HUSA 2 – DHJ 1 : Les Jdidis tombent et s’enfoncent dans la tourmente

Bien qu’on n’en soit qu’à la quatrième journée de la Botola Pro, certaines rencontres ont déjà des allures de matchs à six points. Celle qui a opposé le HUSA au DHJ en fait partie. Car derrière le simple résultat se cache une fracture profonde entre deux pôles d’un même championnat : d’un côté, des clubs structurés, ambitieux, qui rêvent de compétitions africaines ou arabes ; de l’autre, une multitude d’équipes sans cap, sans véritable projet, se contentant de lutter pour leur survie parmi l’élite.

Chaque victoire entre équipes du bas de tableau devient ainsi une bouffée d’oxygène vitale pour l’une, et une chute vertigineuse pour l’autre. Trois points qui, à la fin de la saison, pèseront lourd dans la balance du maintien.

Cette cassure structurelle est le reflet d’une gestion à courte vue et d’une philosophie minimaliste. Dans trop de clubs, on colmate, on bricole, on s’improvise dirigeant de fortune au lieu de bâtir des fondations solides. Résultat : un football sans âme, sans continuité et, souvent, sans spectacle.
Ce qui ne signifie pas que les comités du haut de tableau soient exempts d’erreurs, loin de là, mais ils disposent de ressources financières et organisationnelles leur permettant d’en corriger les effets et de continuer à attirer les meilleurs éléments, qu’ils viennent de la Botola ou du continent africain.

Sur le terrain, la rencontre HUSA–DHJ a offert tout sauf du football : deux équipes crispées, limitées techniquement, jouant avec la peur au ventre. Le résultat, 2–1, n’est qu’un épilogue sans saveur d’un match où la prudence et la fébrilité ont remplacé le jeu et la créativité. Difficile, dans ces conditions, de parler de « Botola Pro ».

Il est grand temps que certains clubs changent de cap. La clé réside dans la formation, la promotion des jeunes talents et un recrutement intelligent, deux ou trois renforts ciblés, pas plus. Mais non : chaque intersaison voit défiler une quinzaine de nouvelles recrues, sans cohérence ni logique sportive. On en vient à se demander si certains recrutent pour renforcer leur équipe… ou pour renforcer les poches de quelques dirigeants bien placés.

Tant que le football marocain continuera de tolérer ces pratiques et ces gestionnaires sans vision, la Botola restera un championnat à deux vitesses. Et des matchs comme HUSA–DHJ continueront d’en être le triste reflet : aujourd’hui, le HUSA a gagné… mais il aurait tout aussi bien pu perdre. Car une chose est sûre : il y avait tout ce soir-là, l’enjeu, la tension, les fautes, la peur, tout, sauf du football.

Abdellah Hanbali

Related posts

Leave a Comment