Chronique de Mustapha Jmahri : Yves Renard et sa famille à Zemamra et Oualidia

Yves Renard est né à Casablanca en octobre 1948. Ses parents et sa tante Éliane Frier vinrent au Maroc lorsque la grand-mère madame Augustine Frier acquit une ferme composée de plusieurs lots de colonisation sur la commune rurale de Zemamra (89 km d’El Jadida). Cette exploitation était dédiée à la culture de céréales et autres cultures de saison. La grand-mère possédait également d’autres terres sur la route vers Safi, plus au sud, ainsi qu’un chalet sur la plage de Oualidia à l’instar des autres agriculteurs colons des Doukkala. Cest ce chalet qu’elle donna à sa fille Éliane qui le vendit avant de rentrer définitivement en France.
Femme de caractère, Augustine Frier avait fait cette acquisition en partenariat avec son mari quand elle avait décidé de vendre ses biens en France du côté de Lyon et, au lieu d’acheter une propriété en France, ils avaient fait l’acquisition de lots de colonisation en Doukkala au Maroc.
Madame Frier avait eut deux filles : Eliane née en 1920 à Saint-Vallier et décédée en 1991 à Antibes et Henriette Renard (la mère dYves) née en 1927 à Lyon et décédée en 2016 dans la même ville.
Éliane Frier, qui avait fait ses études au Lycée de Casablanca exploita la ferme familiale jusqu’au moment où le gouvernement marocain décida la reprise des terres aux mains d’étrangers dans les années 1958/60. Elle gérait aussi une exploitation de culture de tomates dans la région de Safi. Sa marque de tomates apposée sur les cageots était Joly/Lyjo.
Quelques années plus tard, Éliane avait décidé de quitter la campagne et d’aller vivre à Oualidia (station balnéaire à 78 km d’El Jadida) dans la maison de sa mère demeurée vacante. Elle était mariée à monsieur Perez et donna naissance à sa fille, Évelyne, en 1942. Femme d’une bonne éducation, très libérale dans sa vie, elle aimait les voitures américaines, comme la Studbaker qu’elle avait et deux énormes chiennes (dogues allemands) !
Mais Éliane connut une période difficile dans sa vie. Ce fut le tremblement de terre à Agadir, où son ami, avec qui elle vivait depuis son divorce, décéda ce jour-là du 29 février 1960 alors qu’il était en déplacement et mourut suite à l’effondrement de l’hôtel Saâda dans lequel il séjournait. Éliane décida alors de tout quitter pour vivre en recluse à Oualidia.
Elle rentra en France vers 1962, et vécut chez la famille Renard à Nice, puis plus tard à Juan-les-Pins et ensuite à Antibes chez sa fille Évelyne où elle décéda en 1991.
Quant à sa soeur Henriette, mariée à Hubert Renard, elle eut deux enfants nés à Casablanca : Michèle Renard née en 1957 et Yves Renard né en 1948.


Yves Renard le petit-fils de madame Augustine Frier témoigne : « Ma mère Henriette Frier était allée à l’école à Mazagan-El Jadida et ne travaillait pas. Mon père, lui, était né en 1928 à Roanne et travaillait à la Poste de Casablanca sur l’avenue Mohammed V. J’ai passé ma scolarité à l’école Les Palmiers, pas loin de chez ma grand-mère qui habitait 270 avenue des Régiments Coloniaux. Les weekends, j’accompagnais mes parents chez ma tante à Oualidia. Nous sommes restés au Maroc jusqu’en 1959 ».
De retour en France, Yves fit des études d’Anglais à la faculté de Nice, ce qui lui a ouvert les portes au métier d’enseignant d’Anglais. Il est aussi musicien connu en France. Cet amour pour la musique remonte aux années casablancaises quand il apprenait le piano avec madame Favreau. Il continua sur cette voie et fit une carrière de pianiste de Jazz conjointement. Il joue toujours dans un orchestre qui se produit sur la côte d’Azur (courriel du 23 mars 2024).
Doté d’une longue expérience, Renard s’est spécialisé dans le jazz et le swing. Son style unique et sa grande maîtrise du piano font de lui un artiste incontournable dans le milieu. En tant que pianiste, Renard a su s’imposer aussi bien sur la scène musicale locale que nationale. En plus de sa carrière d’artiste, Renard met également son talent au service de l’enseignement et a donné des cours de piano à Antibes. Grâce à son expertise et à sa pédagogie, il a su développer différentes méthodes d’apprentissage pour s’adapter aux besoins de chaque étudiant.
jmahrim@yahoo.fr

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