Un été sans « beignet chaud » à la plage d’El-Jadida.

Les autorités sanitaires ont entamé une campagne, sans merci, contre les « vendeurs ambulants » de beignets chauds, à la plage d’El-Jadida.

Motif, nos « autorités sanitaires » trouvent que ces beignets sont préparés dans des habitats insalubres et donc très certainement aussi, dans des conditions hygiéniques qui laissent à désirer.

Cependant, on aimerait bien savoir si toutes ces personnes qui vendent des crêpes marocaines, « beghrir », « meloui »…pain d’orge « mehrach »…voire « polo – skimo », « garmallo » (ces petits gâteaux à base de cacahuètes ou de noix de coco)…,dans la rue,  les  préparent dans de meilleurs conditions et sous le contrôle d’une quelconque commission d’hygiène.

Alors, pourquoi s’attaque-t-on aux beignets chauds, tout en fermant les yeux sur le « beghrir », « polo »…?

Bref,  pourquoi sanctionner X et ménager Y ?

Cette « zone d’ombre » nous pousse à se demander, s’ils pensent vraiment à notre santé, par cette interdiction  ou s’ils sont poussés à le faire par quelques nababs des cafés du coin, qui voient en ces jeunes, une concurrence féroce à leurs propres commerces ?

Car qui nous garantit que les sandwichs au thon, les beignets, les salades et autres « conneries » préparées dans les cafés du coin (épargnés par cette campagne), sont faits dans les règles de l’art et en total respect de toutes les règles d’hygiène ?

Plusieurs parmi ces commerces, n’ont même pas de l’eau courante et encore moins des toilettes propres (et comment ?) pour leur personnel ?

Certes ces beignets peuvent être préparés dans des conditions qui n’obéissent peut être  pas à 100% aux règles de l’hygiène, mais combien, parmi ceux qui exercent sans être inquiétés, en sont en  conformité ?

Et que sait un Mokhazni ou un caïd, aux règles de l’hygiène pour pouvoir les appliquer ? Et au vu de l’inexistence d’un personnel bien formé pour ce genre de contrôle, que peut un infirmier ou un médecin affectés à la commune, pour juger si un produit exposé à la vente, est impropre à la consommation ou pas ? A la physionomie du vendeur ? En usant de Bakk Sahbi ? Du Bakchich ?

Non, il ne s’agit pas là, d’une envie de critiquer le travail de ces commissions et encore moins de le saboter. Ce qu’on critique  par contre, ce sont toutes ces campagnes sans lendemains. Des campagnes sans études préalables. Sans planification à cout, moyens et long terme… De telles campagnes on en a ras le bol. Ce dont on a besoin, ce sont des campagnes basées sur du solide et appliquant les lois en vigueur, sans « hogra » et sans injustice aucune.

Abdellah Hanbali

Related posts

Leave a Comment