medina3

 

Par: Abdellah Hanbali

 

En évoquant le quartier Arabe d’antan, c’est d’abord à l’organisation urbanistique et  à la juxtaposition de ses habitations qu’on fait allusion.

Une cohabitation où toutes les classes sociales se confondaient, coexistaient, au point  qu’on ne pouvait ignorer les privations et les souffrances des uns et la générosité des autres.

 

Une solidarité qui s’est instaurée tout naturellement, pour devenir par la suite  une sorte de filet social,  empêchant quiconque de se  sentir oublié par les autres, ou de sombrer, au point d’en toucher le fond.

Les propriétaires des fastidieux Riads , veillaient de leur part à ce que les façades de leurs propriétés ne soient  trop  tape-à- l’œil. Signe d’une grande humilité, de sagesse et de noblesse aussi, et dont la finalité n’est autre que de  respecter les moins favorisés du voisinage.

 

Une façon d’être et de faire qui a engendré un air paisible et serein dans nos quartiers d’antan. Les gens s’appréciaient et  s’accordaient du temps pour se parler et se raconter leurs soucis ou leurs joies.

 

On avait cette impression, que tous les habitants du quartier, ne sont qu’une seule et unique famille. Les portes restaient ouvertes et même une fois fermées, hiver oblige,  des bouts de ficelles pendaient toujours à l’extérieur…

 

C’est dans cette ambiance que des générations de marocains ont baigné et appris les premières valeurs de la vie et de ce qui était leur véritable  identité culturelle.

 

Des us et coutumes dont on n’a pas su en prendre garde, pour mieux souligner  leurs avantages culturels, sociaux, économiques, spirituels et politiques.

 

Une époque  qui  fut révolue, le jour où le colonisateur est arrivé avec les siennes.

 

Et nous  avons  vite épousé cette « pseudo-modernité », venue d’ailleurs. Et en place de nos quartiers d’antan, on a adopté un    découpage  par zones et par… classes : villas, immeubles, quartiers populaires…

 

Du coup, les familles aisées et/ou  cultivées de l’époque ; celles qui servaient d’exemple et de modèle à suivre ; celles qui n’hésitaient pas à mettre la main à la poche pour donner « un coup de pouce », ou un bon conseil, chaque fois que nécessaire… sont parties se barricader dans leurs villas nouvellement acquises, tout en tournant le dos à une culture séculaire.

 

La classe moyenne a, à son tour, délaissé le quartier pour des immeubles et autres appartements « taillés sur mesure ».

 

Et les plus défavorisés se sont retrouvés seuls face à leurs difficultés et presque   abandonnés de tous.

Plus aucun modèle à suivre pour s’en inspirer, se motiver et essayer de s’en tirer d’une situation difficile.

Plus personne pour les empêcher de basculer dans les bas fonds d’une société devenue brutalement, froide et égoïste.

 

L’ironie dans cette histoire,  c’est que pendant que ces « nouveaux riches »  ont abandonné leurs anciens Riads  et semblent se  complaire  dans leurs nouvelles villas et ce nouveau « luxe » auxquels ils viennent d’y  prendre goût à partir des années 60-70 du siècle dernier,  ceux qu’on voulait imiter, sont venus en force occuper nos Riads abandonnés.

 

Un fait qui n’est pas sans nous rappeler un autre volet,  culinaire cette fois-ci ;  c’est lorsqu’on a  pris goût à  leurs frites, qu’ils ont  opté pour nos  tajines aux olives et pommes de terre ; c’est quand on a adopté  leurs steaks,  leurs hamburgers et   leur fast-food, qu’ils  ont adopté notre couscous aux sept légumes.

 

Nous avons abandonné  une façon d’être et de vivre, sans penser au rôle culturel qu’elle remplissait ; à la stabilité sociale qu’elle générait, en l’absence  d’un Etat, fort économiquement, et à même d’aider les plus démunis d’entre ses citoyens.

 

Chinois, Japonais… se  modernisent, s’ouvrent à l’Autre, mais pas à n’importe quel prix et pas au détriment de leur culture.

 

Ils ont compris depuis belle lurette,  que  ce qui  brille n’est pas or et  ce qui vient d’ « Ailleurs », n’est pas nécessairement  Meilleur  et… l’Exemple à suivre.

http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2015/03/medina114.jpg?fit=1024%2C1024http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2015/03/medina114.jpg?resize=150%2C150adminsLibre Opinion  Par: Abdellah Hanbali   En évoquant le quartier Arabe d’antan, c’est d’abord à l’organisation urbanistique et  à la juxtaposition de ses habitations qu’on fait allusion. Une cohabitation où toutes les classes sociales se confondaient, coexistaient, au point  qu’on ne pouvait ignorer les privations et les souffrances des uns et la générosité des...Source de L'information Fiable

Commentaires

commentaires