Scènes de vie : Des services et des vices…. « A El-Jadida, la situation n’est pas plus reluisante … »

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Par : Mouna Achiri

De tout temps et partout dans le monde, entre rendre service et le solliciter, il va de la coupe aux lèvres. Postuler pour un travail, demander des renseignements, des documents, de l’aide matérielle, tout service qu’on pourra ou doit vous rendre sans contrepartie dépend du bon vouloir et des scrupules de celui qui vous le rend. Tour d’horizon des tics d’une société en mal de contact…et de tact.
Transport capricieux… Le transport commun en ville est un sujet qui mérite réflexion. Le problème ne se pose pas avec les autobus qui sont, en soi, un problème insurmontable pour de nombreuses années encore. Ce sont les taxis, et spécialement ceux qui desservent les principales stations ferroviaires, qui constituent un obstacle au déplacement. A Rabat, débarquer à la gare de l’Agdal est une entreprise dont la réussite dépend de l’adresse à laquelle se rend le client. S’il s’agit de Hay Riad, il sera servi sur un plateau d’argent. Les autres destinations dépendent du degré de voracité pécuniaire et des scrupules du chauffeur de taxi.
Même phénomène à Casablanca où la persécution est plus forte. Dès que vous franchissez la porte de sortie de la gare, vous êtes assailli par une horde de chauffeurs qui vous hurlent en chœur les deux mêmes destinations : Boulevard Hassan II et Anfa. Si vous annoncez une autre destination, vous êtes ignoré, presque méprisé.
A El-Jadida, la situation n’est pas plus reluisante. Les taxi-drivers ne jurent que par Essaâda, un quartier éloigné de la station ferroviaire et qui va leur rapporter plus que de nombreuses autres destinations. A chaque ville ses préférences.
Qui gère le déroulement des navettes et contrôle le bon déroulement du secteur? Quand on interpelle un taxi encore inoccupé, le chauffeur doit accepter de servir la destination du premier client. C’est à partir du deuxième qu’il peut refuser si l’adresse qu’il dessert ne correspond pas à celle demandée par le second. La loi le stipule clairement, argument qui a fait sourire un chauffeur de taxi : « La loi ? Quelle loi ?… » Réponse qui coupe court au sujet par son éloquence implicite…et qui en dit long sur l’application de la loi.
Trottoirs à louer…Un bien public que des commerçants privatisent…Un spectacle habituel. Des propriétaires de cafés s’approprient le trottoir qui borde leur commerce, un espace commun prévu pour les piétons, qui veille à leur bien-être et leur sécurité et qui les préserve des dangers de la route.
A Mohammedia, ce phénomène est poussé à son comble quand un café s’accapare tout le trottoir dans une ruelle étroite, rendant la circulation assez dangereuse pour les piétons.

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Ainsi, en plus des deux-tiers de l’espace occupé par les tables et les chaises, couvert par une large toiture, le peu d’espace qui reste du trottoir est réservé à deux gros pots avec d’immenses plantes, et de surcroît des panneaux interdisant le stationnement (le stationnement de quoi au fait) ? L’espace restant où trônent les deux panneaux est bon à servir de stationnement à des rongeurs tellement il est étroit. De la sorte, les piétons qui empruntent la ruelle, qui, de surcroît, mène tout droit vers une école, est devenue impraticable pour les piétons, en général, et pour les parents des écoliers, en particulier. Ceux qui ne sont pas motorisés sont obligés de contourner cette partie du trottoir, marcher en pleine route, sans que cela alarme qui que ce soit. Une situation à méditer….
L’hygiène, après tout…Mais ne soyons pas mauvaise langue. Tout n’est pas critiquable au Maroc. Certaines initiatives méritent d’être mentionnées et même applaudies. Le papier essuie-tout-ce-qui-est-sale, qui refuse d’entrer dans les mœurs de l’hygiène publique marocaine, gagne enfin en respectabilité et se retrouve dans les toilettes publiques des stations ferroviaires. Mais non seulement on est généreusement servi dans les toilettes, mais en plus on n’est plus obligé de demander une portion de papier à la femme de ménage à qui il faut glisser quelques sous. Et il est clairement indiqué sur les murs que ce service est gratuit et qu’il ne faut rien payer pour s’y rendre. Et le savon à mains est offert en prime….A qui doit-on ce progrès notoire ? À une société de nettoyage…Comme quoi, il faut casquer pour un minimum de dignité …
Une initiative à suivre dans tous les endroits publics, surtout quand on se rend dans des institutions chic où le minimum de matériel requis pour l’hygiène manque, à savoir le rabat des toilettes, le savon, les serviettes, la poubelle…
Des scènes de la vie quotidienne de mon pays, une source intarissable de tics et de tact qui obéissent à l’humeur, mais surtout à des us enracinés dans notre esprit…

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