phare

 

Par: Jilali Derif   j.derif

Depuis un siècle, le phare de Sidi Bouafi est considéré comme le monument imposant de la ville d’El Jadida. Il est situé près du marabout Sidi Bouafi, sur le point le plus haut du plateau de la ville [altitude +20,5m] et le plus proche de la mer [environ 200m]; un emplacement qui a été déterminé avec d’autres facteurs physiques de manière à rendre son signal lumineux visible de très loin.

Vu l’importance commerciale du port d’El Jadida pendant le 19e et au début du 20e siècle, l’édification dans la région d’un grand phare [phare Sidi Bouafi] et d’un feu de la rade [feu Sidi Mosbâa] était une nécessité dans le projet du système d’éclairage de la côte atlantique marocaine. Ce projet établi par le service des travaux publics sous la direction de l’ingénieur en chef Porche, conseiller technique de l’état chérifien, consistait en la construction de quatre phares et de sept feux.

En 1909, le Sultan Moulay Abdelhafid a donné son accord pour l’exécution de ce projet. Le 12 Mars 1913, à l’aube du protectorat français, le comité des travaux publics à Tanger, avait pris connaissance du rapport de l’ingénieur en chef Porche pour le marché de gré à gré, après concours,  de la construction des phares à Casablanca (phare Al Hank),  à El Jadida (phare Sidi Bouafi), au Cap Cantin (Beddouza), au Cap Sim et sept feux pour diverses rades.

A cette date le Cahier des charges de la construction de la tour et des bâtiments annexes du Phare Sidi Bouafi a été approuvé  et l’adjudication a eu lieu le 06 Août 1914 à Dar En-niaba à Tanger.  Le  total pour les travaux à l’entreprise  a été évalué dans le cahier des charges à  214.775 f.français.

 Caractéristiques architecturales

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La construction du phare: 1914-1915

 Le cahier des charges donne une description détaillée des travaux à exécuter qui ont abouti à l’édification de ce magnifique monument.

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Lanterne

Porte type arabe du phare

 

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Escalier hélicoïdal vu du haut

 

 

Le phare Sidi Bouafi 2012

 

Une tour ronde en maçonnerie, ayant 42,64 m. de hauteur depuis le sol naturel phare3nivelé à la cote (+ 20,50m) jusqu’à la plateforme supérieure qui est destinée à supporter la lanterne du phare et qui se trouve ainsi à la cote (+ 63,14m).

 

Les fondations du phare, en béton ordinaire et en moellons ordinaires, reposent directement sur le rocher à une profondeur supérieure à deux mètres. Le diamètre du massif varie de 12,40m, à la base (cote ≤+18,50m),  à 10,80m en surface du sol (cote +20,50m).

 

En élévation, entre la cote  +20,30m et la cote +63,14m, le massif de la tour peut être divisé en deux parties : le soubassement et le fût.

-Le soubassement de 6,15m de haut (jusqu’à la cote +26,45m), est  parementé en pierres de taille moulurées, son diamètre passe de 9,60 m. à la base, cote (+ 19,30m) à 7,94m au sommet, cote (+ 26,45m) ; il est percé que d’une seule ouverture, la porte d’entrée du phare, en forme d’arc arabe.

-Le fût, entre les cotes (+ 26,45m) et (+ 63,14m) a un parement entièrement lisse et en moellons ordinaires recouverts d’un enduit au mortier de ciment, son diamètre varie de 7,94 m. à la base, cote (+ 26,45m) à 5,50 m. au sommet, cote (+ 63,14m).

Dans cette partie du fût une série d’ouvertures (fenêtres) orientées suivant le plan diamétral Ouest-Est ; ces « fenêtres » ont une forme identique à la porte avec un arc type arabe.  A la partie haute, le fût s’est élargi jusque présenter un diamètre de 7,70m. , au moyen d’un encorbellement en béton armé, supporté par des consoles de même nature et bordé d’un parapet, également en béton armé.

La tour est évidée intérieurement entre les cotes (+ 21,72 et + 63,14), suivant un cylindre de 3,50 m. de diamètre où prend place un escalier hélicoïdal de 0,90m. d’emmarchement.

Le cahier des charges précise la provenance des matériaux de construction (sables, pierres): les gisements à exploiter sont  limités à El Jadida et sa banlieue.

 Le langage du phare Sidi Bouafi.

La lumière du phare Sidi Bouafi avec celles du  phare du Cap Saint Vincent au Portugal et du phare de Trafalgar en Espagne sont les trois points de repères formant un triangle permettant aux navigateurs  se dirigeant de l’archipel des Açores vers les côtes atlantiques marocaines ou d’Europe de se positionner, et de s’assurer du bon cap pour se diriger vers le bon port.

Au début de sa mise en service vers 1917, le phare Sidi Bouafi était muni d’appareil brûlant par incandescence avec pétrole avec manchon de 85 millimètre, (comme ceux des grands phares de France non pourvus à cette époque d’appareil électrique). C’était un phare à éclats réguliers chaque cinq secondes, d’une puissance lumineuse de 25000 becs Carcel. Ces caractéristiques physiques, identiques à celles du cap Spartel situé à 200 milles au nord et du Cap Ghir situé à 200 milles au sud, le différencie des phares voisins (El Hank et Cantin). Le phare Sidi Bouafi ne se dotera d’un appareil électrique qu’après l’alimentation de la ville en électricité vers 1925. Actuellement les éclats, visibles d’une distance découverte de 30 milles, sont émis sous forme de faisceau tournant par le mouvement de rotation à la vitesse de 3 tours/minute.

L’effet thérapeutique du phare Sidi Bouafi

« Allez gravir avec votre enfant le phare Sidi Bouafi » : c’était un conseil que donnait Mr Magneti, le pharmacien Jdidi, aux parents des enfants  coquelucheux. Il n’avait rien à leur expliquer quant au secret de cette thérapie de gravir les 248 marches du phare, que certains essayent de l’attribuer à la baraka du Marabout Sidi Bouafi. Il semble que l’altitude à une influence sur la toux liée à la coqueluche.  Santé-voyages.com, sous le titre : Avion et coqueluche: une croyance vivace !  nous rapporte: «Le lecteur serait fondé à ne pas nous croire, on arrête efficacement la toux du coquelucheux en lui faisant prendre l’avion, de façon à le mettre en hypoxie légère !  … Il est très vrai et prouvé à maintes reprises que prendre l’avion est très efficace, beaucoup de pilotes emmènent leurs enfants faire un petit tour en avion lorsqu’ils ont la coqueluche. Il faut que ce soit un petit avion léger qui soit capable de prendre très rapidement de l’altitude et descendre aussi très rapidement; il semblerait que la coqueluche ne supporte pas du tout ce genre de « voyage ». En Italie et Suisse italienne, ce genre de voyage est même conseillé par certains médecins ».

 

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