Plage d’El-Jadida, entre hier et aujourd’hui…

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El Jadida Scoop

Il était une fois, dans les années 60-70, une  felouque qui quittait, chaque matin le club nautique, pour venir s’amarrer à la plage d’El-Jadida.

A bord, deux maîtres nageurs. L’un conduit la felouque à sa place habituelle et l’autre avait pour ordre de plonger dès la sortie du port, pour regagner la felouque à la nage.

Une façon comme une autre de garder la forme.

Tous deux passaient la journée à surveiller les baigneurs et à leur venir en aide, le cas échéant en un temps record.

Un mirador avec un autre maître-nageur, muni de jumelles, scrutait de son côté toute la plage, en quête d’un quelconque baigneur en difficulté.

Les agents des forces auxiliaires ne cessaient de faire le va et vient, sur le sable, en quête de toute personne enfreignant le règlement et jouant au football au lieu du volley-ball, seul activité sportive (collective) permise.

Dans ces cas, la balle était illico confisquée et déposée au poste de police.

Mais ils n’avaient pas que cette mission, les chiens étaient aussi interdits d’accès à la plage, qu’ils soient tenus en laisse ou pas.

C’était aussi le cas des vélos et des motos. Les estivants étaient tenus de porter des maillots de bains décents (interdiction des culottes blanches de l’époque…)

Pour manger, il y avait des cabines qui vendaient des beignets chauds, des sandwichs au thon….dans un cadre d’où se dégageait  une belle ambiance et convivialité, entre jeunes et moins jeunes. Le terrain de volley-ball, qui lui faisait face, et les matchs qui  y avaient lieu, ajoutaient un charme et un « plus » non négligeable.

Tous ces règlements, avaient pour seul et unique  but,  la quiétude et le bien être des estivants.

Et arrivant à toutes heures à cette magnifique plage de notre enfance,jdi.plage0110 on était accueilli par l’odeur appétissante des beignets chauds, de celle des ambres solaires à la vanille, au noix de coco… et par les chansons  de la Diva Oum Keltoum, qui faisaient, presque toutes, un hymne à l’amour.

Pour s’en convaincre aujourd’hui, il suffit  de jeter un simple regard sur les photos  de l’époque. Regarder comment les jeunes arrivaient à être branchés, en dépit  d’un flagrant manque de moyens, comparé à aujourd’hui.

Aujourd’hui, plus rien ou presque n’existe encore, de ce qu’on vient de citer plus haut.

Felouque et mirador ont disparu. A la place, un zodiac est déposé prés du poste de police et qui demande plusieurs heures avant d’être opérationnel. A se demander à quoi il sert.

Les agents des forces auxiliaires ont disparu, laissant la plage aux joueurs de football, aux chiens qui font leurs excréments un peu partout et ne sont même pas tenus en laisse.

Vélos, motos et même voitures de ( X ou Y) y circulent, sans personne pour les rappeler à l’ordre.

JDI.PLAGE55Les cabines pour sandwichs ont été remplacées par des marchands ambulants, proposant figues de barbaries, mais…voire Tissus pour jellabas, miel, huile d’olive…

Au début du siècle dernier, les marocains souffraient de diverses maladies, étaient sales, pauvres et analphabètes  dans leur grande majorité. Mais l’arrivée des français avaient réussi à les tirer  vers le haut.

En quelques années, El-Jadida a été dotée de deux grands jardins, avec des arbres rares, des aquariums à ciel ouvert…un théâtre, des routes, un port, une belle plage, des hôtels…

Il leur a fallu moins d’une vingtaine d’années pour faire tout cela.

Qu’avons-nous réussi à faire en soixante années de, soit disant indépendance ?

Au lieu de tirer les migrants de l’arrière pays vers le haut, c’est eux qui ont réussi à nous tirer tous vers le bas, bakchich aidant.

Nos centres-villes et nos plages ressemblent aujourd’hui à n’importe quel souk hebdomadaire de la région.

Nos conseils communaux doivent cesser d’exister, car en soixante années, ils n’ont fait que subtiliser l’argent des contribuables, sans rien proposer de concret.

Simple nostalgie d’un temps révolu,  et que nous savons manquer aujourd’hui, manquer d’Hommes et de réelle démocratie, à même de donner le pouvoir à ceux qui le méritent, pour pouvoir faire en sorte, de le revivre.

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