zaouia

Par: M’hammed Beddari

On a traité dans un article précédent, qui porte d’ailleurs le même titre, les causes explicatives de la naissance des différents Etats, qui avaient dirigé le pays, dans les régions du sud. Dans ce nouvel article, on va aborder une autre problématique, qui a déjà attiré l’attention de quelques historiens: Quelles sont les raisons qui expliquent le passage des dynasties d’origines tribales (Almoravides, Almohades, Mérinides) aux États chérifiens ( Saâdiens, Alaouites)?

Inutile de rappeler, que la période dont il est question, s’étend du 14ème au  16ème siècle, c’est à dire, la période qui avait vu la succession, de trois dynasties, ou au moins deux, si l’on considère que les Wattasides sont des cousins des Mérinides, au pouvoir suprême du Maroc.

Les Mérinides étaient les premiers, à avoir le mérite, de fêter annuellement la date  de naissance du prophète (Aïd al mawlid), car, aucune dynastie ne l’avait faite, avant eux.   Cet événement annonçait l’inauguration d’une nouvelle politique, qui tendait à s’allier avec les descendants du prophète. Cette orientation politique trouve son explication, dans le fait, que les Mérinides qui étaient des semi-nomades, ayant leurs champs de mobilité, dans les hauts plateaux Maroc-Algériens, et que leur poussée vers l’ouest, coïncidait avec l’affaiblissement des Almohades, n’étaient pas préparés, idéologiquement, à gouverner le pays.

Pour combler ce vide, et disposer d’une idéologie unificatrice, comme leurs prédécesseurs, les Almoravides et les Almohades, ils avaient trouvé dans l’alliance avec les chorfas, une légitimité toute trouvée. Tout ceci explique les nombreux avantages accordés à ceux-ci, qui ne tardaient pas, d’ailleurs, à s’ériger en catégorie sociale bien définie, d’où le nombre croissant des demandes d’affiliation à cette couche sociale privilégiée, avec présentation des documents généalogiques, même truqués quelquefois, pour bénéficier de ses avantages matériels, ce qui avait nécessité la création d’une nouvelle fonction, qui consistait à vérifier ces demandes pour les authentifier et les valider: le Naquib.(نقيب الاشراف). Cette situation avait fait évoluer le chérifisme. Le chérif qui était une autorité morale s’était transformé en statut social, le détenteur de cet honneur se voyait bénéficier   des exemptions fiscales, et des avantages matériels et terriens. La consolidation de ces intérêts matériels allait  par la suite engendrer des visées politiques, surtout que le contexte général du pays, durant le 15ème et le  16ème siècle, s’y prêtait.

L’importance de l’année 1415, date de la prise de Sebta, pour l’occident Musulman en général, et le Maroc en particulier, n’est plus à démontrer. C’est la date qui annonçait le renversement de l’équilibre, entre le monde Musulman et le monde Chrétien.  Et au vue de  la situation géographique du Maroc, il était le premier à pâtir de ce nouvel équilibre, car, très vite, il allait être asphyxié, par la prise de ses villes côtières par les deux puissances Ibériques.

L’Etat  s’était affaibli, plusieurs régions s’étaient soustraites de son autorité, le pays avait connu un appauvrissement sans précédent, à cause de la perte de son rôle  d’intermédiaire entre le Soudan et l’Europe, accompagnée d’une paupérisation des tribus, surtout côtières, à cause  des razzias menées par les Portugais. Un climat d’insécurité régnait dans le pays, ce qui affaissait davantage la production agricole,

et aggravait les famines et les épidémies. Les gens considéraient ces faits, comme des signes précurseurs, de la fin du monde, et une malédiction divine, ce qui explique l’accentuation des mouvements de culte des saints( période d’al Majdoub), de recherche de salut, et l’accroissement des nombres des adeptes des zaouïas( Mouridounes_ المريدون). Celles-ci prenaient de plus en plus d’importance dans la vie sociale et politique du pays, surtout avec l’affaiblissement des Wattasides, et leur  connivence,  quelquefois, avec les Portugais. Les zaouïas s’étaient révélées alors, comme les champions de la défense du pays. Et, vu le climat d’apocalypse qui régnait dans l’ensemble du territoire, la considération des chorfas, en tant que descendants du prophète, augmentait de plus belle, ce qui leur avait permis de contenir les zaouïas, et se positionner au sommet de ces institutions ,pour se préparer  aux éventuels changements politiques.

Certains historiens, voient dans la concomitance entre l’apparition des armes à feu, et l’autorité restreinte dans une famille ou une élite, un autre facteur explicatif.

Notons que l’arrivée des chorfas au pouvoir, constitue une avancée notable dans l’Histoire du pays, car, elle a renforcé davantage la cohésion sociale et politique, et contribué à l’émergence d’un sentiment d’appartenance à une entité politique particulière, au sein du monde musulman, chose qui n’a pas tardé à être vérifiée contre les visées Turques.

Quelle est la pertinence de c’e conditions  et ces facteurs, dans l’explication du passage de l’Etat tribal à l’Etat Chérifien ? La question reste ouverte

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