education

Par:Khadija Choukaili

Selon un rapport de l’UNESCO établi en 2017, le Maroc se trouve dans les tréfonds du classement mondial de la qualité de l’enseignement, en occupant la 136ème place. Une place vraiment décevante.

Ce retard, accumulé depuis plusieurs décennies, s’explique d’une part, par l’analphabétisme qui pèse lourdement sur le niveau moyen du capital humain, malgré sa réduction relativement importante durant la dernière décennie, et d’autre part, par la couverture insuffisante de l’enseignement secondaire qualifiant, et de l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, le rapport relève également que le milieu constitue un facteur déterminant du niveau de l’éducation, notant que 69% des communes urbaines ont une moyenne d’années de scolarisation dépassant 6 ans, alors qu’en milieu rural cette moyenne ne dépasse pas 4 années.ecole 0

En analysant la situation de l’enseignement au Maroc, on constate qu’il souffre de plusieurs anomalies. En plus des difficultés linguistiques, les méthodes pédagogiques souffrent de beaucoup de problèmes.

Depuis 2000, tous les cycles de l’enseignement scolaire ont enregistré de nombreuses avancées sur le plan pédagogique traduites par de nouvelles orientations pédagogiques, telles que l’approche par compétences (APC).

De même, les méthodes d’évaluation et l’organisation des examens ont été revues.

ecole100Or, sur le terrain, ces initiatives n’ont pas produit d’amélioration substantielle des résultats des apprenants et de l’acte d’enseignement au sein de la classe, en raison de plusieurs blocages.

En terme d’évaluation, les révisions apportées ont accordé plus de place au contrôle continu dans l’évaluation des élèves à tous les niveaux, ce qui a engendré des situations de gonflement des notes dans l’école publique et plus particulièrement dans le secteur privé, marqué par des différences flagrantes entre la moyenne des contrôles continus et la moyenne de l’examen régional et national au baccalauréat.

En outre, on constate l’inadéquation des programmes de formation avec le marché du travail. Selon les statistiques du Haut-commissariat au Plan (HCP, 2014), le taux de chômage augmente avec l’élévation du niveau d’instruction et ceci pour les différentes tranches d’âge (15-24 ans, 25-34 ans et 35-44 ans).

Ce taux s’élève à 62,7 % pour les demandeurs d’emploi du niveau supérieur de la tranche d’âge 15-24 ans.

En poussant l’analyse plus loin, on constate que du côté des enseignants, il existe également un sérieux déficit de formation qui s’ajoute à des conditions de travail très difficiles. Et malgré le recrutement annuel de larges effectifs d’enseignants, les besoins croissent, compte tenu de la généralisation progressive de l’enseignement et des départs à la retraite.

En outre, la majorité des enseignants présente un déficit de formation initiale et continue, ce qui freine l’amélioration de la qualité de l’enseignement et conduit à un réel décalage entre les nouvelles orientations et les pratiques pédagogiques au sein de la classe.

ecole 01On constate également que les conditions de travail difficiles constituent un obstacle à l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Ces conditions résultent de différentes causes à savoir, la surcharge de travail due à des classes pléthoriques ou ayant des niveaux multiples, à l’insuffisance des moyens pédagogiques, et à l’infrastructure parfois précaire de l’école, notamment en milieu rural. À cela s’ajoute le sentiment d’injustice ressenti particulièrement par les enseignants du primaire travaillant dans des zones dépourvues des simples moyens de survie tels que l’eau potable.

D’un autre côté, on néglige souvent la dimension temporelle dans le processus enseignement/apprentissage, à savoir la répartition horaire des matières enseignées et le nombre d’heures de travail des enseignants qui reste assez élevé, particulièrement dans le primaire.ecole 2

En décortiquant et en exposant les causes de ce bilan catastrophique, on reste quand même perplexe devant la gravité de la situation. Le bilan est certes effrayant quand on pense qu’il s’agit de l’avenir de ces générations futures. Mais plusieurs questions nous taraudent. Comment l’enseignement en est-il arrivé là ? N’a-t-on pas les moyens de trouver des méthodes révolutionnaires pour transmettre le savoir à nos enfants ?

N’a-t-on pas de responsables et de cadres en mesures de réfléchir à des solutions réalistes pour rendre son honneur à un enseignement public en faillite depuis des décennies ?

Ne peut-on pas trouver des procédés capables de donner à ces femmes et hommes de demain un esprit critique ?

L’Etat n’est-il pas en mesure de doter les collèges et les lycées de laboratoires bien équipés permettant à ces jeunes de passer, enfin, de la théorie à la pratique ?

Il serait grand temps de relever le défi de redonner à notre enseignement, la place d’honneur qui lui revient de droit.

Nos jeunes brillent par leur intelligence et leur savoir, si toutefois, on leur donne les moyens.

http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2018/08/education.jpg?fit=1024%2C1024http://i1.wp.com/eljadidascoop.com/wp-content/uploads/2018/08/education.jpg?resize=150%2C150adminsLibre OpinionPar:Khadija Choukaili Selon un rapport de l’UNESCO établi en 2017, le Maroc se trouve dans les tréfonds du classement mondial de la qualité de l’enseignement, en occupant la 136ème place. Une place vraiment décevante. Ce retard, accumulé depuis plusieurs décennies, s’explique d’une part, par l’analphabétisme qui pèse lourdement sur le niveau...Source de L'information Fiable

Commentaires

commentaires