Le Deauville Marocain perd son charme..

Et dire qu’on veut préserver le patrimoine Jdidi en constituant un comité !

Écrit par : Hadj Abdelmajid Nejdi et Elmostafa Lekhiar

El Jadida a été, jadis, la perle du littoral atlantique marocain. Elle s’est, malheureusement, métamorphosée en gourbi, à cause de l’inaction du pouvoir local, tel est le triste constat établi par la majorité de la population Jdidie.

Un centre-ville défiguré, des routes pratiquement défoncée, des avenues entièrement occupées par les Ferrachas. La ville est à l’abandon. Elle se dégrade de plus en plus, le cadre de vie devient au fur et à mesure insupportable. Le centre- ville, les monuments historiques, les cimetières et plusieurs quartiers de la ville sont délaissés. Des parkings sauvages gardés par des énergumènes armés de bâtons, sont entre autres, les maux qui pénalisent cette ville.

El Jadida sera-t-elle toujours la Sirène de l’Atlantique ? le Deauville Marocain? Ce qui nous amène à poser la question suivante : Quelle ville d’El Jadida souhaitons-nous pour demain ? Quelle El Jadida allons-nous léguer aux générations futures ?

Insalubrité, insécurité, incivisme, embouteillage, chômage, drogue… sont autant de maux qui ont défiguré la charmante et paisible ville connue pour ses emblématiques araucarias, son historique cité portugaise, son majestueux théâtre Mohammed Saïd Afifi…

Si l’insalubrité gagne du terrain dans la ville d’El Jadida, à cause de l’incivisme et du laisser-aller des services communaux, la circulation routière est devenue quasiment impossible dans cette ville avec les camions semi-remorques, engins de travaux publics et autres poids lourds paralysant durant leurs traversées le centre-ville, surtout près du théâtre Mohammed Saïd Afifi.

Devant le nombre important de véhicules légers et lourds, la ville se trouve asphyxiée le matin comme le soir par la densité de l’embouteillage. Les agents de la circulation, qui sillonnent la ville pour tenter de dénouer les points noirs, semblent dépassés par le grand nombre de véhicules qui emprunte en même temps le chemin du centre-ville mal conçu. Devant cet état de fait, la paisible ville d’El Jadida est devenue stressante, polluante et désagréable pour ces citoyens habitués à respirer l’air pur.

Activité anarchique et siba

Ce qui a encore détérioré le cadre de vie de la population, c’est l’activité des marchands ambulants (Ferrachas) qui prend de plus en plus d’ampleur. Cette activité anarchique, qui doit être organisée pour atténuer ses débordements sur le domaine public au détriment de la fluidité de circulation, prend de plus en plus des proportions phénoménales.

Ces marchands ambulants, qui sont souvent, pour une bonne partie d’entre eux, plutôt des campagnards, imposent leurs diktats. Et l’on pense qu’il serait plus approprié de parler d’activités économiques informelles. En plus de l’aspect de concurrence déloyale pour le secteur formel, il y a l’occupation du domaine public, trottoirs et chaussées, ce qui entrave la circulation piétonne et automobile. Il est vrai que c’est loin d’être leur spécialité propre puisque la cohorte de cafés, ateliers, commerces formels patentés prospèrent en rognant chaque jour davantage le domaine publique. Les autorités locales sont tenues pour responsables en partie du statu quo étant habilitées à gérer le commerce dans la proximité: on a laissé depuis très longtemps les choses empirer, en développement spontané, sans trouver de solutions pour organiser une activité longtemps et jusqu’à maintenant tenue pour illégale alors qu’elle a tendance à prendre le dessus quantitativement sur l’activité économique légale.

Et non seulement ce phénomène revient aujourd’hui au galop, mais il se développe de manière à mordre sur les trottoirs et les chaussées dans les principales artères de la ville et certaines rues étroites. À cet égard, des artères, des places et le centre-ville présentent non seulement des difficultés aux automobilistes pour circuler, mais également aux passants. Ces derniers sont obligés de slalomer souvent entre les étals des marchandises, des tables et des chaises proposées sur le trottoir à la curiosité de potentiels clients. Gare à celui qui piétinerait sur un quelconque objet étalé à même la chaussée. Celui-ci sera exposé à toutes sortes d injures. La situation est on ne peut plus grave malgré les protestations des commerçants. Et comme si cette occupation irresponsable de la chaussée ne suffisait pas, les cafetiers ont cru bon de s’installer le long des trottoirs tant à l’intérieur des quartiers de la ville que sur les grands axes et boulevards. Quoi qu’il en soit, ce commerce informel et cette occupation illégale des trottoirs ont favorisé la prolifération de toutes sortes de comportements indécents.

En plus, l’état des chaussées de la majorité de la ville ressemble à un champ de patate. Les travaux du réseau d’assainissement ont laissé des séquelles. Car les tranchées creusées ont été recouvertes hâtivement par une légère couche de bitume laquelle se décape dans les brefs délais. Que de maux  sont à déplorer dans cette ville devenue sans âme.

Les nouvelles fontaines d’El Jadida en panne

Chaque soir, des parents emmenaient  leurs enfants à la place Mohammed V, près du théâtre Mohammed Saïd Afifi. Ces petits se réjouissaient de voir la fontaine- Ils passaient un temps magnifique… de quoi leur donner envie de tremper les pieds dans l’eau. Sauf que depuis presqu’un an, ce n’est plus possible: les jets d’eau, très appréciés des enfants, sont à l’arrêt. Plus une goutte n’en sort, à cause d’un laisser-aller criard et de l’indifférence des gérants de la ville.

Il semble qu’il ya eu un cas de panne au niveau du mécanisme d’allumage de la fontaine. Hélas, les Jdidis croyaient qu’on devrait attendre quelques jours, étant donné que des pièces sont en commande, pour pouvoir remettre le mécanisme en route. Mais ils ne savent pas que le mécanisme des nouvelles fontaines d’El Jadida ne sont que de simples gadgets. Quant aux petits, ils ne comprennent pas pourquoi la fontaine ne contient plus d’eau  et n’a plus de jets d’eau. Car ils ne comprennent pas qu’en matière de la gestion de la chose publique à El Jadida, on ne s’étonne plus de rien, surtout au niveau des lieux de divertissement. Que ce soit au niveau de la fontaine, au niveau du mobilier urbain, des parcs et jardins. En tout cas, bon nombre d’habitants se lamentent sur le sort de la fontaine de l’angle avenue Mohammed VI  et avenue Ennakhil ainsi que sur celle de la place Mohammed V en face du théâtre Mohammed Saïd Afifi. L’ensemble des Jdidis regrettent le fait de voir tout disparaître de leur ville ainsi.

Messieurs les gérants de la ville, une cure de jouvence de ces fontaines doit être entreprise dans les brefs délais. Car il est dommage que ces points d’eau soient également laissés à l’abandon petit à petit. S’agit-il d’une stratégie d’économie des ressources naturelles ? En tout cas, ces fontaines peuvent fonctionner au solaire. Les mêmes éléments du mécanisme d’allumage sont présents. Ce n’est pas l’électricité qui fait fonctionner le mécanisme, mais l’énergie solaire. Il n’y a aucun raccordement électrique, mais un panneau photovoltaïque qui va capter les rayons du soleil et les transformer en électricité. Ce panneau solaire est relié à la fontaine par un câble qui alimente une batterie. À moins que vous n’ayez pas le sens du respect des sujets de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste !

Vide culturel et artistique

L’activité culturelle dans cette ville, jadis réputée par ses groupes de théâtre, ses cinéphiles et ses différents groupes musicaux est quasiment absente aujourd’hui. La fameuse salle du théâtre Mohammed Saïd Afifi est dans un état attristant. Car elle est devenue une simple pissotière. Depuis sa restauration, ce bijou construit durant l’ère coloniale est fermé. Basta ! Pourtant, Sa Majesté le Roi Mohammed VI accorde un intérêt particulier à la culture et à la qualité de la vie de « toute » la population. Il nous le rappelle souvent dans ses discours adressés à la Nation et à chaque fois qu’il lance un projet nouveau.

À El Jadida, le chômage prend des proportions alarmantes. Certains jeunes tentent d’occuper les trottoirs et les places publiques pour vendre des articles vestimentaires et autres produits, d’autres préfèrent s’adosser aux murs tout en risquant de verser dans des affaires de mœurs. La vente des stupéfiants dans cette ville bat son plein.

Arrêtez vos mascarades

C´est avec ces mots qu´on peut décrire une cité qui fut jadis un comptoir commercial de renommée mondiale. Les autorités locales et élus qui se sont succédé n´ont pas réellement compris les véritables attentes d´une ville comme El Jadida. Techniquement, ce n´est pas une ville qui a besoin de grands projets, mais juste de quoi maintenir ce qu´elle a comme prestiges déjà. Riche sur le plan de sites historiques, El Jadida aurait pu garder sa beauté et son titre de Deauville Marocain en conservant cette richesse. Les décideurs croient toujours bien faire et aujourd´hui, El Jadida est une ville encombrée, abandonnée et insupportable. Allez voir l’immeuble Cohen, la perception El Hansali, l’ancienne municipalité, le marché européen…

Des projets sont certes en cours, cependant, personne ne prend la peine de préserver l´identité de ce que fut jadis la Sirène de l’Atlantique, la ville qui a vu naître des savants et écrivains de renommée mondiale pour ne citer que ça. Hélas! La ville se dégrade au vu et au su de tous. Les quelques personnes conscientes encore de la nécessité de sauvegarder cette ville loin des mauvaises langues n´ont plus les moyens d´agir, sinon très peu, ne pouvant aller plus loin qu´une dénonciation. Et dire qu’on veut préserver le patrimoine Jdidi en constituant un comité ! Notre œil ! Arrêtez vos mascarades et arrêtez de pousser sadiquement El Jadida vers l’autel des sacrifices.

En attendant des lendemains meilleurs, la jeunesse continue de «noyer son chagrin» dans la drogue et de « sombrer dans tcharmil », à la faveur d’un trafic qui, avec la criminalité, est le seul à «prospérer» dans cette ville qui a pourtant donné naissance à des sommités en matière d’art et de culture, à l’image du romancier et sociologue Abdelkébir Khatibi, de l’écrivain marocain francophone, Driss Chraïbi, du cinéaste Latif Lahlou, de l’Othello Marocain, Mohammed Saïd Afifi, pour ne pas parler des autres talents, à l’instar de l’artiste-peintre Hadj Bouchaïb Falaki et du poète Saïd Tachfini.

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