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L’histoire, la grande histoire des Doukkala a-t-elle pris naissance à partir de l’ère Portugaise pour continuer son chemin sous la période du protectorat Français avant d’arriver au temps de nos jours!?

Ce n’est pas une interrogation innocente mais plutôt le constat d’une mystification qu’on essaye d’ancrer dans la mémoire des jeunes générations, à dessein ou par ignorance, et qui les invite à limiter leur champs de vision mémoriale au temps de la présence Portugaise, comme si cette entité territoriale n’était dans son passé qu’un terra nullius ou dans le mieux des cas une terre dénuée de toute civilisation et de toute grandeur.

C’est vraiment choquant, voire même humiliant qu’à chaque fois qu’il est question d’un débat ou d’un reportage télévisé relatif aux Doukkala et à sa capitale El Jadida, les commentateurs (toujours les mêmes)  focalisent immanquablement l’attention des gens sur ces mêmes absurdités stéréotypées  qui tendent à résumer l’histoire des Doukkala en quelques siècles, mettant uniquement en évidence l’ère Portugaise et ce qui reste comme traces, redorée par les souvenirs toujours frais des années du protectorat Français.

Pourtant , selon certaines sources, historiques ( avec toute la réserve qui se doit, n’étant pas historien), il ressort que “ le nom des Doukkalas fait référence à une confédération tribale berbère, établie sur le territoire entre Casablanca et Safi.

Dans l’antiquité, les Phéniciens puis les Carthaginois y ont établi quelques comptoirs commerciaux tel Rusibis (El Jadida), Azama (Azemmour) et Tit (Moulay Abdellah Amghar) depuis lesquels ils commerçaient avec les populations autochtones.
Révoltés contre les Almohades au xiie siècle, le calife Abd al-Mumin réussit à soumettre les Doukkalas vers 1160 et décide d’installer et de sédentariser, au sein de leur territoire, des tribus hilaliennes qu’il avait auparavant soumises dans l’Ifriqiya, et ce dans la perspective d’en finir avec les révoltes berbères telles que celle des Berghouatas dans le siècle précédent”.
D’après Ahmed ben Mohamed el-Khayyat ed-Doukkali el-Mouchtaraie dans son ouvrage du xiiie siècle Salsalat ad-Dahab al-Manqoud, ces tribus berbères étaient au nombre de six, à savoir: les Regraga, les Bani-Dghoug, Les Bani-Maguer, les Mouchtaraia, les Hazmir et les Senhaja ; les cinq premières d’entre elles appartenaient aux Masmoudas et la dernière aux Sanhadjas.

C’est dire que notre histoire en tant que Doukkalis est beaucoup plus profonde, beaucoup plus riche, beaucoup plus mouvementée beaucoup plus brassée et que l’ère Portugaise qui n’est rien d’autre qu’un infime fragment de toute une épopée ne peut en aucun cas s’affirmer comme base de départ à notre réelle et lointaine identité.

Ainsi donc, lors de son petit discours prononcé lors de l’ouverture des travaux de la journée du patrimoine organisée récemment par l’Association des Doukkala, Mustafa El Khalfi a eu le mérite de jeter un peu de lumière sur cette histoire muette des Doukkalas, en se référant à nombre d’ouvrages anciens qui recadrent l’histoire des Doukkala dans sa réelle dimension et la réconcilient avec son réel passé, en lui redonnant la légitime identité qui n’est autre qu’un brassage réussi  d’accents de traditions, de comportement et sensibilités.Et c’est tout à son honneur.

Chahid Ahmed

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