Par: Driss TAHI   tahi12

Manifestement Najib Bendaoud n’est pas un  faiseur de vers, ou un rimailleur, plutôt un « peintre des mots », au pinceau fin et subtil, mais aussi à l’expression osée, acerbe  et parfois choquante. Un compositeur libre dont la façon est informelle, et sans contraintes ni frontières.

Pour le poète Najib Bendaoud, Tetuan où il vit n’est pas seulement sa ville natale, et son lieu de résidence, elle est aussi la plate forme pour ses voyages idylliques aux confins des rêves. Elle est l’amante, la concubine fidèle, la confidente et la muse. C’est aussi l’antre de tous les souvenirs, ceux des beaux jours, mais aussi ceux des séparations douloureuses et affligeantes, et des déchirures aux cicatrices profondes.

Tetuan pour lui est un chant du djebel triste et mélodieux, dont l’écho s’élève du fin fond du Rif, et se répand au dessus des eaux de la méditerranée et de la péninsule, jusqu’aux limites de l’Andalousie.

Mais c’est surtout la femme dans toute sa beauté, et avec tous ses secrets et dans toute sa magnificence ; celle enfouie depuis la nuit des temps dans le subconscient du poète, que et que ce dernier rappelle et réinvente au gré de l’inspiration, et dont il dépeint  le corps et ses formes ;  cueille la nuit dans toute sa noirceur pour la teinte de ses cheveux ; dessine ses lèvres et leur contour, et les humecte à coup de rosée matinale.

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Il saisi la lune et sa luminance pour l’éclat de ses joues, et la bleuté du ciel pour colorier ses yeux, leur insuffler ensuite l’expression, et leur donner de la profondeur.

Enfin , il lui prête le souffle , la voix pour dire tous les mots d’amour , et toutes les métaphores, et se met à lui parler ,à l’interroger , et à l’écouter dans un dialogue frénétique qui frise le délire poétique , entrainant ainsi avec lui le lecteur dans une complicité ,voire une soumission aveugle , à travers une magie dont il est seul à détenir le secret , dans une sorte d’orgie verbale qu’il avait malicieusement inventée pour nous ensorceler .

Alors une connivence tacite se crée dans un jeu où se confond l’image avec le mot, rappelant les échanges qui impliquaient les spectateurs autrefois dans l’un de ces fameux théâtres antiques.

Telle est la poésie conçue par Najib Bendaoud .

« Pourrais-je être un grain de beauté

Sur ton frêle ventre

Pourrais-je être un bout d’air frais

Entre tes seins terriblement captivants

Pourrais-je être un peu d’un souvenir

Fêtant la joie de ton nombril palpitant »

Extrait du recueil MIRA

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C’est dans une famille attachée aux principes éducatifs et à l’harmonie en son sein que le poète a grandi. Une mère à l’esprit ouvert ,issue d’une lignée prestigieuse ,au passé connu et respecté dans la ville …directrice dans l’enseignement ,quatre garçons ,et un chef de famille fonctionnaire, instruit et respecté.

Un intérieur où la bibliothèque se tailla plus d’espace que le salon.

Une cuisine à l’inspiration culinaire au goût traditionnel qui puisa ses origines dans le faste et le passé glorieux de l’Andalousie.

Un intérieur douillet, où l’ambiance familiale fut toujours chaleureuse où il faisait toujours bon vivre.

La musique gharnatie qui annonçait l’heure du thé ,et accompagnait les murmures timides des femmes .Les chants de la taktouka aux rythmes dansants ,les frou-frou des somptueux costumes féminins exhalant un parfum exotique propre à la femme et maitresse des lieux, et tout l’air qu’on y respirait. Tout sentait, incarnait et rappelait le passé andalou. L’hospitalité, l’accueil et le large sourire captivant avec l’accent mélodieux et typique des gens du nord. Tout  dénotait l’attachement aux coutumes et aux traditions ancestrales qui caractérisaient les habitants de cette région et qui fut le berceau du poète Najib Bendaoud et son bercail.

les longues discussions à bâtons rompus  les soirs au salon ,tantôt en arabe ou en français ,et tantôt en espagnol ,sur la littérature la politique , la musique , et sur d’autres sujets d’actualité ,ce qui parfois ,et à mesure que les années passaient, et que les jeunes Bendaoud grandissaient et s’imprégnaient de la dialectique d’une gauche alors en pleine effervescence ,se transformaient en échanges vifs et virulents ,que seule la poigne d’une directrice réussissait à calmer.

Autant de preuves de la maturité précoce d’une fratrie éduquée tôt et orientée vers l’amour de la connaissance, la communication verbale et la rhétorique.

Une enfance heureuse pour le poète Najib Bendaoud . Une éducation dans un climat et un environnement spirituels et intellectuels. La chance et l’avantage d’une triple culture aidant, un séjour réussi pour des études en Europe, et puis un parcours professionnel sans embûche que la vie d’enseignant chercheur vint clôturer à Tetuan , le havre de paix et le lieu d’inspiration pour le poète.

« Mon corps froid de supplices

Mon âme troublée de questions

Mes pieds fatigués

Harassés

De te poursuivre partout

Même au fond de tes gouffres

Même au fond de tes angoisses

Même au fond de ton petit corps

Svelte et étonnant « 

Extrait : Yeux d’amande.

 

Najib Bendaoud qui sort son recueil intitulé « Mira», n’est plus à ses débuts, puisqu’il a déjà à son actif :

-Les seins pénibles

-Hanane

-Les ruelles de mon songe

Ainsi que d’autres recueils collectifs.

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