Quels droits pour le consommateur marocain ?

djellaba

Par : Mouna Achiri-espacemre-

L’acheteur, toutes marchandises confondues, a depuis belle lurette été reconnu comme maillon vital de la chaîne de consommation. Quelle place occupe-t-il au Maroc ? Jouit-il de ses droits ? Ses intérêts sont-ils défendus ? Si le retour des marchandises par exemple ou leur échange, parfois même sans la preuve d’achat, est une évidence dans les pays développés et matière très négociable, si la politique d’exactitude des prix compense les erreurs de caisse au profit du consommateur, la situation diffère d’un pays à l’autre. Au Maroc il n’est pas rare de tomber sur des doléances dénonçant les failles dans le système  marocain ou encore l’inefficacité des associations de protection des consommateurs. Dans quelle mesure ces derniers, qui s’activent autour des intérêts des consommateurs, sont-ils efficaces ? Comme toute question suppose une réponse, un petit test s’imposait et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même alors autant servir de cobaye et faire d’une pierre deux coups.

L’histoire commence par les caprices d’une couturière dont les chefs-d’œuvre se rétrécissaient à fur de sa notoriété et à mesure du volume de ses contacts. Devenue inabordable par la force des choses et la grosseur de sa bourse, elle accumulait les bourdes convaincue que les feux de sa rampe seraient éternels. Trois tenues ratées ne sont pas venues à bout de son arrogance et sa réponse prévisible s’est avérée utile pour aller voir ailleurs si elle y était…

Recours utile

Comme il fallait prendre le taureau par les cornes, l’idée de mettre à contribution l’association des consommateurs est venue spontanément. Le contact établi rapidement, le président de l’une des associations se déplace, accompagné de la victime de la couturière despote afin de trouver un arrangement à l’amiable, avant de passer, en cas d’échec de cette première tentative, à l’intervention de « l’Amine » professionnel, puis entamer une procédure judiciaire si cette seconde étape échoue également. Mais la requête n’alla pas aussi loin. La coupable ne résista pas longtemps et remboursa sa victime rubis sur ongle, non sans grommeler contre l’ingratitude de la victime ayant renié les longues années de dévouement professionnel envers toute sa famille…enfin, à part la mauvaise humeur de la couturière et le souci de se trouver un nouveau fournisseur, la victime n’en revenait pas de la facilité déconcertante qu’a connu sa plainte et fût même félicitée par les membres de l’association pour avoir eu le courage de dénoncer l’abus dont elle était, sa famille et elle, victime durant de longues années. Car, comme le lui a expliqué le président de l’association, les Marocains, de nature pacifiques, se laissent généralement abuser sans réagir, convaincus qu’il n’y a pas de loi dans ce  pays capable de protéger de si petits délits et que l’engagement de telles associations n’est que de la prose, et que si chacun tait son injustice, les fournisseurs  véreux continueront de faire des victimes.

Morale : on ne peut juger un service si on ne le teste pas. Au Maroc, la justice, comme l’injustice, existe ; il suffit de demander…

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