Le Centre du patrimoine maroco-lusitanien à El Jadida : Trente ans après

Hespress, journal électronique marocain basé à Rabat, a publié mardi 8 juillet 2025 un article documenté intitulé : « Le Centre du patrimoine maroco-lusitanien à El Jadida… L’ambition de la création et la réalité de la stagnation ».
Cet article signé par Jilali Derif et Mustapha Jmahri, tous deux connus comme chercheurs en histoire locale et patrimoine d’El Jadida et des Doukkala, a pour finalité de questionner les trente ans de vie de cette institution de recherche relevant du ministère de la Culture, créée le 30 janvier 1995.
En se fondant sur les textes juridiques et administratifs en rapport avec le sujet et sur les observations du terrain et les avis qu’ils ont recueillis auprès des connaisseurs, les deux écrivains questionnent les raisons du choix de son installation à El Jadida et évoquent les différentes difficultés auxquelles fut confronté le Centre qui s’est vu confier d’énormes attributions d’envergure nationale mais avec des moyens financiers et humains très limités.
Classé administrativement, au départ, dans le rang d’une « division » de l’administration centrale, le Centre s’est vu, en 2006, reculé au rang de « service », puis, en 2017, sur la base d’une décision du ministre de la Culture, le Centre fut rattaché à la direction du Patrimoine culturel relevant du même ministère.
Les deux écrivains relèvent que la dynamique du lancement constaté dans les quinze premières années de la vie du Centre s’est estompée au fur et à mesure, à tel point que ce Centre qui, en principe, a une compétence nationale sur le patrimoine maroco-portugais s’est focalisé surtout sur la ville d’El Jadida. D’autant plus que le ministère de la culture a créé, dans plusieurs régions du Maroc, un autre corps de fonctionnaires appelés « les conservateurs du patrimoine » qui interviennent eux aussi en matière de protection, de conservation et de valorisation du patrimoine culturel et naturel. Ceci suppose une coordination entre ces conservateurs et le Centre concernant les actions de recherche en matière de patrimoine maroco-lusitanien.
Les auteurs de l’article constatent aussi que ce Centre manque d’un siège propre : il avait toujours occupé un bureau au sein de la direction provinciale de la Culture d’El Jadida et de Sidi Bennour. Il manque aussi de moyens humains suffisants pour mener les études et les recherches qui lui incombent, tout en prenant en compte la différence entre « études » et « recherches ».
L’article de Hespress conclut en se demandant si aujourd’hui, après trente ans de sa vie, est arrivé le moment propice pour revoir le fonctionnement du Centre et le doter d’une stratégie appropriée à sa dimension.

Envoi M.B

Related posts

Leave a Comment