Mille marhaba

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Par : Ahmed BENHIMA
C’est le slogan levé par mon compagnon Larbi Belcadi lors de l’excursion
Marrakech/Oujda/Marrakech toute faite de plaisirs intenses, d’émotions fortes et de surprises belles et moins belles.

Belcadi est un personnage original et un camarade aimable. On le croit réservé et on le découvre pudique. On le croit indifférent et on le découvre attentif et même susceptible. On passe quelque temps avec lui et on s’assure qu’il est bon et généreux.

Lors de cette excursion vers le Maroc Oriental, j’ai goûté à la joie de retrouver des amis que j’ai perdus de vue depuis de longues années (Si Zraouli et La Rabéa, Si Berraoui et La Malika…).

En dépit du temps et de ses marques, nous sommes, les uns pour les autres, aussi frais et dispos pour déterrer notre passé tendre et riche et évoquer nos souvenirs communs et particuliers. J’ai également goûté au plaisir de découvrir de nouveaux amis bienveillants et fort sympathiques (M. Hilmi, Si Abdesslam, Si Abdelaziz, Latifa et d’autres et d’autres).

Ils s’en dégagent la chaleur et la gaîté d’une douce oasis qui s’appelle MARRAKECH et qu’on aime, par besoin et par devoir.
Le ciel quant à lui est particulièrement capricieux. Il est gris et pluvieux. En plein mai, il nous a contrariés et nous a brouillé nos repères climatiques. Venant de Marrakech et même de Safi, habitués en cette période de l’année aux bras et aux genoux découverts, nous voilà contraints, cette fois, de nous couvrir contre la pluie et contre le froid. Nous avons été totalement déroutés.
A Oujda, un hôtel qui affiche des étoiles A nous a mis en rage par sa misère faite de manques et de négligences mais le lendemain, la visite de la ville en compagnie d’un aimable professeur nous a fait oublier notre regrettable mésaventure. Elle sera compensée déjà par la découverte, sur place, du poste frontalier, du saint protecteur de la ville et des souks ( pour la grande joie des femmes qui s’approvisionnent en prévision du mois de Ramadan si proche et la désolation des maris qui passent leur temps à les suivre ou à les chercher ou à débourser), puis par une nuit supplémentaire dans le confort de Mounia à Fès. A Fès, où nous avons justement, mon ami maître Si Abdallah Berraoui et mon cousin Si Abdelhak Guerraoui, dégusté pour un prix modique, un superbe café noir.
Le plus émouvant, nous l’avons vécu à Saidia, aux points qui jouxtent le territoire algérien. Face aux drapeaux alignés de nos deux pays, les bras que nous avons brandis, les baisers que nous avons envoyés et reçus et les tapes sur les cœurs, de part d’autre, ont dit long sur l’amour et l’estime entre les deux peuples.
Le plus ridicule, c’est ce bout de rocher sous les balcons de l’hôtel d’Al Hoceima, comme un glaçon qui flotte dans une coupe et sur lequel l’Espagne s’acharne à exercer son impérialisme et son colonialisme arrogants et attardés.
Au retour de Sidi Hrazem, vers Moulay Yacoub, l’eau purificatrice dont j’ai avalé une quantité phénoménale a mis le feu dans mon bas ventre et notre chauffeur Abderrazak, aimable et compréhensif, a arrêté le car au bord d’un terrain que j’ai copieusement arrosé. D’autres ont profité de cet arrêt pour faire autant, qui dans les toilettes de l’unique café du coin, qui dans les terrains avoisinants, devant les yeux surpris et ahuris des chiens qui y rôdent.
Au terme du voyage, j’ai ramené avec moi un riche trésor de bons souvenirs et un lourd crédit de sommeil que j’écoule en tranches de quinze et vingt minutes aux bords des tables et aux coins des salons, au désagrément de ma femme et à la stupeur des mes petits enfants qui me reprochent de fermer si souvent les yeux.
En une semaine, nous avons fait l’essentiel. Nous avons beaucoup ri et nous nous sommes bien amusés.

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