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Par: Ismaël Harakat

Parmi les multiples maux qui rongent notre administration figure la question du maintien de certains responsables à leur poste même après avoir largement dépassé l’âge de la retraite. Même si la connaissance des dossiers, la compétence et l’expérience peuvent expliquer l’inamovibilité de plusieurs hauts fonctionnaires, cet entêtement à maintenir des septuagénaires, voire octogénaires dans certains cas vide de toute substance la notion même du nouveau concept de l’autorité que l’Ère Nouvelle entendait ancrer dans les mœurs. Les « indéracinables », on en trouve partout. Des Forces armées royales à l’administration, en passant par les partis politiques, on a l’impression que certains postes relèvent de l’héritage dûment authentifié par un notaire.

Dans d’autres cas, même lorsque certains responsables ont toujours l’âge d’exercer leurs fonctions, le fait de les « oublier » après quinze ou vingt ans relève de l’anomalie ou carrément du mépris de l’opinion publique. Les exemples sont légion. On peut citer entre autres celui de Fayçal Laraichi, le Tout-Puissant patron de la SNRT qui présente un bilan des plus mitigés à la tête de l’audiovisuel marocain comme en témoigne le taux d’audience enregistré par son institution. Présent dans le paysage depuis 1999, il a certes restructuré la SNRT et amélioré les salaires et cachets, mais cette boite à problèmes est très loin de répondre aux attentes. D’ailleurs, la direction de l’Information ne semble pas relever de ses attributions puisque chaque bulletin nous inonde de bonnes nouvelles comme si on était chez le Grand Timonier nord-coréen dans les années 1980.

Les inamovibles de l’administration marocaine

A la tête d’Ittissalat al Maghrib, Abdseslam Ahizoune semble avoir signé un contrat à vie, fort de ses résultats. Le bilan à lui seul peut-il expliquer cet attachement viscéral? Et comme si ce n’était pas suffisant, on a ajouté aussi bien à Fayçal Laraichi qu’à Abdeslam Ahizoun deux puissantes fédérations sportives, celles du tennis et de l’athlétisme avec des résultats pour le moment inversement professionnels à ce qui était attendu.

Dans le registre des indéboulonnables, et jusqu’à un passé très récent, on pouvait aussi citer Driss Benhima, le patron de la RAM. On lui attribuait certes une compétence avérée et un rythme de travail difficile à suivre, mais tout haut fonctionnaire devrait avoir une date de péremption. Il aurait gagné d’ailleurs à faire de l’usage de l’arabe à bord de ses appareils un principe, ce qui était loin d’être le cas.

Autre « oublié » de l’administration Abdeladim el Hafi, nommé à la tête du Haut commissariat des eaux et forêts et à la lutte contre la désertification depuis une éternité. Un pays de 35 millions d’habitants serait-il à ce point incapable de trouver un cadre susceptible de remplacer M. El Hafi? Rien qu’au niveau de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, on peut trouver la perle rare.

L’actuel patron du HCEFLCD, tout comme Ahmed Hajji, l’ex directeur général de l’Agence du Sud figurent parmi ces responsables effacés, accommodants et absolument incapables de sortir des sentiers battus. Ils peuvent être bardés de diplômes, mais il ne faut pas trop compter sur eux pour casser la baraque.

Notre scène politique quant à elle regorge de « leaders » qui ont tissé au fil des années une relation presque filiale avec leur siège. On peut citer notamment le cas de Mohand Laenser, maître es dans l’art de manier la langue de bois et de s’adapter à toutes les situations. Le patron du Mouvement populaire – tout comme son collègue du PPS Nabil Benabdallah- est un participationniste né. Peu importe que le gouvernement soit de droite, de gauche, makhzénien ou islamiste, l’important est de participer. Pierre de Coubertin, le père des Jeux Olympiques modernes a pratiquement inventé sa formule à l’adresse de ces « leaders ». Et on peut partir du principe que Hamid Chabat, le patron de l’Istiqlal est là pour rester, au-delà de tout procès d’intention.

Concernant l’institution militaire qui bénéficie d’un prestige indiscutable auprès de l’opinion publique, l’âge de certains haut gradés suscite tout de même des interrogations. Difficile de contester la compétence de Housni Benslimane  et d’autres figures de proue des FAR, mais à un certain moment donné, il faut savoir passer la main. Le problème au Maroc, c’est que les haut responsables, indépendamment de leur fonction sont d’abord des commis de l’État et ne peuvent démissionner comme le commun des mortels. Par conséquent, les « usages » les empêchent de prendre toute forme d’initiative, laquelle ne peut provenir que de la plus haute autorité de l’État.

Le Maroc, qui avait mis en avant le principe du nouveau concept de l’autorité, se trouve en pleine contradiction avec le maintien obstiné de ses hauts fonctionnaires quinze ou vingt ans à la tête de certains départements. Le tout dans un contexte de nouvelle constitution où le chef du gouvernement a visiblement  bien du mal à exercer ses prérogatives.

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