El Jadida s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire urbaine. La commune vient de lancer un appel d’offres international pour la réhabilitation du parc Mohammed V, poumon vert et patrimoine emblématique de la ville, pour un investissement de 1,67 milliard de dirhams.
Ce chantier d’envergure, censé transformer le parc en un espace ouvert, moderne et convivial, prévoit :
- la suppression des clôtures afin d’intégrer le parc dans son environnement urbain et patrimonial ;
- la création de nouveaux accès fluidifiant la circulation entre les grandes artères voisines ;
- la redistribution des espaces intérieurs pour accueillir des zones culturelles, récréatives et écologiques.
L’ambition est claire : faire du parc Mohammed V un pôle de vie, de loisirs et de culture, capable de redonner à la ville son éclat et d’attirer aussi bien les habitants que les visiteurs.
Mais derrière l’annonce des chiffres impressionnants et des promesses d’un avenir radieux, une exigence s’impose avec force : les responsables n’ont plus le droit à l’erreur. Trop souvent, les habitants ont vu des projets annoncés avec éclat, puis sombrer dans l’oubli ou se transformer en déceptions amères. Cette fois-ci, il en va de la crédibilité même des élus locaux et de la confiance des citoyens envers leurs représentants.
À 1,67 milliard de cdntimes, le projet du parc Mohammed V n’est pas seulement un chantier urbanistique : c’est un test de transparence, de rigueur et de bonne gouvernance. S’il réussit, il marquera un tournant pour El Jadida. Mais s’il échoue, il risque d’ancrer définitivement la méfiance des habitants envers une classe politique déjà fragilisée par des années de promesses non tenues.
El Jadida a aujourd’hui l’occasion de prouver que ses responsables savent joindre l’action à la parole. Les citoyens, eux, attendent plus qu’un simple aménagement : ils attendent une véritable réconciliation avec ceux qui les gouvernent.
Abdellah Hanbali
