Quand les présidents des communes sont intouchables…

Malgré toutes ces réformes entreprises depuis quelques années pour améliorer la gestion dans les communes, on constate que la province d’El Jadida est sujette à une dégradation de la qualité de son environnement dans son sens le plus large, à cause de la mauvaise gestion administrative et financière, qui laisse à désirer.

De mémoire  de vivant, jamais El Jadida n’a connu une telle dégradation de son environnement. L’anarchie règne partout sans aucun respect des lois, sans parler des ordures qui jonchent les rues en l’absence totale du contrôle de la Commune sur la société ARMA quasi-absente, ni de sa belle plage aujourd’hui dans un état avancé de délabrement. Et la raison de cet état catastrophique des lieux, invoquée par les responsables communaux, ne serait due qu’au manque de moyens financiers et à son endettement causé par certains élus, aujourd’hui sous les verrous.

Est-il censé de concevoir qu’une telle gestion des deniers publics passe inaperçue et file toujours entre les mailles des inspections ?

Ces « intouchables » qui gèrent la chose publique seraient-ils protégés par une main invisible ?

Certains journaux rapportent de temps à autre, selon des sources proches des commissions d’inspection, des affaires relatives à des suspicions de détournement de dizaines de milliers de dirhams dans les budgets de carburants et les salaires des agents occasionnels dans certaines communes.

Il est vrai que certaines enquêtes ont révélé que le recours aux bons de commande constitue le meilleur moyen de dilapider les deniers publics, sans être démasqué. Les conseils des élus et les administrations publiques, qui sont dans le collimateur des inspections, les utilisent pour dissimuler des dysfonctionnements qui pourraient révéler des détournements des deniers publics.

Les présidents des communes, quant à eux, dénoncent la multiplication des contrôles (???). Les doléances des élus étaient d’ailleurs au centre de la rencontre organisée, il y a quelques mois, à El Jadida par l’Association Marocaine des Présidents des Conseils Communaux (AMPCC), dont le président, M. Mohamed Boudra, a estimé qu’ils « sont soumis à de multiples contrôles, notamment de la part du ministère de l’intérieur, du ministère des finances, de la Cour des comptes et dans certains cas des tribunaux, et qu’ils subissent aussi la pression des médias ». Et d’ajouter que « le président de la commune ne touche même pas le SMIG dans certains cas ».

Ces pauvres élus se sacrifieraient donc pour le bien-être des citoyens et pour le développement de la ville et dépenseraient des fortunes lors des élections pour pouvoir toucher, comme le commun des citoyens, un SMIG. Sauf que ce SMIG « exceptionnel » leur permet de rouler dans les plus belles voitures et d’acquérir les meilleures villas. Comme le relate une anecdote bien marocaine « wa goul baz ».

Khadija Choukaili

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