Mustapha Jmahri explique son parcours aux élèves de Dar Attaliba

Par M’barek BIDAKI

Dans le cadre de ses activités culturelles, l’institution Dar Attaliba à El Jadida a organisé en collaboration avec l’association « Doukkala mémoire pour la sauvegarde du patrimoine », le mardi 9 janvier 2024 au profit des élèves hébergées par l’établissement une rencontre culturelle avec l’écrivain Mustapha Jmahri autour du thème « Mon expérience dans l’écriture ».
Comme annoncé sur l’affiche, le but de cette conférence était d’expliquer le parcours d’un auteur marocain. Depuis les débuts des années 1970, celui-ci avait commencé à publier ses écrits en arabe et en français. Cette conférence se doublait d’un but pédagogique : elle devait permettre à ces élèves de comparer la réalité de l’écriture actuelle avec celle d’un écrivain, issu du terroir, de l’ancienne génération.
Prenant la parole, Mustapha Jmahri a commencé par expliquer les débuts de son inspiration et de son penchant pour le besoin d’écrire. Il précisa que l’homme vit dans un espace dont il ne peut se libérer et donc la force de l’espace (maison, école, lieu de travail, magasin, jardin, plage, …) est telle qu’elle influe sur le tempérament de l’homme et sur son comportement en général. L’intervenant affirma : « Enfant, à El Jadida à la fin des années cinquante du siècle dernier, j’accompagnais mon père dans ses courses. Il me prenait sur son vélo passant par mille endroits qui, à l’époque, me paraissaient mystérieux. Il m’expliquait l’origine des bâtisses et des occupants, et tout d’un coup, ces lieux, à mes yeux inconnus, se chargeaient d’histoire ».
Cette relation avec l’espace était un peu le leitmotiv qui a permis à l’intervenant de souligner l’importance du lien Homme/Espace qu’il considère essentiel chez beaucoup d’écrivains arabes et étrangers. Maints écrivains, dit-il, ont écrit sur leurs lieux de vie, leurs lieux d’amour et leurs lieux d’enfance. Lui-même précisa qu’il a vécu deux enfances dans deux lieux totalement différents : à sa naissance, de parents jdidis, à Casablanca dans un quartier résidentiel et francophone et ensuite dans la banlieue d’El Jadida dans un douar rural dépourvu d’eau et d’électricité. Deux mondes diamétralement différents.
À ce sujet, Mustapha Jmahri souligna que c’est sans doute de cette enfance qu’est né son premier penchant pour l’écriture sur la ville. L’âge, la formation et les péripéties de la vie, sont autant d’autres raisons qui viendront aiguiser ce choix.
Il précisa par la suite que dans son projet d’écriture et de publication sur l’histoire contemporaine d’El Jadida, lancé depuis 1993, il s’est intéressé à la vie des autres, de toutes les classes, de toutes les convictions et de toutes les religions. Il ajouta : « Je suis de cette génération frondeuse des années soixante-dix qui a ouvert les yeux sur l’Istiqlal. Une génération qui a vécu intensément la tourmente. Grâce à la culture, à la lecture, à la rencontre de l’Autre, j’ai appris à chercher un sens aux choses de la vie. Je trouvais quelquefois, à travers mes lectures, des idées, des impressions que je partageais, ou des situations que j’avais moi-même vécues et je me suis demandé : les esprits se rencontrent-ils ? C’est là la force de la culture».
À la fin de sa présentation, Mustapha Jmahri répondit aux différentes questions qui lui étaient posées par les élèves de Dar Attaliba et qui ont concerné : la méthodologie de l’écriture, l’organisation du temps, l’apprentissage du français, comment surmonter les difficultés, et comment se concentrer sur ses études au milieu de la prolifération des réseaux sociaux et du numérique.

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