NEDALI 1
Par Driss Tahi
Au café du Pietri à Rabat, une ambiance conviviale et bon enfant, un auditoire attentif, des passionnés de littérature, des intellectuels, et des étudiants, en plus d’une présence remarquée et importante de femmes. En somme tout ce qu’il fallait pour réussir une rencontre littéraire d’un bon niveau, que la talentueuse Nadia Essalmi , et le non moins érudit Adib El Machrafi dirigèrent avec brio.
L’invité était Mohamed Neddali , auteur de plusieurs œuvres dont morceaux de choix : les amours d’un apprenti boucher ; prix grand atlas .
L’auteur gratifia à cette occasion ses lecteurs par la présentation d’un nouveau titre « Eveline ou le Djihad » un roman poignant et incisif, qui est venu une fois encore confirmer le grand talent de l’écrivain ; une histoire passionnante sur un sujet d’actualité ,dont la scène est un village de l’Atlas, au sud du Maroc, ça pourrait aussi être n’importe NEDALIquelle autre ville ou patelin du pays, où l’infrastructure sociale et économique souffre de précarité , avec une jeunesse en majorité désorientée par l’analphabétisme et l’oisiveté , qui vogue dans le flou, sans aucune visibilité, à la recherche d’un but , quand rien ne se profile a l’horizon ,hormis un avenir incertain .
Une jeunesse en mal de repères face à de nombreuses contradictions, au sein d’une société dont les pieds sont pris dans les méandres des traditions, de la religion et toutes ses contraintes, en plus d’une pression exercée sur ces jeunes par certains représentants des autorités, agissant souvent juste par excès de zèle.
Tant de réalités qui les mettent au pied du mur, et font d’eux par conséquent, une proie facile à toutes les dérives, et surtout aux propagandistes de l’intégrisme religieux, qui les guettent sans cesse. C’est un peu dans un contexte pareil que se déroule l’histoire du jeune lycéen IYDAR ; personnage principal du roman « Evelyne ou le Djihad » surpris en flagrant délit d’échange de baisers et de caresses avec sa petite amie LATIFA . Le malchanceux écope de deux mois de prison , pour atteinte à la pudeur publique. Il atterri alors dans la même cellule qu’un recruteur pour le Djihad : Abou Hamza, un spécialiste de l’embrigadement qui réussit à le convaincre, lui et d’autres jeunes prisonniers de rejoindre à leur sortie l’Iraq ou la Syrie.
Mais le destin d’YDAR en a décidé autrement, puisqu’une fois libéré, il rencontra Eveline…
Mohamed Nedali, décontracté et égal à lui même, répondit ensuite avec éloquence aux nombreuses questions de l’assistance sur ce nouveau roman, et sur d’autres aspects de sa vie d’écrivain. Il donna aussi son point de vue sur des sujets divers, comme le choix de la langue dans l’enseignement au Maroc. Il émerveilla ensuite la salle, par la lecture d’un poème Amazigh, avec une voix pure, comme un chant lyrique qui semblait provenir du fond de l’Atlas, déclamant ainsi quelques vers qu’il s’était empressé de traduire, en s’excusant auprès de ceux parmi les présents qui ne comprenaient pas cette langue. « J’irais cueillir pour toi, là haut dans les cieux, une poignée d’étoiles… » ou à peu près ceci. En précisant au passage, que : « le texte poétique traduit de l’Amazigh à une autre langue, perd sans aucun doute presque tout son sens » en poursuivant : « Ayant découvert la poésie Amazigh un peu tard, je m’y étais mis depuis d’une façon assidue. vous savez, c’est une poésie qui renferme une grande beauté et une richesse de vocabulaire, et reflète aussi une certaine subtilité, à tel point a mon avis , qu’elle n’a vraiment rien a envier à celles des grands comme Baudelaire…et d’autres poètes » Puis il ajouta : « Je consacre aussi une part de mon temps à une lecture régulière d’ouvrages en arabe » Il parla aussi de ses randonnées à pied ou à vélo, à travers les villages perdus dans les montagnes, en plus d’un rapport direct et étroit qu’il a toujours entretenu avec cet environnement et ses habitants, ce qui représentait pour lui , à coup sûr une source d’inspiration intarissable, où apparaissaient les lieux et les paysages , et d’où émergeaient comme par enchantement tous les personnages de ses romans ,comme Hadja Rahma , Ametyouss, Omar , Iydar …et tous les autres a qui ,par une certaine magie l’auteur donnait la parole, dans une langue qu’ils ignoraient , et dont il détenait assurément tous les secrets.
Autant de signes qui révèlent chez Mohamed Nedali une triple culture, un esprit ingénieux, et une ouverture sur d’autres horizons, mais aussi, et incontestablement un attachement très fort aux racines.
En réponse a une question sur les sujets abordés dans ses romans, qui reflètent souvent une vision pessimiste sur le quotidien des gens, surtout dans les milieux défavorisés, selon un lecteur. Mohamed Nedali a répondu : « évidemment, décrire les choses comme elles sont, dans toute leur réalité, est ma façon à moi d’aimer mon pays, au lieu de dire comme d’autres : tout va bien, al aam zine « 

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