Azemmour: Ci-gît la mère du printemps

Serait-il concevable que cette merveilleuse et ensorcelante « mère du printemps », fille adulée du moyen Atlas qui est couronnée de quarante sources-perles et d’une des plus féeriques cascades, soit confrontée aujourd’hui au grand mépris dans la terre des Doukkala? Serait-il donc concevable que ce deuxième fleuve du pays qui a donné naissance et grandeur à la ville d’Azemmour, vienne crever lamentablement à ses pieds de la manière la plus honteuse, la plus vile et la plus ingrate?
Faut-il rappeler à qui veut le savoir, qu’en laissant étouffer délibérément l’oued Oum Er-Rabie, c’est Azemmour, la doyenne des cités Marocaines qu’on est entrain tuer à petit feu?
Se peut-il que les intérêts de la ville d’Azemmour, dont justement le dragage de l’embouchure, soient sacrifiés à la suite d’un tourbillon « insolite », aux reflets individuels et mercantiles dont on impute les causes aux effets climatiques ou météorologiques?
Autant de questions et bien d’autres qui ne cessent de bousculer tout l’Égo de Doukkala et plus précisément les citoyens de la ville d’Azemmour qui voient leur Oued qui portait bien le nom de “Mère de printemps”, agoniser cruellement aux pieds d’une Cité dont les origines défient l’histoire et les historiens.
Est-il toujours temps de réanimer l’Oued Oum Rbie et rendre à la ville son autre nom de “Paradis de l’alose”????
Chahid Ahmed

Évolution de l’estuaire de l’Oum er Rbia de quelques dizaines de mètres de profondeur à un terrain de football…. SOS environnement !(Photographie prise le dimanche 26/11 2023 à 15h00) / Mustapha Labraimi

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One Thought to “Azemmour: Ci-gît la mère du printemps”

  1. Kouay Abdellatif

    Sauver les fleuves.
    Face aux spoliassions et les pollutions des eaux de l’Oum Erabia auxquelles sont confrontés les petits paysans le long du fleuve et à l’embouchure d’Azemmour, la grogne ne cesse de monter et les tensions se multiplient contre la mauvaise gestion des réserves d’eau.
    Les Zemmouri et les riverains, le long du fleuve, vivent une situation scandaleuse.
    Les odeurs nauséabondes que respirent les habitants de l’ancienne médina
    d’Azemmour à cause des eaux stagnantes et des rejets émanant des égouts au fleuve, posent des problèmes écologiques, socio-économiques et sanitaires, jamais connus à ce jour.
    Sans une station de traitement des eaux des égouts, les Zemmouri n’auront d’autres choix que d’abandonner leur ville.
    L’anarchie des spoliations et les gaspillage des eaux par les compagnies de l’agro business, majoritairement des compagnies étrangères,
    et l’OCP qui, a lui tout seul, fait concurrence aux paysans et utilise des millions de mètres cubes d’eau douce qu’il rejette dans l’océan sans traitement.
    Priver d’eau les paysans qui arrosent leurs potagers et la donner à l’OCP et aux vastes
    fermes appartenant aux étrangers et aux familles de la haute sphère gouvernante, dans d’autres régions lointaines, est une injustice.
    L’OCP a les moyens d’installer des stations de dessalement pour ses besoins en eaux et des stations de recyclage et d’épuration pour traiter ses eaux polluées avant de les relâcher à l’océan
    Les fermes, à des centaines de kilomètres, à Marrakech, Sidi Bennour, Settat et Bengrir, etc, produisent des agrumes et légumes destinés à l’exportation au détriment de la consommation locale, qui constitue un déficit non renouvelable des ressources hydriques.
    En réalité, on exporte à l’étranger, non pas des agrumes et des légumes, mais en effet, l’eau des fleuves et de la nappe phréatique.
    Dans un avenir proche, le Maroc sera un des pays les plus touchés par le stress hydrique.
    Avant qu’il ne soit trop tard, le Maroc doit diversifier sa politique de développement et
    opter pour des développements économiques qui, comme l’agriculture, ne seront pas dépendants de l’eau.
    L’agriculture consomme plus d’eau que nos ressources naturelles, nappe phréatique et
    fleuves combinés, peuvent en offrir.
    L’eau qui remplit les barrages doit revenir là où elle appartient, aux fleuves, et des stations de dessalement doivent être construites pour remplir ces barrages.
    Les douars et les villes, comme Azemmour, le long des fleuves, n’en peuvent plus, et des solutions doivent être trouvées pour leur en venir en aide.
    On encourage le tourisme des villes du littoral, et on néglige le potentiel touristique que l’ont peut
    développer le long des fleuves.
    Ce développement permettra aux populations locales de trouver des emplois tout en restant chez elles au lieu d’aller gonfler les volumes des Ferracha dans les villes.
    Des projets de tourisme contribueront, non seulement, à la résurrection des fleuves
    mais, aussi, à la préservation de leurs écosystèmes largement négligés par nos gouvernants.
    La politique de l’aménagement du territoire doit créer un développement harmonieux qui ne doit privilégier aucune region au détriment d’une autre.
    Laisser les orientations de l’aménagement du territoire subir l’appât du gain et les intérêts des classes privilégiées est un scandale qui mène à une aggravation des catastrophes auxquelles est déjà confronté le pays.
    L’État et les collectivités locales seront bénéficiaires des revenus que rapporteront ces projets, mieux que les fermes appartenant aux familles des nantis qui ne payent jamais leurs impôts.
    Grâce aux développements des nouvelles technologies en matière d’énergies renouvelables et de stations de dessalement, des solutions peuvent être trouvées pour remédier aux erreurs du passé.
    En attendant, l’État doit assumer sa responsabilité et assurer la survie et la santé de ses citoyens et de leurs écosystèmes et, surtout, rendre aux fleuves l’eau qui leur appartient.
    Rejeter les eaux des égouts aux fleuves et à tout cours d’eau est un crime, un sacrilège, un péché
    impardonnable, qui ressemble à celui de déféquer sur du pain.
    A bon entendeur.

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