Par. Alain Degans   degans2

La revue de presse nous amène à une constatation : les intellectuels de ce pays laissent poindre leur inquiétude quant à la jeunesse marocaine. Beaucoup décrivent une jeunesse en perdition et appellent de leurs vœux, à l’image du « grand frère » Ahmed Ghayet, à sa reconquête (« la Nouvelle Tribune »).

Car, force est de constater que cette jeunesse fait la une de l’actualité,… Certes, l’immense majorité de la jeune génération marocaine ne saurait être identifiée à ces violeurs ou ces assassins qui défrayent la chronique. Mais, constatons également avec lucidité que cette jeunesse marocaine fournit la totalité des incriminés de Barcelone, Bruxelles ou Cambrill… que cette jeunesse s’illustre malheureusement dans les affaires de viols et pas seulement celui, médiatique, de Casablanca…

Les maux ont les connaît… Ils tiennent principalement dans les constatations que nous faisions : un jeune sur dix hors circuit, ou encore l’inquiétante augmentation du chômage des jeunes et la mise en lumière du phénomène propre au Maroc où le chômage touche même les ingénieurs.

On le sait, tous les décideurs de ce pays en sont conscients : la faillite du insecuritésystème éducatif et l’accès presque inexistant à la culture ont fait, tout au long des décennies, les dégâts que l’on constatent aujourd’hui.

Certains, plus tranchés dans leur propos, à l’image de M.. Mohammed Aboulasse dans « Eljadidascoop » accuse : le pire ennemi de tout tyran est l’instruction. En effet, on peut se poser la question : pourquoi tant de mosquées construites quand le Maroc manque cruellement de lieux de culture…

Toutes ces violences qui impliquent la jeunesse ont un effet négatif sur la vision que « les autres » ont du Maroc. On a beau, à l’instar d’Arthus-Bertrand, découvrir « le Maroc vu du ciel », un Maroc aux milles et unes splendeurs, celui qui nous apparaît « vu du sol » est tout autre et freine son développement notamment en matière touristique. Car, malgré les satisfécits autoproclamés, le tourisme 2017 n’a pas démarré…

Alors quand « Jeune Afrique » fait, en couverture, le même  constat que nous sur l’origine commune des tueurs, il choque les marocains dans leur fierté et leur amour du pays natal, à l’instar de Réda Dalil dans un article « born in Marocco » : le mal est-il marocain ? En tout cas, si les auteurs sont marocains de par leur naissance ou leur origine, le Royaume serait-il seul responsable de la « production » de tels « monstres » ? Il serait trop facile de rendre seul responsable un pays ou même un seul continent sans avoir un regard critique sur un passé tourmenté.

Un constat : l’Afrique est le continent le plus riche qu’il soit. Il regorge de violence-2matières premières… De tout temps, les multinationales lorgnent sur ces richesses et pillent les nations africaines de leurs ressources. On sait très bien qu’elles tirent les ficelles de la plupart des gouvernements africains, qu’elles sont à la base des conflits régionaux qui tournent tous autour de la suprématie du néo-colon. L’Afrique est riche mais les africains sont pauvres… En 2050, l’Afrique comptera 1/3 de la population mondiale et, si rien n’est entrepris pour enrayer la misère, si les nations occidentales continuent à se voiler la face et à privilégier le profit à court terme réalisé par ces pillages au détriment de l’investissement créateur d’emplois en Afrique, le phénomène migratoire sera d’autant plus amplifié et toute politique de rejet des migrants, au demeurant contraire à l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »), est vouée à l’échec.

Tout cela, OK me direz-vous, mais pourquoi des marocains et non des spectateurs.insecuritéalgériens, tunisiens… ?  Sans doute faut-il voir les frustrations subis par nos beurs, français, espagnols ou autres européens nés hors de leur pays d’origine et qui subissent dans nos pays occidentaux une dure ségrégation. Les injustices dans « le pays des droits de l’Homme » sont monnaie courante… leur père ou grand-père, les « chibanis » qui luttent aujourd’hui pour que leur soient reconnus les mêmes droits que leurs collègues « français de souche »… l’inégalité et la discrimination à l’emploi… enfin, tous ces maux qu’ils subissent et qui font monter en eux la haine de l’Occident… Pas reconnus dans leur pays de naissance, étrangers dans le pays de leurs parents… Un terreau facile pour le terrorisme.

Il est encore temps de partir « à la reconquête » de la jeunesse marocaine, l’impliquer dans la vie et lui donner toutes les chances de réussite. Un combat long et impliquant la conscience de tous les politiques du Royaume (Il y va de la crédibilité du pays) mais également une vue plus réaliste de la part de nos gouvernements occidentaux…

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