencer par Youssef Abouali, à partir de son livre sur le rap marocain. Aussi ponctuées des lectures poétiques de Saïd Tachfini ou Touria Uakkas. Et nous avons pu enfin être chaleureusement accueillis dans les ateliers de peintres comme Abdallah Belabbès ou Abdelkarim Elazhar. Koutoub 2025, c’était El Jadida devenue, l’espace de quelques jours, capitale de la littérature et des arts. Un hommage y a été rendu à de grandes figures de la littérature et des arts, comme Saïd Mountassib (Prix de la nouvelle 2024). Une animation ludique a proposé aux enfants une série d’activités créatives : ateliers d’écriture, de dessin et de collage, ainsi que des jeux éducatifs agrémentés de prix et de récompenses.
Le plus important à souligner nous paraît avoir été encore la bonne humeur et l’enthousiasme, régnant durant la totalité de cette manifestation, animée de la main infatigable des « maîtres » Touria Uakkas et Driss Tahi.
Un grand bravo à ce Koutoub 2025 !
Gérard Chalaye (TCL, El Jadida – Azrou)

