Grogne contre la RAM : les otages d’un vol

Royal-Air-Maroc

Par : Mouna ACHIRI

Ce qui devait être une pétition anti-abus signée par une poignée d’amis pour sensibiliser la RAM aux doléances des voyageurs nord-américains d’origine marocaine est devenu, en trois jours, une réclamation portant 10 000 signatures. C’est dire l’ampleur des dommages auprès des voyageurs et leur terrible déception quant aux services de la compagnie aérienne nationale.

Une vague de colère qui va crescendo à force d’augmentation des tarifs des billets, surtout pendant la haute saison, au grand dam des familles qui ne disposent que des vacances d’été pour voyager avec leurs enfants en âge de scolarité.  Un coup d’œil sur les tarifs annoncés par la RAM dévoile des prix hallucinants. Voyager au Maroc, pour une période allant du 28 juillet au 01 septembre par exemple, coûterait à un adulte la coquette somme de 2000$ . Si certains maghrébins se saignent à blanc pour se payer de tels montants, pour la plupart avec des enfants, d’autres renoncent au voyage ou, pour ceux qui n’ont pas encore d’enfants, attendent la fin des vacances pour pouvoir couvrir les frais du voyage.

Rogne encore pour les retards et annulations des vols, très rarement annoncées. De plus en plus fréquentes, les retards, les reports et les annulations sont légion et il n’est pas rare que les clients se déplacent, qui par taxi, assez dispendieux au Canada, qui déposé par un proche, et poireautent des heures interminables dans l’aéroport, sans garantie de voir le problème se résoudre le jour même.

Les voyageurs sont arrivés au point d’ignorer l’entretien, la courtoisie, la serviabilité du personnel qui font de plus en plus défaut à bord des avions marocains.

Ils demandent plus qu’une baisse du prix des billets ; ils demandent qu’on les traite avec égard afin de rendre leur long itinéraire moins cauchemardesque, plus humain, et ce en remédiant au problème des ajournements des vols qui surviennent en toute saison tout en les tenant informés de l’aboutissement des opérations et de l’évolution des problèmes. Rien n’est plus insoutenable pour un voyageur que de ne pouvoir s’enquérir de ce qui se passe après l’annonce d’un retard ou d’une annulation d’un vol. De retourner chez lui bredouille pour revenir le lendemain dans l’incertitude totale et sans garantie que sa journée sera meilleure, ou de trimbaler ses bagages dans les hôtels mis « gracieusement » à sa disposition par l’agence, de ne pas trouver de place disponible dans ces hôtels et d’être obligé de dormir à même les sièges de l’aéroport. Des cas arrivés en plein hiver aussi.

Ce n’est pas parce qu’elle jouit du monopole des lignes nord-américaines à destination du Maroc que la RAM doit jongler avec les tarifs des vols comme bon lui semble, sans égard au pouvoir d’achat des usagers qui ne peuvent pas tous se payer un tel luxe.

Un peu de concurrence favorisée par de nouvelles compagnies aériennes étrangères ne ferait que du bien aux citoyens  et même à la RAM. Il y aura moins de pression sur la seule compagnie sur le terrain, de meilleurs services à bord des avions. Les prix des vols se verraient réduits, les vols plus disponibles, moins de retards, concurrence oblige.

C’est dommage que les choses aient dégénéré au point que la RAM fasse l’objet de shows hilarants à travers le monde comme ce qui s’est passé en France avec le sketch désopilant d’un humoriste africain mais tristement criard de vérités qui font de notre compagnie la risée de ses pairs.

Les Marocains ont toujours été fiers de leur compagnie aérienne qui comptait, il n’y a pas si longtemps, parmi les meilleures au monde et auraient préféré lui rester fidèles au lieu de se diriger vers d’autres compagnies en optant pour un autre itinéraire. De nombreux voyageurs ont fini effectivement par perdre espoir et opter pour d’autres compagnies, comptant une escale, ou, pire, choisir Qatar Air Ways et se taper une

 

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