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Par: Azzeddine Hnyen

Le Maroc les avait émerveillés et la ville d’El Jadida, en particulier, les avait fascinés et charmés. Encouragés par un des leurs, un agent immobilier et agent d’affaires installé définitivement à El Jadida, des investisseurs français ont investi à El Jadida dans l’immobilier à partir de 2004. Malgré eux, ils ont du se plier aux exigences et conditions de la société vendeuse gérée par un ex- bâtonnier du barreau d’El Jadida.

Ils ont été obligés de verser 70% des prix de leurs propriétés en noir et de régler le propriétaire/gérant en euro, et par chèques qu’il avait retirés auprès de banques anglaises. Les services du ministère des Finances, saisis, le 26 avril 2010, par ce collectif d’investisseurs étrangers possédant de photocopies de ces chèques, avaient établi le redressement de près de 120 appartements et commerce, ce qui constitue un très joli paquet que devait récupérer l’Etat marocain. Plus d’un milliard de centimes, croit-on savoir. Seulement le propriétaire, selon les plaignants, ne s’est pas encore acquitté, jusqu’à présent de ses dettes. Comment et pourquoi ? Personne ne le sait.

Ces investisseurs, comme tous les propriétaires d’ailleurs, selon leur représentant, M. Laurent Guinard, et les plaintes déposées près des tribunaux d’El Jadida, de la Sûreté nationale, des autorités provinciales et du ministère de la Justice, «ont été victimes de malversations et de manipulations de la part de la société». Les acquéreurs de ces biens, outre l’abus de confiance dont ils ont été victimes, ont grandement déchanté  en constatant plusieurs anomalies dans les constructions : fuites d’eau potable et usée, problèmes électriques, gaines d’incendie inexistantes et absence totale d’accès sur l’arrière des immeubles… Si bien que si un incendie se déclare, on ne donnerait pas cher de la vie des résidents ! Le promoteur immobilier avait opéré des transformations illégales sur les lieux et avait érigé des constructions illicites, telles la superette (voir photo) ou un mur qu’un jugement définitif avait ordonné la destruction. Mais l’exécution effective de ce jugement en 2010 n’a pas eu lieu. Pourquoi ? Allez le savoir ! En constatant leurs déformations, l’architecte, auteur des projets de l’hôtel et de la résidence Al Morabitines, lui avait adressé une mise en demeure, datée du 29/11/2004, où il rapporte : «Il m’a été permis de constater que vous êtes en train d’édifier des murs contre les façades arrières des immeubles en briques, en bois et en plastique donnant un aspect insalubre obstruant l’aération et la lumière aux appartements donnant sur le côté arrière et ce sans autorisation » (sic !). Après lui avoir signifié qu’«il reste propriétaire de l’œuvre artistique telle qu’elle a été autorisée, il l’a mis en demeure de procéder à «supprimer ces murs dangereux, insalubres et non stables». Une copie de cette mise en demeure avait été adressée (tenez- vous bien !) au wali de la Région, au gouverneur de la province, au pacha de la ville, au président de l’Ordre régional des architectes, à l’inspecteur de l’urbanisme de Safi, au directeur de l’Agence urbaine d’El Jadida et au délégué du Tourisme parce qu’un hôtel, dont il est propriétaire, fait partie de cet ensemble immobilier. Mais aucun des concernés n’avait réagi ! Pire encore, les parkings de véhicules, obligatoires selon la réglementation en vigueur, ont été transformés en jardins et en commerces sans plan et sans autorisation. Là aussi personne n’avait réagi. Bien sûr, ce propriétaire devait être en possession d’un permis d’habiter pour écouler ses commerces. Eh bien, tenez-vous bien, il l’obtint ainsi qu’un plan modificatif des dites constructions le même jour. Un 22 mai 2003. Comment et pourquoi ? Allez le demander au maire de la ville de cette époque. Objet d’une plainte, le dossier roupille quelque part dans un tiroir de la police locale ou dans les archives.

Puissant est donc ce monsieur, objet de près de 160 plaintes judiciaires et qui gère, à lui tout seul le syndic, unilatéralement, sans qu’il effectue les travaux nécessaires pour lesquels a été instauré ce syndic. Aucune assemblée générale légale n’a été tenue. Avec toutes ces infractions et ces malversations répréhensibles par la loi, il est resté intouchable et inébranlable ! Est-ce c’est son argent qui l’a rendu invulnérable ou c’est sa profession d’avocat qu’il exerçait, qui lui permet de s’en sortir à si bon compte ? Peut-être que ce sont les deux. En tous les cas, il paraît être très bien infiltré et puissant. Sinon comment un jugement d’indemnités de 3MDH jugé en faveur des propriétaires, en instance et en appel des tribunaux d’El Jadida, a été annihilé par la cour de cassation pour vice de forme ?

Ecœurés, abasourdis et vaincus par l’injustice dont ils ont été et sont victimes pour ne pas avoir acquis gain de cause, ces investisseurs ont préféré liquider leurs affaires et rebrousser leur chemin. Sur les 11 Français, seuls 3 sont encore là. Mais deux d’entre eux se préparent, déjà, à rejoindre leurs compatriotes. Leur mésaventure cauchemaresque a fait renoncer plus d’un à les imiter en venant s’installer et investir au Maroc et à El Jadida en particulier. Un coup dur pour le tourisme marocain et un terrible fouet à l’investissement étranger dans notre pays et que protège, pourtant, une charte nationale ! Une telle tragédie ne devrait pas exister dans le nouveau Maroc, celui de la démocratie à tous les niveaux et de l’Etat de droit. Notre ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid, dont l’intervention a été sollicitée par une correspondance datée du 06/03/2012, se doit de se pencher sur ce cas pour rétablir une situation bâtarde qui n’a que trop perduré et qui risque de nuire à l’image du Maroc dont le Roi et les forces vives de la Nation ne cessent de déployer d’immenses et bénéfiques efforts pour l’instauration d’un véritable Etat de droit. L’égalité devant la loi ou égalité en droit est le principe selon lequel tout individu doit être traité de la même façon par la loi. Aucun individu ou groupe d’individus ne doit donc avoir de privilèges garantis par la loi. Ni l’exécutif, ni le législatif, ni le judiciaire, ni le «quatrième pouvoir» qui est la presse (et plus généralement tout outil pour exprimer son opinion), ni les individus quels qu’ils soient ne peuvent se prétendre en dehors de la loi. Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane n’avait- il pas appelé à essayer «de combattre le favoritisme, l’injustice et la corruption au Maroc» ?

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