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Par: Abdelatif Cherraf

El-Jadida, promise Deauville du Maroc  du vivant du général Liautey, une  plaque mémorable, placardée  sur le muret des escaliers du parc Mohammed V, donnant accès sur la plage en témoigne encore.

En ce temps, les français prévoyaient Casablanca, métropole économique et El-Jadida, ville de loisir. D’où l’interdiction de construire des immeubles, ni maison à étages !

 Aujourd’hui, le résultat est là, El-Jadida se noie dans des immeubles bien ficelés par des rues ! Fermons vite cette parenthèse et plongeons, ensemble, dans nos bons souvenirs de jeunesse dans cette ville qu’on ne cesse de défigurer…

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Après avoir parlé d’El-Jadida ; Al Mahdouma, du temps via l’horloge de bureau arabe, de l’histoire des fous du bled et de la halqa d’El-Jadida à Moulay Abdellah ; place à la sureté nationale de l’époque,  j’allais dire d’un seul commissariat dont trois agents de police et un adjudant des forces auxiliaires tenaient en main toute la coquette ville d’El-Jadida ! Il faut dire que ces agents des forces de l’ordre savaient faire la distinction entre les fils du bled et les « envahisseurs » ! Pour l’entame de leur histoire, j’évoquerais, ou plutôt, j’aurais une pensé à la mémoire, feu,  Smiri et  l’adjudant Larbi. L’homme au triller vert et au béret  noir. Rien que sa présence, à l’intérieur du terrain de football, faisait peur à plus d’un resquilleur ! Il savait être gentil avec les polis et méchant avec les impolis ! Qu’il repose en paix…Quant à Smiri, il était plus qu’un chef dans le service de l’identité. Il faisait pratiquement tout.

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Il réceptionnait les dossiers  des  citoyens après contrôle sur place, il vous donne rendez-vous pour  15 jours et le tour est joué… Comme promis, votre carte nationale  arrive à temps. Allez voir aujourd’hui, le  monde qui fait la file, soit pour déposer sa demande, soit pour prendre sa carte nationale ! L’autre bonhomme qui savait faire régner de l’ordre en douceur et démagogie n’est autre que notre ami Rafik le marrakchi, là où plus d’un agent de sécurité privée n’a encore réussi sa mission depuis son départ à la retraite à nos jours ! Il s’agit  du portillon de la tribune d’honneur du stade Al-Abdi, là  où on a affaire aux malins de la cravate ! Rafik savait aussi rendre la circulation fluide. Notamment  au cœur de la ville, le rond- point de Bata que les français, à la veille de la nouvelle année,  transformaient en podium circulaire à trois étagères  pour qu’on y dépose   des cadeaux à l’honneur des services fournis par la sureté nationale ! Sur ce noble geste des habitants d’El-Jadida de l’époque et d’autres beaux gestes à l’intention des facteurs voire sapeurs-pompiers, on passe aux deux policiers qui ont marqué de leur passage et  la sureté nationale et l’histoire de la capitale des Doukkala !

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Zaouia la terreur, il faisait peur à tous ces chenapans téméraires qui embêtaient pour ne pas dire dérangeaient la population d’El-Jadida avec leur extravagance démesurée. Notamment, ceux qui foutaient la pagaille dans les quartiers, les ratés de naissance ! Ceux qui n’ont pas eu la chance d’être nés dans un milieu « sain ». On veut dire par là, une famille convenable. Un père responsable,  une mère douce et facile à vivre ! Des parents équilibrés qui savent faire la part des choses…On souhaiterait aussi que pour chaque pâté de quartiers ; une Dar  Talib et Taliba pour secourir les enfants abandonnés à leur sort, souvent à des âges qui défient la chronique ! Victimes de la société, livrés à eux même dans un monde pas facile à vivre, ils sont obligés de commettre des impairs. Voler un œuf pour survivre, juger et condamner comme celui qui a volé un bœuf ! Dans quelle société vit-on ? Une image pas facile à digérer mais la vie est ainsi faite pour la plupart des enfants que Zaouia et Bougââda, ramassaient lors d’une rafle.     La plupart des enfants ! Il n’y avait pas que les enfants de la rue mais aussi, ceux qui avaient une famille, on est passé par là à moult reprises ! Et à chaque fois, les parents se pointaient au commissariat, sise face à la plage, pour la « libération » de leur progéniture ! Si ça tombe, un samedi, on risque d’y passer deux nuits ! Que de fois, de  nuit, on est ramassé par « Larafe » (la rafle) par ce qu’on a trainé sur le chemin de retour à la sortie du cinéma Marhaba ! De jour, lors d’une partie de carte « Al 3ayta » dans une ruelle, voire de football sur la route. Ne parlons pas des bonnes guerres entre quartiers  d’où l’on rentrait chez soi, l’œil en beure noir, une bosse quelque part sur le crane ! Ou au sous-sol du  commissariat ! Chevauchant leurs chevaux de fer, deux mobylettes  bleues ; les Zaouia et Bougââda faisaient le tour des quartiers, assez souvent celui où j’habitais. Et pour cause, limitrophe avec le marché français, la pharmacie Magnetti, Ingaraou, la librairie De Biazzo, l’école Clémenceau (type français), les épiceries d’alcool, Moussa Ben Ghalem, Bouchaib bennabou, l’unique lycée avec internat Henri Poincaré et le dispensaire Madame Chapeau. Un terrain fertile pour les marginaux !

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Assez souvent, Bougaâda usait de sa matraque pour corriger les plus durs avant l’arrivée au commissariat…Il faut dire qu’en ce temps-là, on ne causait pas droit de l’homme. Il faut dire aussi qu’il y avait moins de crimes, de vols  et d’agressions. Il faut dire enfin, que la ville ne dépassait guère, le parc Mohamed V, le château d’eau (actuellement, Province d’El-Jadida), l’hôtel Beaulieu, l’église,  le plateau, hôpital Mohammed V, Lgourna, usines (mazafil, sim, château rouge, Sid’Daoui, les remparts, le port et la plage. Voilà toute El-Jadida des années de ma jeunesse qu’on appelait Mazagan ! On la qualifiait de coquette, charmante et belle… Aujourd’hui, les mazaganaises  et les mazaganais, comme moi, pleurent l’extension de leur ville par cette anarchie dans l’envahissement du béton armé et des arrivistes !

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