Un partage des points qui n’arrange décidément personne. Ni le RCA Zemamra, ni le KAC Marrakech, deux équipes en panne de confiance et toujours scotchées au bas du tableau. Ce nul, logique dans son contenu, prolonge une spirale négative où le doute et la remise en question s’imposent à tous les niveaux.
Cette confrontation entre deux mal-classés portait bien son titre officieux : un match à ne pas perdre. D’un côté, le KACM, lanterne rouge après trois journées, sans le moindre point et fraîchement séparé de son entraîneur Rachid Taoussi. De l’autre, un RCAZ à la recherche de repères, avec un seul petit point au compteur et un effectif encore en rodage. La crispation était palpable, chaque ballon joué comme s’il valait une saison.
Sur le terrain, le match fut équilibré, souvent fermé, manquant cruellement de rythme et d’inspiration. Les occasions franches se sont faites rares, les deux équipes préférant ne pas se découvrir. Ce n’est que dans les dernières minutes que le jeu s’est quelque peu libéré, offrant enfin quelques situations intéressantes… mais toutes maladroitement gâchées. Cissé, côté marrakchi, a notamment manqué le but de la délivrance.
Au coup de sifflet final, le constat est amer : un nul juste, certes, mais inutile. Car ni la RCAZ ni le KACM ne parviennent à sortir la tête de l’eau. Et à ce rythme, si aucun sursaut d’orgueil ne vient inverser la tendance, la menace de la relégation risque de planer très tôt sur ces deux clubs.
Mais au-delà du terrain, une autre question s’impose : celle des comités dirigeants. Ces mêmes dirigeants qui multiplient les recrutements précipités et les changements de cap à chaque début de saison, comme s’ils jouaient à l’apprenti sorcier. Des choix souvent dictés plus par l’émotion ou les intérêts du moment que par une véritable vision sportive. Résultat : un manque d’harmonie flagrant, une identité d’équipe effacée, et des performances qui ne suivent pas.
Combien de temps encore nos clubs de Botola Pro continueront-ils à confondre gestion sportive et improvisation permanente ?
Abdellah Hanbali
