théâtre 12.JOUR.DE.SON.INAUGURATION (2) 

Par : Abdellah HANBALI

Mohamed Said Afifi est un nom qui a marqué et marquera à jamais la scène théâtrale. Dramaturge marocain, Afifi, natif d’El-Jadida, s’est éteint à l’âge de 76 ans à Rabat, la nuit de samedi 5 à dimanche 6 septembre, des suites d’une longue maladie. La perte du défunt  a laissé et laissera un vide profond, autant  pour le public marocain que pour les professionnels du domaine.

Il compte à son actif plusieurs pièces de théâtre ainsi qu’une riche filmographie, citant à cet égard les pièces «Amayel Jha», «Assawanih», «Monsserat», ainsi que les longs-métrages «Assarab», «Elle est diabétique et hypertendue et refuse encore de crever» et bien d’autres œuvres.

Sept ans  après sa mort, nous avons rencontré sa veuve Karima, qui a bien voulu nous accorder l’interview suivante et nous parler  de feu ssi Mohamed, l’homme et le mari.

 – En dehors de tout ce qui vient d’être dit sur Mohamed Saïd AFIFI, avez-vous quelque chose à ajouter concernant la carrière de cet Artiste ?

Il avait un profond respect pour l’être humain et pour l’Art. Il détestait la médiocrité et disait : « L’Art est éternel et la vie est courte ».

Le 17 Mars 2009 au Théâtre National Mohamed V, à l’occasion de « La Journée internationale du Théâtre »,  iI a dit cette phrase : « Le théâtre est une lecture profonde de la pensée. Il est à la base du rêve. C’est une foi. Et comme vous le savez, aucune religion ne peut exister, si elle n’habite pas l’âme de l’Homme ».

À l’ouverture de cette journée, quelqu’un a dit : « Un pays sans passé n’a pas d’avenir »

Mohamed Saïd AFIFI a immédiatement répondu : « notre pays peut être fier de son passé et de son histoire ».

Lors d’une tournée en France, la presse parisienne y compris le critique redouté de l’époque Jean Jacques GAUTIER du journal « Le monde » qui consacra en première page, un article élogieux sur le théâtre marocain,

Le magazine « Paris Match »qui s’appelait à l’époque« LE MATCH de PARIS » écrivait en Juin 1956 : « Molière en babouches fait naître à Paris le théâtre marocain ».

Il fut parmi les très rares tragédiens du monde arabe à interpréter des pièces de William SHAKESPEARE. Sa fascination pour cet auteur ne se démentit pas et ce jusqu’à la fin de sa vie.

 -II était multidisciplinaire : Comédien, poète, mime, dessinateur, chercheur, chanteur et musicien. 

Et sur Mohamed Saïd AFIFI, l’homme ?

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Il a été un bon vivant, spirituel, affable, généreux et d’une sensibilité rare. Il aimait la vie et a vécu comme il l’entendait : libre. Bien que souvent meurtri au cours de sa carrière, son caractère n’a jamais aigri.

II a beaucoup donné de sa personne, de son argent pour réaliser ce qu’il voulait. Toutefois: II a vécu en gentleman tout au long de sa vie, certes sans beaucoup d’argent, mais tellement riche  sur le plan humain, artistique, théâtrale, ainsi que sur le plan éthique. Il a toujours été en harmonie avec  lui-même.

-Mariée à lui depuis 1964, j’ai  admiré en l’homme ses qualités humaines exceptionnelles. Je l’ai épaulé autant que j’ai pu dans les moments difficiles et soutenu jusqu’à son grand départ, la main dans la main. Jamais je n’ai cessé d’être fière de lui. Malade, il ne se plaignait jamais. Se tenait droit et fier. Il m’a même caché sa souffrance, pour ne pas me perturber.

Ses amis disent que dans « EL KADIYYA » du réalisateur Noureddine LAKHMARI, il a su dire cette réplique avec éloquence : « Bye-bye… moi je sais bien dire Bye-bye ». Et c’est comme ça qu’il a quitté ce monde.

-AFIFI était pris par le théâtre et épris totalement de lui, comment réussissait-il à concilier entre cette passion et celle de sa vie de famille ?

Il ne conciliait rien, c’est moi qui étais conciliante (grand éclat de rire). Il tenait à se sentir libre. Je restais en retrait et le regardais vivre pleinement sa passion du théâtre. Et lorsqu’après une tournée, un film, une pièce théâtrale…il revenait chez lui, il était magnifique comme à son habitude : drôle, passionné, aimant, chérissant, sensible…

Inutile d’ajouter, qu’il était et continue à être l’Homme et l’Amour de ma vie. Je me montrais conciliante avec cet Homme épris du théâtre, car  j’étais totalement éprise de lui.

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