El-Jadida-Sculpture: M’Hamed El Adi le sculpteur « monumental »

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Pour s’exprimer, l’artiste a choisi l’abstrait  Faire naître la beauté et élever l’âme du contemplateur en sculptant le bois et la pierre. C’est ce qui inspire M’hamed El Aadi qui a un don inné pour l’art de la sculpture. Les créations de cet artiste autodidacte se sont fait un chemin au Maroc et un peu partout à l’étranger. Il se retrouvait en travaillant la matière depuis son plus jeune âge. Actuellement, des sculptures monumentales en marbre ornementent la ville d’El Jadida, en face du théâtre municipal et au parc Mohammed V, à Sidi Bouzid, au centre El Aounate et à Sidi Bennour. A Nador aussi avec un immense flambeau à la place Al Tahrir symbolisant la résistance durant la période coloniale. Un architecte urbaniste de Rabat a contacté El Aadi pour la mise en place de 2 œuvres à Béni Ncer pour l’esthétique de la gare maritime méditerranéenne accueillant les visiteurs de l’étranger et les MRE. «L’architecte a été séduit par ma sculpture en se promenant à Sidi Bouzid», dit El Aadi. Par le nombre, Doukkala est la région la plus riche en sculpture en comparaison avec toutes les villes du Maroc.

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Pourtant, l’artiste expose assidûment à Rabat depuis la fin des années 90. «Etant encore enfant, je me retrouvais malaxant avec mes doigts tout ce que je touchais», dit El Aadi. Il travaillait naturellement l’argile ou le papier pour obtenir différentes formes et même des figurines et des bustes. Son père travaillait dans les mines de l’OCP à Khouribga. Et il se faufilait entre les gros engins pour subtiliser du calcaire encore moelleux à la sortie de la mine. Une fois, il a été puni parce qu’il copiait à partir d’une photo une sculpture de Rodin représentant une femme. Les figurines, les statues et les bustes sont systématiquement rejetés. «Tu iras en enfer car c’est contraire aux préceptes de l’islam», s’entendait-il souvent répéter. Vers les 16 ans, il a intégré une école de formation en maçonnerie et par la suite une autre de menuiserie. L’objectif était surtout de trouver à portée de main de la matière à travailler. Il a intégré l’OCP à El Jadida en 1986.

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«Dans mes heures creuses, je faisais dans un coin écarté de la sculpture». M’hamed El Aadi a trouvé la parade pour ses créations en faisant dans l’abstrait. Il a participé à plusieurs expositions collectives au Maroc. «A l’étranger, j’ai rencontré de grands sculpteurs que je voyais seulement en photo et que je n’imaginais pas rencontrer un jour. J’ai participé à des symposiums internationaux en France et à Dubaï notamment», dit-il. Aujourd’hui, El Aadi continue à composer avec les susceptibilités religieuses. Pour exemple, des étudiants extrémistes ont violemment manifesté lors d’une exposition de l’artiste à l’université d’El Jadida. Et même à Rabat, des personnes viennent me voir pour me demander si je n’ai pas peur d’aller en enfer, témoigne l’artiste.

Actuellement, M’Hamed El ADI est invité à Moscou, d’où il nous envoie ces photos.

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