Méditation électorale : la médisance

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Par: Ahmed Benhima

Plusieurs scandales ont éclaté à la veille des élections du 7 octobre dans le camp de la majorité gouvernementale. Je citerai ici au passage le cas des déchets italiens, celui, un peu plus ancien, de ce qu’il est convenu d’appeler «le couple ministériel» attribué aux ex. ministres du PJD M. Choubani et Mme. Khaldoun, celui, plus récent, des prédicateurs islamistes M. Benhammad et Mme. Nejjar et celui, plus récent encore, des parlementaires M.Bouanou et Mme. Zahidi, également « péjidistes ».
L’on peut se demander en quoi est-ce que les problèmes qui relèvent de la vie privée de leurs auteurs nous regardent-ils ? Quel impact ont-ils sur notre vie courante de citoyens, probablement plus fautifs et plus pêcheurs qu’eux ?
Mis à part celui des déchets attribué à Mme. La ministre El Haiti et qui rentre dans une catégorie à part, les autres seraient une offense publique aux règles et aux valeurs morales mises en avant et défendues avec ferveur par nos accusés. On se rappelle avec quelle sévérité et même avec quelle férocité les ministres islamistes de notre gouvernement avaient condamné une comédienne pour une simple figuration cinématographique, donc pour une conduite somme toute fictive. Chemin faisant, je rappellerai que les plus grands rôles sont souvent tenus et rendus par des acteurs qui ont dans leur vie réelle des personnalités diamétralement opposées à celles qu’ils représentent. Pourquoi laisserait-on, dans ce cas, passer chez l’adversaire, sans les condamner avec la même rigueur, la même âpreté, des délits qui seraient effectifs ?
Mais d’un autre côté, pourquoi a-t-on choisi cette période pour dénoncer ces « dérives » ? Quelle crédibilité peut-on accorder à des accusations et à des intentions déclarées ou affichées détracteurs engagés dans une brûlante et décisive campagne électorale ?
Dans tous les cas, nous réprouvons, de notre part,ce type de campagnes qui ne sont que des règlements de comptes sans aucune utilité pour les citoyens. Par contre, nous voulons comprendre pourquoi notre pouvoir d’achat a considérablement régressé, pourquoi le taux de chômage n’a pas reculé, pourquoi notre pays s’est-il tant endetté, pourquoi notre enseignement continue-t-il de se dégrader. Nous voulons savoir par quels moyens et de quelles manières on voudrait concrètement nous sortir de ces crises. En somme, nous attendons des bilans des partants et nous demandons des programmes réalistes et acceptables aux concurrents. Nous en avons assez des insultes et des promesses niaises. Nous voulons rompre définitivement avec les vieilles pratiques stériles, honteuses et dégradantes auxquelles recouraient et recourent encore les menteurs et les corrompus qui ont enfoncé le pays et ses habitants dans les pires crises de toutes natures.

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