Pour le coup d’envoi tant attendu de cette nouvelle saison de Botola Pro, les supporters du DHJ et du CODM nourrissaient l’espoir légitime d’assister à une rencontre relevée, riche en enseignements et en émotions, surtout avec les nombreuses nouvelles recrues alignées de part et d’autre. Mais au lieu d’un vrai départ de saison, c’est à une parodie de football qu’ils ont assisté au stade Mohammed Choukri à Khmis Zemamra, un match insipide, sans rythme, sans occasions nettes, et encore moins de spectacle.
Le DHJ, hôte du jour, avait pourtant de quoi susciter la curiosité. Avec pas moins de 16 recrues enregistrées durant l’intersaison, on pouvait s’attendre à une équipe renouvelée, dynamique et désireuse de montrer un nouveau visage. Mais la réalité sur le terrain a rapidement douché tous les espoirs : un collectif désorganisé, des automatismes absents, et un manque criant de liant entre les lignes. Pour ce qui concerne le DHJ et malgré une préparation relativement chargée, notamment via le tournoi Hamid Hazzaz à Fès, semble encore chercher la formule magique pour faire fonctionner cette mosaïque de joueurs.
Du côté du CODM, le constat n’est guère plus réjouissant. L’équipe a fait preuve d’un attentisme inquiétant, manquant de créativité au milieu et d’impact offensif. Face à un DHJ pourtant prenable, le club de Meknès s’est contenté du strict minimum, rendant ce match encore plus terne.
Au-delà du résultat nul (0-0), c’est la pauvreté technique et tactique qui interpelle. Un match à oublier, sans relief, et très loin du niveau qu’on est en droit d’attendre dans une première division professionnelle.
Mais l’une des véritables questions de fond reste la gestion hasardeuse du mercato. Chaque année, le DHJ tombe dans le piège d’un recrutement massif, privilégiant la quantité à la qualité, souvent sans ligne directrice claire. Il en est aujourd’hui l’illustration parfaite de la Botola Pro. Ce chamboulement constant d’effectif nuit à la stabilité, empêche la construction d’un véritable projet sportif, et mène souvent à des saisons de lutte pour le maintien.
Plus grave encore, le club doukkali a laissé partir, dans des conditions administratives floues, deux de ses meilleurs éléments : Sahd et Al Arjoune. Des départs évitables qui renforcent l’impression d’une direction sportive à la dérive.
Il serait temps que les décideurs des clubs, à commencer par ceux du DHJ et du CODM, prennent conscience que la fidélité à un projet, la continuité dans le travail, et la cohérence dans les recrutements sont les seuls garants de progrès. Notre public mérite mieux que ces matchs sans âme. Il est en droit d’attendre des performances dignes du statut « professionnel » que revendique la Botola Pro.
Espérons que ce premier faux départ servira de leçon. Les deux clubs ont l’obligation morale, et sportive, de remettre les pendules à l’heure. Le championnat vient à peine de commencer, mais le temps presse déjà.
Abdellah Hanbali
