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Par: Rabiâ Franoux Moukhlesse (ElJadida Scoop)

Ami, entends-tu les cris de désespoir qui montent dans la gorge du peuple?

Moi, je les entends en visionnant les interviews des candidats à l’immigration clandestine, risquant leur vie pour un hypothétique meilleur ailleurs, pensant qu’il n’y a pas d’avenir dans leur propre pays.

J’entends les suppliques, à chaque coin de rue, à chaque feu rouge, des enfants, des femmes, des handicapés qui tendent la main pour un bout de pain.

J’entends nos enfants perdus qui rôdent dans la nuit pour se payer un peu de colle leur permettant d’oublier leur condition. J’entends les gémissements de la grande masse qui trime pour ces 20 dirhams censés lui garantir de ne pas mourir de faim.

J’entends à mi-voix, ces femmes qui n’en peuvent plus d’être bafouées, harcelées, violées, violentées sans que l’on ne fasse rien pour que les choses changent profondément et rapidement.

J’entends leur silence lorsqu’elles organisent des sit-in ou des marches silencieuses pour avoir le droit d’être là.

Ami, entends-tu les cris de colère qui montent de toute part?

Moi, j’entends les vidéos où des stades complets chantent pour que les responsables leur rendent des comptes. J’entends les malédictions lancées par une partie de notre société qui se radicalise en pensant que cette nouvelle forme de croyance apportera le salut à la communauté et qui voudrait que tout le monde se plie à leur façon de vivre. J’entends les hurlements à chaque sortie de tribunal où les familles et les coupables crient à l’injustice de leur peine.

J’entends les révoltes de certaines régions ou des gens désœuvrés parlent de l’abandon et de l’ostracisme dont ils pensent être victimes.

Ami, entends-tu les sirènes de la fatalité qui chantent dans nos rues?

Moi, j’entends la résignation de toute cette masse à ce qui pourrait advenir car elle pense qu’elle n’a plus rien à perdre. J’entends tous ces acteurs de la vie civile qui continuent à se battre par habitude, ne pensant plus à sauver le collectif mais seulement améliorer la vie de quelques-uns, n’étant pas relayés aux plus hauts niveaux.

J’entends les analyses pessimistes de la classe moyenne qui se concluent toujours par un “nous ne pourrons rien y faire!”.

Ami, entends-tu les cris étouffés de cette peur latente qui gagne tout le monde?

Moi j’entends les classes aisées qui se préparent à fuir à la moindre alerte en achetant refuges et passeports de pays qu’ils croient à l’abri d’une révolte. Je suis les conversations de certains décideurs, de certains intellectuels, de certains médias nationaux ou étrangers qui répètent à mi mots et effarés que “cela va péter”. J’entends bien les discours fatalistes des patriotes et des amoureux comme moi du Maroc qui ne voient pas d’issue à cette situation en constatant que l’irrespect pour nos dirigeants et nos institutions se fait de plus sentir et se cache de moins en moins. Moi je la sens, je la vois cette ombre noire de la peur qui s’étend sur le royaume. Et je me demande quelle lumière va se lever pour chasser la nuit. Quels partisans vont combattre et qui va gagner?

http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2018/06/jdi.souk_.ocupation-169x3001.jpg?fit=1024%2C1024http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2018/06/jdi.souk_.ocupation-169x3001.jpg?resize=150%2C150adminsLibre OpinionPar: Rabiâ Franoux Moukhlesse (ElJadida Scoop) Ami, entends-tu les cris de désespoir qui montent dans la gorge du peuple? Moi, je les entends en visionnant les interviews des candidats à l’immigration clandestine, risquant leur vie pour un hypothétique meilleur ailleurs, pensant qu’il n’y a pas d’avenir dans leur propre pays. J’entends les...Source de L'information Fiable

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