Par: Driss TAHI    tahi12

Autrefois, la belle reliure et l’image de couverture d’un livre, pouvaient exercer sur l’enfant un tel attrait, et une fascination, au point d’exciter sa curiosité, et le pousser à chercher à en explorer le contenu.

Pour les enfants de parents pauvres  et qui ne pouvaient jouir du plaisir de se faire accompagner dans un lieu aussi distingué, où l’œil vigilant et l’attitude repoussante et décourageante affichée par le libraire , les faisaient se contenter de caresser le livre de leur choix d’un regard plein d’envie et accompagné de longs soupirs ,le cœur battant , le nez collé contre la vitrine et l’air rêveur, comme dans un profond recueillement ,un moyen pour calmer, un tant soit peu, leur ferveur ,dans l’attente de pouvoir un jour s’en offrir un peut être , ou l’emprunter .  tahha2

pour les plus chanceux, ceux accompagnés de personnes adultes  , le fait pour eux d’approcher un livre dans une librairie ,le toucher, le feuilleter , contempler les illustrations qui ornaient les bordures de certaines de ses pages ,  et sentir l’odeur «magique » et enivrante qui émanait de son papier,  et celle de l’encre qui s’en dégageait , suffisait à les transporter dans un monde de rêves, et à les plonger dans un bonheur et une joie intenses et inégalables.

Sa lecture leur donnait des ailes, et de facto, le statut de privilégiés, leur procurant aussi le droit pendant la recréation de se faire entendre et d’attirer l’attention des autres camarades, l’air stupéfait et envieux.

En classe, sur un même banc d’école se serraient trois, quatre ou cinq élèves. Un livre propriété de l’Etat par pupitre, les deux veinards placés au centre suivaient la déclamation de la maitresse tour à tour avec leur doigt, la tête penchée et la face effleurant la page, les épaules bien en avant, tel deux cyclistes en pleine course. Les autres de part et d’autre donnaient des coups de coudes, poussaient et s’étiraient pour essayer de suivre un chouia, mais en vain, en marmonnant des jurons dans les deux langues.

A la fin du cour, les livres retrouvaient tout bonnement leur place au chaud comme des pièces rares dans un placard fermé à clé, jusqu’à nouvel ordre.

Plus tard il m’était devenu difficile de passer devant une librairie sans y entrer, pour en repartir quelques instants après, avec au moins un livre sous le bras.

Une sorte de revanche que je prends aujourd’hui sur le passé, et que je savoure à chaque fois avec une grande joie et un plaisir …enfantins.

« Tout livre en vitrine excite mon appétit », Frédéric Mitterrand

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