Ces dernières semaines, le jardin longtemps laissé à l’abandon de Kodiat Ben Driss a connu un remue-ménage des plus visibles. Mais derrière cette agitation censée redonner vie à l’espace vert, un détail intrigue : la totalité des palmiers nouvellement implantés sont des arbres adultes, manifestement récupérés ailleurs, là où d’autres espèces ont désormais pris racine.
Ces palmiers de seconde main, présentés comme une solution de reboisement rapide, viennent remplacer d’autres palmiers, eux aussi adultes et plantés dans des conditions similaires, qui n’ont pas survécu. Un remplacement en miroir, ou un cercle vicieux ?
Le plus préoccupant reste l’état d’enracinement de ces arbres. Leur stabilité est pour le moins douteuse. En attendant qu’ils prennent racine, ils sont simplement maintenus par des fils ordinaires, sans ancrage durable au sol. Dans un espace censé accueillir promeneurs, enfants et étudiants en quête de calme ou d’un peu d’oxygène, cette précarité soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité publique.
Un jardin orné d’arbres adultes fixés à la hâte peut-il vraiment être fréquenté en toute sérénité ? Ne fallait-il pas, au minimum, installer des pancartes d’avertissement invitant les visiteurs à la prudence ? Faut-il qu’un arbre chute et cause un drame pour que les responsabilités soient éludées au nom du destin ou du « Mektoub » ?
Ce texte n’est qu’un simple préavis. Mais il en appelle à une réponse claire, avant qu’un silence lourd ne vienne couvrir l’accident que l’on aura préféré ignorer.
Abdellah Hanbali
