Rue K à El Jadida : Enfin une lueur d’espoir après deux décennies d’oubli

Voilà plus de vingt ans que les habitants de la rue K, dans le quartier Al Matar à El Jadida, endurent un calvaire quotidien. Cette voie délabrée, qu’ils n’avaient d’autre choix que d’emprunter, était devenue un symbole d’abandon. L’école privée Al Balsam, qui accueille des centaines d’élèves, ne faisait qu’ajouter à la pression, les parents se trouvant eux aussi contraints de l’utiliser. Quant aux automobilistes jdidis, bien qu’elle relie deux axes majeurs, l’avenue Jabrane Khalil Jabrane et celle de Taha Abderrahmane, ils avaient fini, malgré eux, par l’éviter définitivement.
Les protestations se sont multipliées au fil des années, pointant l’inaction des conseils communaux successifs, accusés d’indifférence ou d’incompétence. Rien ne bougeait, jusqu’à récemment.
À l’approche du Mondial et dans une frénésie soudaine de réaménagement urbain qui touche plusieurs villes du Royaume, El Jadida semble enfin se réveiller. Des budgets sont miraculeusement débloqués, les chantiers fleurissent et les engins s’activent. Il faut aller vite. Très vite. Car cette fois, c’est une véritable course contre la montre.
Mais d’où viennent ces fonds inespérés ? Mystère. Personne ne le sait vraiment. Et, semble-t-il, personne n’a intérêt à le demander. Les habitants, relégués au rôle de spectateurs, assistent au spectacle des « génies » de l’aménagement avec étonnement… et applaudissements.
Dans un silence quasi-officiel, la commune d’El Jadida a annoncé, le 5 mai 2025, le lancement d’un marché public pour les travaux de réhabilitation de la rue K. L’ouverture des plis est prévue pour le mardi 3 juin 2025. Le projet est doté d’une enveloppe budgétaire estimée à 1.852.440 dirhams.
Reste à espérer que ce projet soit mené dans la transparence et avec un souci réel de qualité. Car au-delà des chiffres et des annonces, ce sont des milliers de citoyens qui attendent, depuis trop longtemps, une amélioration tangible de leurs conditions de vie. La rue K, axe vital pour la mobilité dans une zone à forte densité, mérite mieux qu’un simple ravalement de façade.
Abdellah Hanbali

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