Quand la mendicité devient une profession… qui rend riche

Qui de nous, au coin d’une rue, ou devant un feu de signalisation n’a pas été abordé, et même choqué par une femme trainant un enfant en bas âge et faisant la manche ?

 Ces « nouveaux mendiants » envahissent les boulevards de la ville en racontant, à qui veut les entendre, qu’ils n’ont pas de quoi faire vivre leurs enfants.

Ils sont partout et demandent, sans vergogne de l’argent et refusent catégoriquement les propositions de travail qui leur sont parfois offertes.

Nul ne peut contester que la crise économique, le taux élevé de chômage et l’exode rural sont autant de facteurs qui poussent certains à se tourner vers la mendicité pour survivre et subvenir aux besoins vitaux de leurs familles.

Pour d’autres, tels que les syriens ou les subsahariens, ce sont les conditions de guerre et les problèmes politico-économiques de leurs pays qui les poussent à s’exiler dans d’autres pays où ils peuvent vivre ou survivre en tentant de s’assurer un minimum de subsistance.

Le problème de mendicité est un phénomène mondial que connaissent même les pays riches et développés. C’est ainsi, et à des degrés différents selon les villes où ces personnes ont élu domicile, et que le destin les a contraint à mendier, qu’on constate leur présence tous les jours que le bon Dieu fait.

Certes, ils vivent dans des conditions visiblement lamentables, contraints de faire la manche à longueur de journée. Cependant, si certains sont là à braver les dangers de la circulation pour une menue monnaie, d’autres sont de réels richards et se cachent derrière cette image de pauvres gens paumés, en tentant d’émouvoir les âmes sensibles pour leur soutirer une aumône.

A El Jadida, comme dans d’autres villes du Royaume, ils sont postés aux feux rouges avec femmes et enfants, dans le vacarme et la pollution du trafic routier. Slalomant  entre les voitures avec leur carton « Familles syriennes », ou s’exprimant dans un français mal appris ou par quelques mots de darija pour les subsahariens.

 On les voit mendier jusqu’à la tombée de la nuit, avant de quitter les lieux, satisfaits du pécule qu’ils ont ramassé durant la journée et qui se compte en plusieurs centaines de dirhams.

Que de « faux mendiants » ont été arrêtés en possession de sommes d’argents colossales, et même de biens immobiliers, qui se permettent d’inscrire leurs enfants dans des écoles privées dont le coût n’est pas à la portée de tous.

Le derniers exemple datant de quelques jours concerne une quarantenaire arrêtée à Agadir, après sa journée de mendicité, à bord d’une 4×4 de marque Audi.

La mise en cause a fait l’objet d’une enquête et a été suivie et arrêtée à la fin de la journée pour délit de mendicité.

A la fin de chaque journée, elle rejoignait le lieu où elle laissait sa belle voiture en stationnement, puis elle retirait sa « tenue » de travail, en l’occurrence une djellaba bon marché, sous laquelle elle portait une tenue vestimentaire moderne et élégante.

Il faut dire que ce n’est nullement une image honorable qu’on donne aux visiteurs de notre belle ville et plus généralement de notre beau pays. Tous ces mendiants ternissent la réputation déjà altérée par d’autres phénomènes, tels que le manque de propreté, l’infrastructure délabrée que les réseaux sociaux mettent en exergue, et amplifient parfois à juste titre.

Il ne suffit pas de lancer des campagnes ponctuelles de lutte contre ce phénomène de mendicité qui a pris de l’ampleur, mais veiller à l’application rigoureuse des lois.

Khadija Choukaili

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One Thought to “Quand la mendicité devient une profession… qui rend riche”

  1. Loura

    Notre plus beau pays de la planète est devenu un laboratoire d’arnaque.
    Les fonctionnaires sont mal payés et les travailleurs journaliers vivent en dessous du seuil de pauvreté.
    Les ministres, les gouverneurs, les Walis, les maires, etc… tous veulent envoyer leurs enfants faire leurs études à l’université de Harvard ou Yale. Comment cela est-il devenu possible? Devinez d’où vient l’argent.
    De temps en temps, on envoie quelques escrocs en prison pour montrer aux incrédules que la justice fonctionne.
    Pourquoi en vouloir aux mendiants quand quelques uns parmi eux veulent aussi envoyer leurs enfants étudier aux USA ou au Canada?

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