Par: M’hammed Beddari
Macron avait promis, pendant sa campagne électorale, que s’il est élu, il prendrait ses responsabilités mémorielles, et, à un peu plus de 40 jours de son investiture ,on est déjà à plusieurs commémorations: la pose d’une gerbe sur la tombe du soldat inconnu le jour de son investiture, la commémoration le 10 juin, du carnage nazi d’un village, près de Limoges, en plein centre de la France ,en présence de certains Allemands, et des écoliers des régions avoisinantes et enfin, une autre commémoration de l’appel du général De Gaulle, du 18 juin 1940.
Pourquoi donc, cette importance accordée à la mémoire alors que des problèmes urgents, et non des moindres, attendent ce nouveau président au tournant. Notons d’abord que c’est une Histoire vécue, qui donne une certaine énergie à agir, car si les guerres sont nées du rejet de l’autre, l’association de l’autre à cette commémoration, signifie son intégration, et par voie de conséquence, la pose des jalons d’une paix durable.
Ensuite, associer des écoliers à l’événement, et leur permettre de poser des questions au seul rescapé vivant du carnage nazi, vise à assurer la continuité et à faciliter aux enfants la conception du temps Historique, et la tangibilité de cette Histoire, surtout à un moment, où leur âge, ne leur permet pas encore une abstraction très développée.
Signalons aussi, que ces commémorations appartiennent à une mémoire , en partie subversive, car, plusieurs questions font toujours polémique, et les écrits des Historiens sont nuancés à ce propos, l’Histoire de la résistance est là pour le démontrer.
Donc, c’est une Histoire, qui peut être revisitée et remise en question à tout moment, une Histoire vivante et une mémoire renouvelée et non pas fossile.
Et nous, les Arabo-africains, où en est-on de tout cela ?
Notons d’abord, que nos commémorations sont caractérisées par leur exubérance, elles baignent dans des musiques, des danses, accompagnées, quelquefois, même de fantasia, elles appartiennent à une Histoire momifiée, à une mémoire sclérosée. Ces commémorations sont conçues, pour glorifier, non pas des valeurs, mais des personnes, pour pérenniser des intérêts personnels, disons en deux mots pour conclure, qu’elles sont des commémorations de manipulation.
Et chez nous au Maroc , que ce soit dans les sphères étatiques , ou dans le milieu universitaire, est ce qu’on a réussi à mobiliser notre mémoire de façon susceptible de nous donner une énergie positive capable d’influer positivement sur l’avenir? La question reste ouverte.