La chambre spécialisée en crimes financiers de la Cour d’appel de Casablanca a confirmé la peine prononcée en première instance contre Abdelhakim Soujda, ancien président de la commune urbaine d’El Jadida et député du Parti Authenticité et Modernité (PAM). La Cour a maintenu une condamnation à neuf ans de prison ferme et une amende de 500 000 dirhams, au terme d’un dossier de corruption financière et administrative lié à des marchés publics.
Cette affaire, qui a éclaté à l’été 2019 après la plainte déposée par l’« Association marocaine de protection de la citoyenneté et des deniers publics », met en lumière des irrégularités autour de projets d’aménagement chiffrés à plusieurs millions de dirhams. L’enquête avait conduit à l’arrestation de Soujda à Sidi Bouzid, en présence d’une ingénieure de la commune, d’un comptable et du gérant d’une entreprise bénéficiaire de marchés publics liés au projet.
Le tribunal des crimes financiers a estimé que les faits reprochés étaient établis. En confirmant le jugement initial, la Cour d’appel envoie un message fort : la fonction publique n’est pas un laissez-passer pour le détournement de fonds publics.
Bien que l’accusé ait déjà passé près de six années en détention depuis son interpellation en 2019, la décision d’aujourd’hui a brisé l’espoir de sa famille et de ses proches, qui espéraient une issue plus clémente.
Après des heures de délibérations, la Cour a finalement choisi de maintenir la peine, suscitant émotion et consternation au sein de l’entourage de l’ancien élu.
Pour la population locale et l’opinion publique nationale, ce verdict marque l’aboutissement d’un long feuilleton judiciaire. Il rappelle l’impérieuse nécessité de renforcer la transparence dans les marchés publics, de garantir la reddition des comptes des élus et des responsables, et d’instaurer des mécanismes efficaces de prévention et de réparation lorsque des fonds publics sont détournés.
La société réclame désormais non seulement des peines proportionnées aux délits, mais aussi la restitution des sommes détournées, des enquêtes approfondies sur les complicités éventuelles et des réformes structurelles pour éviter que de tels scandales ne se reproduisent. Le message est clair : la responsabilité doit être assortie de conséquences réelles, judiciaires, administratives et financières, pour restaurer la confiance des citoyens.
El Jadida Scoop
