Chronique de Mustapha Jmahri : Pôle urbain de Mazagan, un projet innovant en attente d’achèvement

Porté par la Société d’aménagement et de développement de Mazagan (SAEDM), filiale détenue à 100 % par OCP S.A depuis décembre 2023, le Pôle urbain de Mazagan (Puma), conçu en 2013 et lancé en 2017, est un projet intégré tendant à la création d’une ville nouvelle dans un cadre de vie attractif.
En choisissant le nom de « Pôle Mazagan » les concepteurs du projet ont sans doute voulu créer un lien entre le passé historique de la ville d’El Jadida, du temps où elle s’appelait Mazighan, et un futur empreint de modernité.
Sur une superficie de 1 300 hectares, ce chantier situé à la sortie de la ville d’El Jadida en direction d’Azemmour, fait partie des projets de villes durables de l’OCP. Innovant et grandiose, il comporte un ensemble de travaux d’envergure : une zone de recherche, de développement et d’innovation dans la chimie, la biochimie et l’agroalimentaire, un pôle académique et de formation, une pépinière d’entreprises, des équipements touristiques et culturels (palais des congrès, parc des expositions, village de l’artisan), une zone d’activités tertiaires, une zone résidentielle : habitat de qualité, attractif et adapté aux besoins de la population cible.
Le site occupe une place stratégique dans la région. Près de la station touristique de Mazagan et des complexes hôteliers et golfiques du Resort et de Pullman, il assure la jonction entre les armatures urbaines d’El Jadida et d’Azemmour.
À terme, l’aménagement prévu permettra la création d’une zone urbaine modèle pour accompagner le développement économique et social de la région et pour développer un éco-urbanisme, tout en respectant les meilleurs standards écologiques du développement durable. Il propose aussi une offre éducative innovante grâce à un pôle universitaire aux normes internationales.
Sur le site du Centre régional d’investissement de Casablanca-Settat, il est noté que ce projet est une illustration concrète de la nouvelle stratégie de développement des pôles urbains, promue à l’échelle nationale par le ministère de l’Habitat et de la Politique de la Ville. D’intérêt national, ce projet résulte d’une volonté de prise en compte globale du territoire urbain et d’intégration associée à des dimensions économique, sociale et environnementale qui conditionneront la vie de ses futurs résidents.
En chiffres, il s’agit d’un investissement financier de 5 milliards de dirhams (enveloppe d’aménagement portée par la SAEDM), couvrant une superficie de 1 300 hectares, dont 186 ha de voiries principales, 303 ha d’espaces verts et 180 ha de réserve foncière. Les 622 hectares restants accueilleront les différentes composantes du projet. Sa population est estimée à 134 000 habitants d’ici 2034.
Selon le site du cabinet Oualalou-Architectes+Choi, l’ambition est que ce projet soit le point d’équilibre entre les villes d’El Jadida et Azemmour. Au-delà d’être un trait d’union, le projet essaye de répondre de manière radicale et nouvelle aux conditions de périurbanité. Il n’est ni une ville, ni une banlieue, mais un chapelet de quatre villages fortement séparés par un paysage forestier et agraire réactivé. Cette manière d’urbaniser lentement le territoire agricole permet de maintenir les traces du paysage et d’assoir le projet urbain dans son site.
Le projet prend en compte la dimension de développement durable : une large part du programme est réservé aux forêts et espace vert (près de 300 hectares). L’étude d’impact environnemental du projet menée par la société Phénixa permettra de proposer des solutions durables en matière de gestion des ressources en eaux et en énergétiques.
Le 15 octobre 2020, le Directeur général de la SAEDM, dans une déclaration à l’agence MAP, a annoncé que l’ambition de la société « est de faire du Pôle urbain de Mazagan une ville alliant résilience du bâti/aménagement et résilience sociale, tout en respectant les principes des écocités, avec des modes de mobilité doux et des transports en commun, une gestion écologique de l’eau et des écosystèmes, la préservation du patrimoine local, une stratégie énergétique bas carbone et l’application de l’économie circulaire ». L’offre immobilière est mixte et variée, combinant logement économique, moyen et haut standing.
Ayant accusé du retard, notamment avec la parenthèse du Covid, le projet est relancé en octobre 2021 lors d’une réunion tenue au siège de la Province d’El Jadida consacrée à l’examen de l’état d’avancement des travaux. Il a été annoncé alors que le Pôle urbain de Mazagan accueillera ses 10 000 premiers habitants à partir de 2023 soit près de 7,5 % de la population totale théorique du nouveau pôle urbain (134 000 habitants).
Sans vouloir occulter l’importance indéniable d’un tel projet on est en droit de se demander les raisons du retard, deux ans après, dans la livraison des logements pour les premiers habitants ainsi que le non-achèvement de plantation des espaces verts. Le site englobe aussi, du côté de l’autoroute El Jadida-Casablanca, les derniers vestiges de l’ancien site du Fahs Lamjahdine (selon l’historien Mohammed Chiadmi), qui attend toujours sa réhabilitation, suivie d’une mise en valeur adéquate.
Jmahrim()yahoo.fr

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