Réseaux sociaux : les abus qui font mal !

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Par : Soraya Zikri

Il ne fait aucun doute que les médias sociaux, Facebook, twitter, YouTube et autres réseaux du net constituent une plate-forme de communication efficace et libre, d’échange d’informations, de connaissances et de savoir. Ces nouvelles technologies ont révolutionné le monde et les relations humaines. Elles ont changé notre mode de vie et bien d’autres domaines. Mais il faut également garder à l’esprit que, comme toute nouvelle technologie, ces moyens de communication, autant ils sont utiles et bénéfiques, autant ils comportent les germes de dérives et d’abus qui portent atteinte à la liberté d’expression et à la vie privée des gens. Et ce sont là les côtés sombres où la frontière entre le public et le privé devient mince, voire invisible.

 Une simple visite virtuelle à travers les médias sociaux vous donne une idée sur ces internautes, sans scrupules, qui usent et abusent de ces supports médiatiques pour s’attaquer aux gens ou pour des règlements de comptes bas et sordides. C’est ainsi que parfois, et on pourrait même dire trop souvent, on se retrouve exposés à des vidéos sur YouTube où des gens, derrière leur écran d’ordinateur, dans la quiétude de leur foyer, s’attaquent violemment et nommément à des personnalités publiques de tous bords, ou à de simples citoyens, en les vitupérant et en les menaçant par des propos malsains. Une attitude injustifiable qui dépasse l’entendement. Des situations absurdes qui peuvent en amuser certains, mais elles génèrent aussi leur lot de malaise, de gêne, d’agacement aussi bien chez le destinataire que chez l’internaute devenu, malgré lui, spectateur de telles obscénités.

Des informations ou plutôt des allégations, des fausses données sur telle ou telle personne se retrouvent ainsi librement et délibérément publiées ou diffusées sur l’espace public, au vu et au su de tout le monde. Des propos déconcertants dont les conséquences sont dévastatrices pour les personnes ciblées, victimes de l’ignorance et de comportements insensés. L’on voit défiler des vidéos où des personnes sans scrupules fustigent des innocents, sans remord, avec des écarts dans les propos qui vont jusqu’à la diffamation, l’injure et l’atteinte à l’honneur de la personne. Un langage malveillant qui peut mener jusqu’à la poursuite judiciaire.

La communication, supposée être interpersonnelle devient alors un message à sens unique et indirect, car il est plus facile de s’attaquer aux gens à travers son écran que de les affronter dans un contexte naturel. L’autocensure cède la place à des propos inqualifiables qui expriment des idées saugrenues, loin de toute diplomatie, de toute bienveillance et de tout discernement. On est loin de la communication qui mène à la discussion dans le calme, à l’ouverture d’esprit et à la tolérance qui ouvrent la voie à une interaction positive, exempte de tout jugement.

Il est déplorable de constater de telles attitudes sur les réseaux sociaux. Des écarts de langage qui vont de la simple plaisanterie de mauvais goût jusqu’à l’intimidation, la diffamation, l’injure, l’atteinte à la vie privée, voire le recours aux menaces. Rien ne justifie de tels agissements qui outrepassent les limites du tolérable.

Lorsque la sécurité d’une personne est menacée, les autorités compétentes doivent agir et il devient impératif pour tous les usagers de dénoncer ces comportements, en avisant les gestionnaires des sites utilisés et les autorités policières compétentes, afin que des actions soient entreprises. Chaque personne qui a recours aux médias sociaux est responsable de ce qu’elle écrit ou ce qu’elle diffuse, et doit assumer ses gestes et paroles devant la justice, en cas d’abus.

La loi doit assurer l’équilibre entre la protection des droits des personnes et la garantie de la liberté d’échange et d’expression.

Les réseaux sociaux sont désormais des incontournables dans la vie quotidienne des gens, dans l’établissement et le maintien de relations sociales saines et fructueuses. Cette intégration massive appelle à un ajustement des pratiques de communication, afin que ces outils continuent d’avoir une valeur ajoutée pour leurs utilisateurs. Le respect de soi et de son prochain, et des valeurs respectives, ainsi que la tolérance demeurent des facteurs clés pour une communication interpersonnelle saine.


Que dit la loi ?

Publier une information sur internet via un réseau social, en théorie privé, devient du domaine public, et tous commentaires malveillants peuvent avoir un impact sur la personne ciblée. Il peut s’agir d’atteinte à l’honneur, de diffamation ou encore de calomnie.

Diffamation et Calomnie

 Au Maroc

Dans la section V du code pénal marocain, les atteintes portées à l’honneur et à la considération des personnes et de la violation des secrets sont définies ainsi :
Article 44
Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération des personnes ou du corps auquel le fait est imputé, est une diffamation.
Article 443
Toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait, est une injure.
Article 444
Toute diffamation ou injure publique est réprimée conformément au dahir n° 1-58-378 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) formant code de la presse [151].

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