Savez-vous que la quasi-totalité des journaux au Maroc sont aujourd’hui en faillite ? Les kiosques ne vendent plus, les lecteurs ont déserté, et l’intérêt pour la presse écrite s’est effondré. Pourtant, ces titres continuent de paraître, comme si de rien n’était. Pourquoi ? Parce que depuis 57 mois, ce sont les caisses de l’État, donc l’argent du contribuable qui assurent le versement des salaires des journalistes.
Un paradoxe étonnant : ces journalistes, longtemps soupçonnés d’être les relais de la communication partisane, ne sont plus payés par les partis qu’ils soutiennent ou par leurs lecteurs, mais bien par l’État. Une situation inédite, voire unique au monde. Jusqu’à quand cette perfusion médiatique ?
Ce soutien public soulève bien des questions. Est-ce une tentative sincère de sauver un pilier de la démocratie ou une manière plus subtile de maintenir la presse sous tutelle ? Entre survie assistée et contrôle indirect, le paysage médiatique marocain traverse une zone de turbulence inquiétante. Et pendant ce temps, la liberté de ton s’étiole, noyée dans la dépendance financière.
Une histoire marocaine, mais aux résonances universelles, sur les limites d’une presse sans lecteurs, sans autonomie, mais toujours en vie. Pour combien de temps encore ?
El Jadida Scoop
La presse marocaine sous perfusion : chronique d’une faillite annoncée
