El Jadida : A quand une réactivité des autorités face à la détérioration de la ville ?


Il est déconcertant de continuer à vivre et à assister à la décadence de la ville sans qu’aucune lueur d’espoir de la voir renaitre de ses cendres ne pointe à l’horizon. Si bien que les habitants, devant ce laxisme incessant des autorités, ont décidé de réagir.
Ainsi, en ce samedi 24 avril à 11 heures, le ras le bol des citoyens s’est traduit par l’organisation d’un sit-in devant la Commune urbaine. Les habitants ont tenté de faire entendre leur voix par ce mouvement de protestation, afin de dénoncer l’état des lieux catastrophique de la ville qui a atteint son paroxysme, face à des autorités toujours aux abonnés absents.
Il est vrai que les années passent et se ressemblent, sans qu’aucune mesure de sauver la ville ne soit entamée. On a beau ressasser tous ces problèmes récurrents soulevés à maintes reprises, mais les autorités semblent loin de se rendre compte de la gravité de l’état des lieux et la dégradation totale de cette cité qui était promue à un avenir glorieux, vu les compétences intellectuelles et culturelles dont elle dispose, en plus de toutes ses richesses naturelles et économiques dont Mère Nature l’a dotée. Une ville qui a été pionnière et novatrice dans plusieurs domaines et qui se retrouve actuellement en bas de l’échelle de développement.
Le constat est, certes, amer et soulève plusieurs interrogations sur les raisons qui ont laissé El Jadida accuser ce retard en matière de développement urbanistique et même social.
Le plus alarmants est ce laxisme des autorités qui ne semblent pas comprendre que le citoyen attend encore et toujours l’inauguration de tous ces projets devant renforcer ou améliorer l’état désastreux des services actuels. Achevés depuis plusieurs mois, voire des années, ces projets inachevés attendent toujours leur entrée en service.
Doit-t-on rappeler que la nouvelle gare routière a été conçue pour décongestionner le centre-ville et améliorer les services et assurer un meilleur confort aux voyageurs et aux professionnels de transport ?
A-t-on idée de tous les problèmes vécus par les commerçants et autres usagers du marché de gros de fruits et légumes qui n’a de marché que le nom ? Que dire de tous ces désagréments subis par ses usagers depuis des décennies sans que la décision de son transfert ne soit jamais prise ?
Se peut-il qu’une Commune de l’ampleur de la Capitale des Doukkalas ne soit pas en mesure d’assurer la salubrité et la propreté à cette ville qui croule sous les ordures depuis plusieurs mois pour ce pas dire plusieurs années ?
Est-il concevable de continuer à voir tous ces espaces publics squattés par des marchands et des restaurateurs ambulants lui donnant cet air sordide d’un souk en plein centre-ville ?
Pouvait-on imaginer il y a quelques années que cette belle ville soit dépourvue de toutes ses activités sportives et culturelles, elle qui a été le berceau de grands hommes de sports et de grands intellectuels qui ont assuré des fonctions de commandement dans des postes clés, dans un Maroc nouvellement libérés de ses emprises coloniales ?
Il est déconcertant de constater que notre chère ville navigue actuellement à vue, en l’absence de responsables en mesure d’assurer son développement et de la sortir de cette torpeur qui n’a que trop durer.
Il serait sûrement envisageable de la revoir redevenir ce véritable joyau d’antan, si ce fameux principe de lier la responsabilité à la reddition des comptes, était réellement mis en application. Ceci limiterait, à coup sûr, l’avidité de certains à vouloir avoir main mise sur ce qu’ils sont censés gérer, et non… s’accaparer.
En attendant, aucune réactivité de la part des autorités suite au sit-in du 24 avril.
Wait and see !!!
Khadija Choukaili

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