Encore une fois, la route a fauché une vie dans la province d’El Jadida. Jeudi soir, sur l’axe reliant sidi Bouâziz à la commune d’Ouled Aïssa, un motard a trouvé la mort après avoir percuté de plein fouet un âne égaré. Le choc fut si violent qu’il a entraîné la mort immédiate de l’animal et de graves blessures à la tête du conducteur, qui n’a pas survécu malgré son transfert en urgence vers l’hôpital Mohammed V.
La région des Harariyine s’est réveillée sous le choc, endeuillée par la disparition soudaine d’un homme connu pour sa simplicité, sa bonté et son labeur dans les champs. Une épouse brisée et quatre enfants orphelins de père restent désormais livrés à une douleur que rien ne pourra apaiser.
Mais au-delà de la tragédie humaine, ce drame met cruellement en lumière la réalité amère des routes secondaires et tertiaires de Doukkala : des chaussées étroites, mal entretenues, plongées dans l’obscurité et livrées à l’anarchie. Chaque nuit, elles se transforment en pièges mortels, où chiens errants, ânes et autres animaux divaguent en toute impunité. Les usagers y avancent à l’aveugle, exposés à des dangers permanents, pendant que les responsables ferment les yeux sur un fléau qui ne cesse d’endeuiller des familles.
À Doukkala, comme ailleurs, la guerre des routes ne se mène pas seulement contre l’imprudence des conducteurs. Elle se nourrit aussi de l’indifférence des élus locaux et de l’incurie des autorités, incapables de sécuriser ces axes vitaux pour les habitants. Combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant qu’on ne se décide à affronter ce chaos routier avec sérieux ?
El Jadida Scoop
