Principes: Regards sur le passé et le présent. 1/2

regard

Par: Mohammed LEKHZARI (eljadidascoop)

Ouvrons le Coran. Nous lisons dans le chapitre « Les Factions »(Al Ahzab), verset 4: Dieu n’a pas placé deux cœurs dans la poitrine de l’homme»(traduction D. Masson). Que l’on nous permette ici de citer un passage emprunté aux Évangiles, passage qui suggère une idée semblable à celle qui se dégage du passage coranique :« Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la richesse. »(Mathieu 6-24 ; Luc16-13)

Il va de soi que l’on ne va pas se livrer dans les lignes qui suivent à un périlleux exercice d’herméneutique. Nous invitons le lecteur intéressé à se reporter aux nombreuses analyses signées par des professionnels en la matière. Nous voudrions nous focaliser ici sur les idées générales que ces textes nous inspirent. A première vue, ces passages semblent signifier que l’on ne peut à la fois faire siens des principes et vivre d’une manière qui leur est contraire. Quelqu’un qui se dit fidèle à une dogmatique donnée, à une idéologie particulière, ne peut avoir la même vision des choses que son voisin dont les références sont nourries par des sources différentes, voire diamétralement opposées. Plus prosaïquement dit,  on ne peut  à la fois être de gauche et de droite, conservateur et progressiste d’un point de vue propre à la terminologie des démocraties de type occidental.

Mais si on ne peut être à la fois au four et au moulin, ou si vous voulez courir plusieurs lièvres à la fois, par contre je me dois de respecter le point de vue de l’autre quand il est différent du mien, surtout s’il est différent du mien. Nos opinions et nos convictions sont le fruit de notre histoire, personnelle et environnementale, des influences subies souvent malgré nous au cours de la vie. On est ce que le hasard de notre naissance a fait de nous. Personne n’a choisi le prénom qu’il porte, ni le pays où il est né, ni la langue maternelle qu’il parle comme il respire, encore moins les convictions de la société qui l’a vu grandir. Certains prétendent que tout être humain, arrivé à l’âge de la maturité, doit se remettre en question pour se donner une nouvelle identité qui collerait davantage à son expérience de la vie. Ce serai oublier, ou feindre d’oublier, que les influences subies au cours de notre passé, récent ou lointain, sont indélébiles, que ce serait folle infatuation que de vouloir changer quoi que ce soit à notre nature, laquelle se fait et se construit chaque jour en silence sans demander notre avis. Certes, on peut apporter quelques correctifs par-ci, par-là à notre personnalité, pour tenter de nous adapter à un milieu différent, à des situations inédites, ou pour une infinité d’autres raisons, mais ces correctifs restent superficiels et n’atteignent jamais le fond et le tuf de notre être. Certes, l’homme peut traverser des expériences exceptionnelles, susceptibles de le bouleverser et de le pousser vers d’autres chemins pour lesquels il n’a pas été préparé. Mais ce sont là des cas rares sur lesquels on ne peut pas structurer un raisonnement prégnant.

Partant de ces remarques, que demanderait-on à l’homme d’adopter comme principes, pour vivre en harmonie avec ses semblables ? Quelques règles simples à observer

-S’il veut être respecté et honoré, il doit respecter et honorer ceux qui sont différents de lui. Si vous disposez de la force et que vous voulez me contraindre à être comme vous, alors vous ouvrez les vannes à l’hypocrisie, la haine s’installe dans les cœurs et, au moindre signe de faiblesse, des bouleversements dramatiques peuvent éclater.

-Pour respecter et honorer autrui, il convient également d’éviter à tout prix de croire que vous êtes le dépositaire de la vérité. Non, le dernier mot ne vous revient pas, la vérité appartient à tout le monde. Dieu, dans Son immense Miséricorde, n’en a pas privé des peuples pour la donner en exclusivité à d’autres. Fréquente, malheureusement, est l’erreur consistant à s’imaginer que l’on est dans le vrai et que les autres sont des primitifs, des sous-hommes taillables et corvéables à merci. C’est même là une aberration qui constitue la trame de l’histoire ancienne et récente des sociétés humaines.

 

 

 

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