SOUVENIRS, SOUVENIRS… « Il était une fois ; la maison des jeunes, les terrains vagues et championnat de quartiers et travailliste »

Par : Abdellatif Cherraf      cherraf

Voilà qui restera dans ma mémoire des impressions, comme tout un chacun, de jeunesse, je dirai même de Mazagan à El-Jadida, puisque je suis, comme ceux de ma génération, mazaganais avant d’être jdidi.

Bizarre, n’est- ce pas, d’être né  dans cette belle ville de Mazagan, coquette par ses parcs pleins de paons et leurs aquariums pleins de poissons multicolores, son  golf jdida4miniature, sa plage et les chevauchées de planches à voile, optimist, vauriens et surfeurs sur les guirlandes de vagues qui se suivent infiniment aux caprices des vents…

Sa plage et ses guérites plantés sur du sable d’or ; son hippodrome et ses courses d’ obstacles ; son bel hôtel Marhaba, ses cinémas : Marhaba, Dufour, Métropole ; son lycée mixte ; sa salle couverte des sports ; son camping, son théâtre, son phare, son clos de tennis, son club et sa base nautique, son port de plaisance, ses rues de poètes : Victor Hugo, Anatole France, El Jadida marhaba (2)Molière (pour l’anecdote, un ami qui habite à côté, l’appelle rue « Boulière » (pissotière)pour ce qu’elle est maintenant), Honoré de Balzac… Sans oublier ses calèches et les « ach’houte ourak amoul koutchi »…Mémoire tatouée de bons souvenirs de Mazagan et d’El-Jadida et ses Majorettes. La reine des plages ; ses kilomètres de côte sablée, de nos jours, absorbent des centaines et des centaines de jeunes, filles et garçons. Du lever au coucher de soleil, toute cette jeunesse, de 7 à 77 ans, trouve son plaisir à courir, sauter, nager, pêcher, jouer au ballon ; matchs de football à gogo, de beach-volley voire des mouvements d’ensemble, des katas de karaté, du surf, quand il y a des grosses vagues, de l’équitation et de la gymnastique. Vraiment, la plage est le premier poumon naturel de cette charmante ville !

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La rue « Boulière », pardon Molière

Car le deuxième poumon a été enterré sous du béton armé ! Il s’agit des espaces ; Nor Al Qamar, Plateau, Sidi Bouafi, Daya, Sidi Moussa… Les hôtels, collèges, lycées, immeubles, station de carburant les ont englouti ! Développement urbain oblige. En ce temps-là, il y avait aussi la rue où les enfants s’adonnaient à leur jeux préférés ; les filles aux sauts à la corde, à la balle jolie balle voire aux osselets et les garçons aux billes, à la toupie, à délivrer (dini-free), au foot, aux cartes « aita » voire, haut les mains. Les téméraires se donnaient rendez-vous à Dar Chabab où musique, théâtre, chants, art plastique battaient le plein… Précisément à cette époque, des années 70 ; la délégation du ministère de la jeunesse et des sports d’El-Jadida organisait des tournois de quartiers et le championnat travailliste de football…Ces compétitions se déroulaient au stade Al-Abdi pour les travaillistes et dans les espaces libres précités pour le foot des quartiers : Daya face au marché français (actuel Immeuble Boudoua), Sidi Bouafi collège Halima Saâdia, Nor Al Kamar (les hôtels Ibis et Doukkala station ifriquia), Plateau lycée Abouchouaib Doukkali,Sidi Moussa face au camping…

enseignants

 L’équipe des enseignants (championnat  des travaillistes), avec le talentueux Ben Yaich, debout,1er à G, un certain Cherraf (barbu), Moulay Brahim à sa gauche et feu Jahidi (près du gardien). Accroupis, Laâguili 2ème à partir de la G.

Les Tournois de quartiers, avec un « T » majuscule, étaient le grenier du DHJ où feu papa Boukri, l’œil prospecteur du club doukkali, alimentait son équipe des juniors des jeunes de ce vivier, gracieusement. Il suffisait à l’entraineur des juniors de remettre un bon au jeune sélectionné pour qu’il aille prendre des photos d’identité chez feu Abdellah aux longues moustaches ! C’était l’unique photographe sportif de la ville ! Les photos en poche, le jeune prenait le lendemain le chemin du terrain municipal, stade Al-Abdi, le cœur plein d’espoir de jouer un beau jour au sein de l’équipe première avec les Chicha, Krimou, Chérif, Baba, Kouhaili, Zidane, Karbal, Yacdani, karnasse le père, les frères Hassani, Alami, Abhaj, Halim, Rohessalam et la liste est longue de ces joueurs qui ont fait le bonheur du DHJ et qui sont passés sous la main de boukri.

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Feu Boukri

Concernant, le championnat travailliste qui se jouait au stade Al-Abdi, il était animé par les enseignants du collège Mhamed Errafii avec leur virevoltant attaquant Ibn Yaiche, les agents de la  police avec leur terrible gardien de but Attouga, les banquiers avec leur Netzer, Bouchaib Sahel, les infirmiers avec son mur Bihi-kenizi-Zidane, la Provence renforcé par Chicha, la municipalité et son Beckenbauer feu Hissan, les Forces auxiliaires, les coopérants avec un Claude Maffre sollicité par le DHJ ! Bref c’était la belle époque dirait l’autre. Mais qu’en pensent les jeunes d’aujourd’hui ?

Vos commentaires m’intéressent!

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