Point de vue…

Karima Afifi coupant le ruban en présentheatre ce du ministre de la culture et du gouverneur d'El Jadida (2)

Quand un haut responsable dresse, au cours de l’exercice de ses fonctions, un constat peu flatteur sur une population, comme de déclarer qu’elle est illétrée (ignorante, analphabète ou inculte…) cela peut signifier qu’il prend acte de l’existence d’un problème grave et qu’il décide de s’en occuper. Après tout c’est son devoir, c’est sa raison d’être en place, d’être si grassement payé et si largement indemnisé. Mais quand ce responsable attend la fin de son mandat,    d’être loin de cette population pour la qualifier si indignement, cela équivaut à une faiblesse (j’ai découvert un problème mais je n’ai pas  osé le révéler de peur de perdre la confiance ou de provoquer l’hostilité de l’entourage) ou à un aveu d’échec (j’ai découvert un problème mais je n’ai pas été capable de le résoudre) ou purement et simplement à un abandon  (j’ai découvert un problème mais j’ai choisi de ne pas me faire de souci avec). Dans ce cas, cette population a le droit de prendre une telle déclaration pour une insulte de la part de celui qui était censé veiller sur son développement socio-économique, œuvrer pour son épanouissement socio-culturel aux niveaux local et régional. Elle a le droit de prendre cette déclaration pour une décevante ingratitude vis-à-vis du respect et des égards qu’elle lui rendait tout le temps qu’il était son gouverneur.  Maintenant, aucune population ne choisit délibérément d’être ou de rester analphabète, (illétrée, ignorante ou inculte). L’analphabétisme est un mal qu’elle subit ou, pis encore, que ses responsables désignés et élus lui font subir, généralement par leur négligence, leur incivisme ou leur incompétence.

La province d’El Jadida qui affiche, depuis toujours, une liste honorablement fournie de personnalités brillantes et célèbres dans tous les types d’ activités et dans tous les domaines des savoirs utiles  au prestige de la nation et au bon fonctionnempent de ses institutions peut, par contre, faire le bilan de son ex. gouverneur et déplorer par la voix de son élite  le degré de dégradation que ses cités (El Jadida, Azemmour) ont atteint ces dernières années : ruralisation massive des zones urbaines, espaces publics livrés aux « ferrachas », abandon systématique des rares espaces verts, ferméture des établissements de culture, prolifération de dortoirs en béton dans la désharmonie et l’anarchie, éclairage public quasi inexistant, entassement des ordures sur tous les terrains non bâtis et même sur la voie publique, suspension subite de travaux d’aménagement, absence incompréhensible et inadmissible de toilettes publiques, d’aires de jeux pour une population enfantine statistiquement en hausse,absence de parkings, multiplication de gardiens improvisés et de mendiants qui harcèlent les automobilistes à chaque carrefour etc, etc.  Quel responsable élu ou désigné peut s’énorgueillir d’un tel résultat ? Quel responsable oserait dans ces conditions imputer ses échecs à une population démunie de  moyens  de protestation et de pouvoir de décision mais dont le discours du trône royal a été le fidèle interprète et le juste défenseur?

Souhaitons plus de civisme à nos responsables, plus de chance à notre pays et à ses habitants, dans les cités et dans les campagnes. A coup sûr, quand nous serons plus honnêtement servis, nous serons moins illétrés, moins analphabètes et moins incultes.

Ahmed BENHIMA

El Jadida le 22/08/2017

 

 

 

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