Point de vue d’Ahmed Benhima…

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Si ce que les réseaux sociaux et les médias divers rapportent est vrai et si ce que les politiciens, opposition et majorité confondues, déclarent ces jours-ci n’est pas seulement une manœuvre électorale, dirigée contre le PJD et son SG, chef du gouvernement ; alors, les vrais bénéficiaires de tous les biens disponibles dans le pays, abondants ou rares, sont les parlementaires et les « Serviteurs de l’Etat ».
Les premiers, dont un grand nombre battent des records d’absences, signes de désintérêt et de dédain pour les électeurs, auront, toujours selon ces sources, en fin de mandat, une grosse prime assortie d’une pension régulière très élevée. Pour des volontaires à la représentation des citoyens, pour des « Serviteurs du peuple », ces avantages exceptionnels constituent un abus excessif et insupportable.
Les seconds auraient déjà acquis, selon le site arabophone « lakom », d’immenses lots de terrains (entre 1998 et 2007), à des prix symboliques, c’est-à-dire pour une bouchée de pain arrachée de la bouche des misérables et des affamés. Le site telquel.ma du 26 juillet a publié une longue liste des « serviteurs » de l’Etat et elle ne serait pas exhaustive. Parmi eux, des « politiciens » et des « militants » insoupçonnés, des hommes d’affaires et même des étrangers. De véritables prédateurs !
Signalons, au passage, que si on sait ce que couvre la notion de « parlementaire », on ignore tout de celle de « Serviteur de l’Etat ». On ne sait pas à quel statut juridique elle correspond ni à quel devoir elle astreint pour être si importante et si gratifiante.
Quant au peuple, il n’aura que ce qui lui reste : les miettes, les illusions et des promesses vagues d’un avenir radieux mais toujours lointain et toujours inaccessible.
Et monsieur BENKIRANE ?
Il a eu le mérite d’ouvrir des dossiers à grands risques tels, la corruption, l’économie de rente, le régime des retraites, les fonctionnaires fantômes, la caisse de compensation mais souvent sans aboutir. Par contre, il a mal géré les scandales qui ont éclaté, notamment dans la santé, dans l’enseignement et l’environnement. Ni lui, ni les ministres de son parti n’ont bénéficié d’aucune rente ni n’ont été impliqués dans aucune corruption. Mais son équipe n’a jamais été homogène ni harmonieuse ni même suffisamment efficace. Son silence sur l’ensemble des accusations et particulièrement sur l’affaire honteuse et scandaleuse des terrains, à l’approche des élections législatives, ne joue pas en sa faveur et même, suscite les doutes sur son rôle et autorise les soupçons et les critiques.
Actuellement, l’incivisme, l’opportunisme et l’égoïsme minent notre corps social, compromettent notre sécurité et notre avenir. Nous avons, de toute urgence, besoin d’un gouvernement fort, capable de stopper le gaspillage, le vol et le détournement. Nous avons besoin d’hommes intègres et déterminés pour mettre fin à l’humiliation et à l’injustice qui font mal, qui irritent et qui désespèrent. Monsieur BENKIRANE, lui, aura besoin d’une très large popularité, d’une « baraka » infaillible, s’il veut convaincre ses détracteurs, vaincre ses concurrents et remporter les prochaines élections. Il aura également besoin, soit d’une majorité confortable, soit d’une coalition solidaire et loyale pour relever des défis nombreux et difficiles. A mon avis, l’une et l’autre sont aussi rares qu’une fiancée idéale.

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