Saïd El Mansour Cherkaoui – Le Maroc et le Développement de certains secteurs économiques dans le monde : Une Profession d’Apprenti Global… un Suivisme Dépassé.

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Said El Mansour Cherkaoui

Le Maroc s’est attelé a une locomotive dont l’itinéraire et la destination ne sont nullement présents sur la carte Marocaine. Les plans et les visées de cet itinéraire sont inscrit dans une globalisation assidue des unités productives basée sur une rémunération de l’apport productif en fonction des marges de profit calculées sur des échelles comparatives entre les pays possédant ressources humaines relativement similaires au niveau de la qualification professionnelle.

La stratégie Productive de la Division Internationale du Travail Technologique :

Effectivement, l’autre dimension déterminante dans le choix d’un espace productif est la proximité du marché local et régional pour les besoins d’une adaptation rapide ou graduelle du produit final en fonction des mutations techniques et les changements de tendances des marchés régionaux escomptés. L’écoulement des produits possédant une relative valeur ajoutée avancée, exige une intégration de l’approvisionnement en biens intermédiaires basée sur le concept de just-in-time développé par les compagnies japonaises, sur l’existence d’équipes techniques capable de modeler et d’adapter le produit selon les critères variables du marché final, sans pour autant exiger de nouveaux systèmes de production et de distribution.

Ce processus productif et logistique, est fondée sur le principe du Total Quality Management et sur une concentration du design basée sur une diversification créative des opérations de modélisation, ainsi que sur les capacités d’adaptation et de production synchronisées au sein et en tant qu’une seule unité productive régionalisée.

Pour l’implantation de telles unités, les compagnies concernées exigent des états de financer et de conditionner les réseaux d’acquisition du savoir technique et technologique par rapport a leurs besoins immédiats, détournant ainsi les responsabilités de l’État au niveau de l’éducation vers les propres besoins d’une production industrielle basée sur des modèles conjoncturels. Cette substitution du rôle de l’Etat en tant que fournisseurs des ressources humaines intermédiaires constitue une des facette locale de la régionalisation de la division international du travail qui demeure une application d’une stratégie ciblée et sujette a la concurrence internationale et aux besoins de consolider la compétitivité du produit par rapport aux produits similaires.

Cette approche est semblable à ce que le japon avait privilégié pour sa stratégie d’installation des usines et des unités manufacturières dans les pays de l’Asie du Sud Est. En premier, le produit est conçu et fabriqué pour le marché national avec toutes les caractéristiques locales. Une fois que le produit a atteint un certain niveau de maturité dans le marché, ou bien il est  concurrencé par un produit similaire, qui peut voir le jour dans un autre pays, accentuant la concurrence et l’émergence d’une plus grande demande, le japon passe alors, à la production du même produit dans des régions proches, pour l’approvisionnement et pour l’écoulement du produit localement fabriqué. De mêmes, ces sphères de productions sont donc installées dans des espaces et des pays offrant des avantages qui peuvent faciliter la réduction des coûts de production et des frais supplémentaires pour son écoulement dans divers marchés étrangers où il est en train de perdre un atout majeur : celui d’avoir été le premier du genre.

Ce mouvement migratoire des produits initialement manufacturés au sein du japon pour la consommation locale et pour certains marchés extérieurs, est désigné par le terme: « le vol des oies sauvages. » La politique d’expansion industrielle régionale du japon avait permit a la Corée du Sud (entre autres) de bénéficier d’un transfert initial de la technologie japonaise. Cette période fut aussi caractérisée par l’émergence de Nouveaux Pays Industrialisés et désignée par la croissance des Dragons et tigres.

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Les Multinationales et le Détournement du Transfert de Technologie: Renault au Maroc.

Face a l’éclosion de ces nouveaux pôles industriels, d’un côté et l’augmentation des salaires conséquente pour la main-d’œuvre locale, d’un autre, les grandes compagnies multinationales et suite à  une délocalisation concertée avec leurs États respectifs, avaient détourné et neutralisé le transfert de technologie ainsi que ses effets industrialisant, en facilitant en premier leur alliance et leur coopération avec des compagnies concurrentes et par l’installation d’unités localement isolées dans les pays a main d’œuvre abondante et docile. En cela, la priorité fut accordée aux pays régit par des dictatures et ayant un code de travail rigide et ou la représentation professionnelle est assujettie au pouvoir central.

En parallèle, ces Multinationales privilégiaient aussi les pays où existe une productivité élevée et un coût compétitif.

Cette localisation demeure aussi assujettie aux variations de la demande et de la croissance de la productivité au sein des autres unités productives complémentaires, mais installées dans plusieurs pays, tout en étant internationalement synchronisées pour la production d’un produit final commun.

L’Impasse du Maroc dans la Division Internationale du Travail Technologique :

De même, la division international du travail technologique conséquente dont le Maroc essaye d’en être un des serveurs périphérique et non central, se réalise en dehors des besoins du développement du Maroc et se consolide a travers la maîtrise locale des techniques avancées de production tel que l’utilisation de la robotique et la logistique. Le Maroc dans cette compétitivité internationale ne peut offrir les mêmes critères d’avancement et de consolidation exigés par le capital international productif et demeure donc au bas du classement de l’attractivité et de la garantie de rentabilité, par rapport aux pays émergents. Le Maroc ne peut dans cette optique qu’accroître sa dépendance de certains secteurs ayant des stratégies strictement régionales et dont une partie de la production finale peut toujours être écoulé dans le marche Marocain. Des concessions qui restent  en deca, des facilites accordées et les réalisations financées par l’Etat Marocain, afin de répondre aux exigences de modernisation de l’infrastructure demandée par les investisseurs étrangers au Maroc.

En effet, le Maroc a privilégié dans sa politique économique une définition de ses besoins de développement sur sa proximité avec l’Europe et ce, en essayent de mettre en exergue, les coûts relativement bas de la main-d’œuvre pour attirer l’attention des compagnies européennes et en premier françaises. Le but recherché est celui de construire une économie diversifiée, ouverte, orientée et définie par les tenants des principes d’une économie de marché.

En ayant omis de chercher d’autres alternatives, l’économie marocaine s’était pour ainsi dire,  auto-enclavée dans un suivisme économique et dans la fourniture d’une main-d’œuvre qu’il fallait maintenir abordable a tous les points de vue.

Par de tel choix, l’économie marocaine reste assujettie aux variations de la nature et a la nature déloyale de l’investissement étranger. La vulnérabilité de la croissance économique est mise a rude épreuve à chaque mauvaise récolte ou suites aux difficultés économiques en Europe qui ont contribué au ralentissement économique en 2012.

Face a cette inertie, le Maroc demeura attaché a sa stratégie de développement industriel et à l’amélioration des infrastructures tournées vers l’extérieur et répondant aux directives de la conversion du capital étranger. Le Maroc se hâta de mettre en place un nouveau port et une zone commerciale de libre-échange à proximité de Tanger, dans le but  d’améliorer sa compétitivité, voire l’attractivité du Maroc pour le capital européen a défaut de celui des multinationales.

Cette stratégie, multinationale dans sa visée, mais régionale dans son application, demeure en fait une réponse aux besoins globaux de la production de biens destinés en premier lieu, pour les marchés porteurs, situés principalement, dans les pays industrialisés et ceux émergeant, mais ayant une classe moyenne servant de base sociale pour le gouvernement en place. Le cas le plus marquant dans ce phénomène et qui implique directement le Maroc est celui de Renault.

Voir mon article – Globaloganization of Renault Development Strategy – publié aux états Unis sur la globalisation de Renault.
Le Maroc face aux défis d’un Authentique Développement Economique de Base :

Le Maroc doit consolider ses bases nationales en tant qu’économie nationale, gérée par des moteurs régionaux complémentaires dans leur constitutions et tourné vers l’innovation  et le renouvellement du contenu des différentes productions, en installant de nouvelles dimensions technologiques, qui permettent une modernisation continuelle des formes et des unités opérationnelles, sans oublier l’adaptation des outils de production et la formation de la main-d’œuvre et du personnel créatif.

Cette insertion des professions et métiers technologiques, doit se dérouler et se manifester en tant qu’élément principal dans la détermination régionale et les choix stratégiques des créneaux porteurs et même des secteurs opérationnels. La sélection stratégique de ces secteurs est basée sur leur niveau de flexibilité d’adaptation et leur capacité de réalignement sur la dualité existante entre la demande régionale et  nationale et celle provenant du marché international. Ces secteurs pouvant bénéficier d’un investissement public direct.

Dans ce cadre régional mais d’ordre national, l’infrastructure doit être une partie intégrante modulée sur les besoins mêmes de complémentarité et de diversification régionale, mais servant comme fondements de l’intégration nationale, tant au niveau territoriale, qu’au niveau économique et financier.

Dans cette optique, régionalisation ne doit pas devenir le moyen d’accentuer les déséquilibres, bien au contraire, elle doit favoriser l’essor des régions en tant qu’une confirmation de la solidité de la stratégie nationale de développement des ressources locales et régionales, en réponse aux besoins nationaux.

Une décentralisation adéquate doit en effet neutraliser et mettre fin aux enclaves économiques et même culturelles héritées des plans nullement stratégiques au niveau de l’intégration productive nationale, mais ayant eu comme unique but, la conquête de l’espace et un conséquent contrôle social qui n’a aucun avantage, excepté le fait de favoriser l’émergence d’enclaves économiques disparates et inégales, aussi bien dans leur contenu, que dans leur finalité économique.

La mise en valeur des ressources, tant naturelles, humaines que financières et lorsqu’elle n’est pas renouvelables, doit être  stimulée par une croissance économique que les autorités locales, régionales, de tutelle et l’Etat Central, doivent en être les garants et les pourvoyeurs, à travers leur engagement solidaire et constitutif. Cette contribution directe, est complémentaire par essence. Elle est basée sur une distribution équitable et proportionnelle tant au niveau de la participation et  de l’apport  que sur celui des retombées et des récompenses y compris l’installation locale des vecteurs et des créneaux porteurs.

Cette croissance économique demeure d’ordre nationale, mais en fait, elle est d’origine régionale.

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Tanger Med

 

L’Intervention de l’Etat Marocain  pour une Croissance Economique d’ordre Social et Régional :

Les Principaux Indicateurs de la Croissance Economique au Maroc :

PIB : $ 98 B En Décembre 2013
Croissance du PIB: 3,0%
PIB / habitant: $ 3,000
Balance commerciale: – 8,7%
Population: 32,6 M
Dette publique en % du PIB: 71%
Chômage: 9,0%
Inflation: 1,2%

Ces chiffres sont révélateurs de l’existence de déséquilibre économique structurel et d’un malaise social dans l’entité marocaine. Pour corriger les effets de ce marasme, la réalisation d’une croissance économique authentique doit favoriser en premier, le renouvellements des structures nécessaires à sa traduction sociale et politique ; la formation des cadres et la qualification technologique de la main d’œuvre ; l’attrait et la réalisation des investissements d’infrastructure et la légalité des opérations adjacentes et conséquentes.

Comme première démarche, doit être adoptée et appliquée la notion du  respect des droits à la propriété privée, au niveau individuel et commercial, sans oublier  les contrats commerciaux et la gestion des entreprises.

L’éradication de la corruption et  des pratiques du favoritisme doit accompagner ces réformes structurelles profondes, capables de consolider et d’approfondir une authentique application, et un respect fondamental des droits démocratiques, y compris les droits de la femme, le droit a l’éducation, à un logement décent, à la santé, par une couverture sociale digne de la citoyenneté. Des droits qui doivent être accompagnés d’une politique de solidarité nationale et de mesures de nature sociale, répondant aux besoins de l’amélioration de la condition de vie des étudiants, de la main d’œuvre industrielle et agricole et des couches sociales démunies.

En d’autres termes, l’Etat Central , doit se réinvestir d’un rôle primordial dans l’instauration d’une discipline fiscale, légale et constitutionnelle, afin de réglementer et de régler la création et l’insertion, ainsi que le contrôle d’un ordre effectif et discipliné, entre les objectifs, les ressources et les priorités au niveau des dépenses budgétaires.

Ce rôle de l’Etat, doit aussi favoriser l’émancipation des réelles potentialités des régions afin de les dégager de leur assujettissement, au rôle folklorique : une industrie conjoncturelle et séduisante ayant pour principal but, celui  d’attirer les devises. Les devises doivent provenir de l’insertion directe de la région dans le tissu national industriel. De leur participation et de leur responsabilité directe dans l’énonciation. De la mise en place de leurs propres créneaux de développement.  De leurs propres canaux de communication et de connexion avec la demande internationale et ce, par l’établissement de pacte bilatéraux avec des régions des autres pays et en tout premier lieu, les pays limitrophes.

Le folklore doit avoir une place culturelle et doit jouer un rôle de liaison avec les besoins culturels d’émancipation nationale et de mémorisation de l’histoire réelle du Maroc et des pays limitrophes afin de souder une identité au delà des frontières administratives. Dans cette lignée, l’artisanat est le moteur de l’enrichissement du patrimoine folklorique et non l’inverse.

Présentant et considérant l’artisanat et le folklore comme une industrie, c’est déplacer la production industrielle au niveau de la sous-traitance comme c’est le cas, des industries dite de pointe au Maroc.

Cette mutation empiète sur le transfert de technologie qui  devrait être le moteur de stimulation de la croissance économique sectorielle et de l’innovation opérationnelle et productive, et ce, à travers l’introduction de nouvelles techniques et de produits dans le tissu industriel du Maroc.

En d’autres termes, La folklorisation d’une production constitue un frein a la réelle transformation des moyens de production et réduit les besoins pour toute autre amélioration des conditions de production et de formation technique du personnel employé. La main-d’œuvre du secteur, ainsi folklorisé, est mise dans une position d’attente pour des visées conjoncturelles de la division internationale du travail et la division global de la technologie productive.

Dans cette perspective, l’Artisanat Marocain ne renforce pas la personnalité marocaine en tant qu’une technologie pouvant s’imposer au niveau international comme  label de  créativité technique d’origine marocaine : « Fabriqué au Maroc ».

L’artisanat marocain reste une œuvre d’un temps historique, qui  avait conditionné, par le passé, le tissu productif marocain. Il avait  transformé la production artisanale, en produits de pointe. De ce fait, ces produits  étaient le reflet du génie marocain de l’époque. Préserver l’artisanat et le faire bénéficier d’une stimulation économique et financière, est un volet sectoriel de la stratégie nationale de développement économique.

L’artisanat est  partie prenante de la politique touristique et de la promotion de la consommation  tant au niveau du tourisme national,   qu’international.

A part ces considérations, le génie marocain doit évoluer avec le temps, l’espace et la compétitivité. Ces vecteurs sont de portée locale, régionale, limitrophe, périphérique et internationale. L’instauration et la maîtrise d’une technologie d’origine et de manifestation nationale, contribuant directement dans des réalisations et des performances technologiques marocaines,  doivent être l’objectif principal de toute politique industrielle, érigée suite à une intervention de l’Etat, dans la mise en valeur des ressources nationales.

C’est a travers une telle évolution, planifiée, coordonnée et contrôlée qu’on puisse permettre toute modification ou  correction nécessaire, dans le cours terme. La structure nationale doit négocier son insertion dans l’économie internationale et la nouvelle division technologique internationale du travail et de la consommation adjacente.

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Renault –  Tanger Med

Le Développement Régional et National au Maroc et le Rôle des Cabinets de Conseil Étrangers:

La coordination d’une stratégie nationale basée sur des objectifs nationaux mais de portée régionale, peut se dérouler et s’implanter sur une visée constructive répondant a des besoins fondamentaux tel que l’établissement d’une stratégie d’exportation de produits finis a haute valeur ajoutée. Cela comme substitution a l’exportation des matières premières non transformées. Il demeure urgent de quitter l’étiquette  de pays de  location des produits ayant une valeur basse. Ceci est synonyme d’un marché de travail accessible a des prix réduits, réduisant par la même occasion, la capacité d’exportation de produits nationaux porteurs. Ceci à aussi pour effet de détourner des ressources nationales pour des besoins de délocalisation d’un capital international. Ce dernier ne semble même pas respecter ses propres lois nationales et qui échappe a ses obligations nationales en émigrant vers des cieux plus cléments.

Le Maroc ne doit pas être le refuge des excès du capital international productif ou spéculatif. La substitution aux importations prônée durant les années soixante-dix, fut ainsi renversée dans son contenu, comme dans ses objectifs. Elle devient  une substitution des produits assemblés.

Dans ce changement, les exportations industrielles qui devaient honorer la qualité marocaine sur les marchés internationales, sont dorénavant concurrencés par les productions émanant des pays du Sud Est Asiatique, ceux qui avaient effectivement bénéficié en premier du transfert de technologie dorénavant défunt.

La création d’un équilibre structurel au niveau de la répartition des obligations de l’Etat Central, notamment en ce qui concerne la création des secteurs et des emplois technologiques, la transformation régionale et locale des ressources nationales, l’insertion internationale des capacités productives et leur ajustement technique, la consolidation et la transparence dans l’accès à des financements adaptés aux structures financières et managériales des entreprises et des produits ciblés, l’assainissement de la politique financière et la consolidation de la politique sociale, non en tant que solidarité nationale mais en tant que reconnaissance fondamentale des droits et de renforcement de l’Etat de Droit, l’application et la protection des droits de l’homme et de la femme et des cultures régionales.

Au niveau de la répartition des compétences dirigeantes de l’Etat, encourager la désignation des ministres de tutelle doit suivre un chemin cohésif, parallèle et similaire prônant la compétence sur la cooptation.

En parallèle, le Maroc  doit aussi se délaisser des habitudes de financement des sociétés étrangères de Consultants pour se faire un profil de sa propre réalité économique et de recevoir des recommandations qui ne sont en définitive que le résultat de superposition d’idées et de schémas génériques, valables pour tout autre pays et n’ayant aucune substance qui soit nationalement motivée ou  engageante dans la voie d’un développement nationale authentique.

Ces organisations de consultancy sont motivées par le gain et le profit qui reste le moteur de toutes leurs actions auprès d’une clientèle de leurs pays d’origine comme toutes celles qui les engagent pour des projets locaux. Cette localisation nationale de ces compagnies de consultancy leur octroi une connexion directe avec les besoins des grandes compagnies internationales et leurs sources de financement international. Prenant en considération ces déterminations du marché productif et financier international, ces compagnies de consultancy ne pourront jamais se soustraire de leur base commerciale et de clientèle identifiée à travers leur domiciliation nationale.

De ce fait, ces compagnies servent  les intérêts primordiaux de rentabilité de ces mêmes clients et de leurs gouvernements respectifs. Vu la relation énergétique existante entre les pouvoirs publics et les chefs d’entreprises financières dans les pays développés. Une certaine transparence doublée d’une ambivalence affairiste et soudée par une cohésion dans l’augmentation de la rentabilité des investissements s’instaure entre les tenants de la finance internationale, les pourvoyeurs de services, tels que les cabinets de conseil et les multiples sphères lobbyiste.

Dans cette suite de liaisons en amont et en aval aux réalisations des affaires lucratives de services, la cible principale demeure la défense de leurs intérêts propres en canalisant la stimulation et les effets des croissances économiques au niveau national et international a travers leur propre agenda de rentabilité. De même la collecte d’une intelligence des affaires et des données propres sur le fonctionnement d’une économie que ces Cabinets de Conseil entreprennent comme préalable à l’énonciation de leurs propositions, sont en fin de compte une mine d’or en pour leurs propres affaires.

L’accès privilégié aux ressources primaires, aux responsables et aux autorités régionales et nationales, voire au sein de l’Etat Central, accordé a ces Cabinets de Conseil pour l’élaboration d’analyses, leur permet de s’accaparer des données et des renseignements qui peuvent être utilisés au delà des besoins propres de la seule élaboration de propositions ou des solutions avancées par ces mêmes Cabinets de Conseil.

Finit le temps ou Pierre Loti dessinait des aquarelles et Charles Foucauld qui décrivit son périple dans «Reconnaissance au Maroc », publié en 1885. La masse considérable de renseignements ethnologiques collectés lui fera octroyer la médaille de la Société de Géographie de Paris. Ces analystes et consultants, avant l’heure, se camouflaient et de se déguisaient en Juif ou en Turc, habillé traditionnellement pour pouvoir parcourir le Maroc ou l’Afrique du Nord pour dresser des plans sur la topographie, les us et les coutumes, ainsi que la solidité des institutions tribales du fin fond Marocain. De notre temps, on les invite et on étale devant eux le tapis rouge tout en leur offrant le Maroc sur un plat d’or dénudé de toute réserve et protection de ses secrets comme de ses atouts stratégiques concernant les opérations économiques, financières et culturelles.

Malgré l’engagement d’une des plus en vue des Cabinets de Conseil aux Etats Unis par les autorités responsables, le Maroc fut récemment classé au rang de 78ème dans un total de 145 pays. Ce classement fut paradoxalement établi récemment par Forbes, le Magazine des Affaires aux Etats-Unis lors de la publication de son Best countries for business 2013.

En fait dans les années 1980, le Maroc était un pays lourdement endetté avant les mesures prises d’austérité et les réformes en faveur de la consolidation d’une économie du marché..Ces mesures traduisaient, encore une fois, l’impact des institutions étrangères sur le devenir économique du Maroc et ce, depuis le premier gouvernement de Abdellah ben Brahim.

En effet, ce programme de réforme fut crée et supervisé par le Fond Monétaire International.

Ayant épuisé les recommandations de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International sans pour autant réaliser un réel take-off économique, les responsables économiques marocains se tournent vers les cabinets privés de conseil.

Malgré tout cela, les structures demeurent archaïques et l’économie est sujette à des signes manifestes de stagnation.

Pour y remédier, le Maroc se tourna encore vers l’extérieur a la recherche des remèdes occidentaux. La cure fut donc identifiée dans la promotion des exportations. Le Maroc a conclu un accord bilatéral de libre-échange avec les États- Unis en 2006 et un accord de statut avancé avec l’Union européenne en 2008 et avec d’autres pays tel que la Turquie.

Dorénavant, le Maroc importe les Soap-Opéra traitant les commérages de la société Turque durant la période Kémaliste.

Ces virées fictionnelles ne guérirent aucunement les malaises de l’économie marocaine qui après tous ses ajustements sur l’extérieur, demeura dominée par l’agriculture, le tourisme, les phosphates, le textile, l’habillement, et la sous-traitance. La structure socio-économique marocaine continua de souffrir d’un chômage élevé, tout en étant rongée par la pauvreté et l’analphabétisme, notamment dans les zones rurales.

Les problèmes structuraux de la régression du Maroc restent entiers, puisque les raisons principales de tout sous-développement demeurent pour le Maroc: la lutte et l’éradication de la corruption, l’instauration d’une réelle réforme du système éducatif basée sur les besoins nationaux et régionaux, culturels et technologiques ; le renforcement de la transparence des pouvoirs législatifs et judiciaires, l’application d’une justice sociale, la lutte contre le favoritisme et le patronage politique, l’instauration d’une politique saine et cohérente pour le programme de subventions accordées. Entre 2011 et 2012, les prix élevés du carburant – qui est subventionné et presque entièrement importé – aggravèrent le déficit du budget national et creusa le déficit des comptes courants.

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Said El Mansour Cherkaoui

Le défi est colossal tant dans l’implantation des économies d’échelles que dans la stimulation involontaire des déséquilibres régionaux. Le Maroc doit faire face, à ces deux antipodes du développement économique par la création des pôles d’incitation et de stimulation des investissements sectoriels, notamment a travers l’abandon de la politique du suivisme, des soubresauts du marché international financier et celui qui considère le Maroc comme un maillon dans une chaîne de réactions régionales tressées dans le sens du renforcement régional de ses besoins propres.

C’est a travers une telle évolution planifiée, coordonnée et contrôlée, pour permettre toute modification ou toute correction nécessaire dans le cours terme, que la structure nationale marocaine doit négocier son insertion dans l’économie internationale et la nouvelle division technologique internationale du travail et de la consommation adjacente.

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